« Acheter un produit, c'est acheter le monde qui va avec »

par Laurence Dupuis, mis à jour à 12:46
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« Acheter un produit, c'est acheter le monde qui va avec »

L’alimentation était le thème 2018 du forum de Provins début novembre. Dans ce cadre, Bruno Parmentier est intervenu sur les défis agricoles et alimentaires à relever dans le futur autour de cette thématique.

Le forum de Provins explore chaque année un thème à fort enjeu de société. Ainsi cette quinzième édition était placée sous le thème de l’alimentation. Dans ce cadre, l’économiste  et consultant sur les questions d’agriculture, d’alimentation et de faim dans le monde, Bruno Parmentier, est intervenu vendredi 9 novembre.

L’une de ses conférences avait pour thème « Les défis agricoles et alimentaires à relever, aliments par aliments ».

Alors que sur la planète 800 000 personnes ne mangent pas assez, un milliard mangent un seul aliment, ce qui engendre des problèmes de santé, quand 1,5 milliard mangent trop dont 700 000 que cela rend malades.

« En 2050, nous serons près de 10 milliards. Que veut dire manger ? Choisir ? Aller faire les courses ? Quand on achète un produit, on achète le monde qui va avec », a noté l’intervenant avant de décliner cette idée en différents axes.

Manger pas cher, oui mais à quelles conditions ? Rappelons qu’en 1960, 40 % du salaire servait à manger en France, aujourd’hui cette part est d’à peine 14 % et nombre de personnes trouvent que c’est trop. « En France, la nourriture devient anecdotique dans le budget. Les jeunes générations dépenseront plus en téléphone et loisirs que pour manger ».

Et encore, certains pays, à l’instar des USA, ne dépensent que 7 % de leur salaire dans l’alimentation quand ce taux s’élève à 29 % en Russie, 44 % en Algérie, 57 % au Nigéria.

Pourtant, à force de promotions, rabais et prix bas, certaines arnaques se font jour. Et de citer le scandale de la viande de cheval dans les lasagnes.

« En France, malgré la communication sur la malbouffe, les pesticides, l’espérance de vie augmente, rappelle le conférencier. Merci l’eau, la médecine et les agriculteurs, même si certaines pratiques doivent être améliorées ».

Il en va de même dans les cantines où à force de débat sur le prix, 70 % de la viande servie est importée « alors que les cantines sont le premier lieu de citoyenneté ».

Créer des usines de transformation de produits locaux créerait des emplois, ferait vivre le territoire…

Autre argument développé par Bruno Parmentier : trier ses fruits à la main pour avoir un fruit parfait incite à la multiplication des produits phytosanitaires, même si de nouvelles techniques de lutte commencent à se développer. « En bio, et c’est un paradoxe, les consommateurs veulent aussi des fruits parfaits. »

De plus, la production de fruits et légumes, denrées périssables, est un enjeu majeur, voire de santé publique, dans certaines grandes villes. Au Caire, les cultures maraîchères sont produites sur les toits.

Troisième idée abordée : la consommation de viande. Si elle tend à diminuer pour des raisons culturelles en France, la moitié de la planète n’y a pas accès faute de revenu. « Dans les cantines, pourquoi ne pas réduire la portion mais introduire de la viande locale », suggère Bruno Parmentier, qui évoque aussi d’autres solutions comme le développement d’élevages d’animaux à sang froid (crevettes, poissons), notamment de poissons herbivores.

D’autre part, il faut éviter de consommer des fruits et légumes de contre-saison.

Avec le réchauffement climatique, l’agriculture est l’activité humaine qui va le plus souffrir. Aux USA la nourriture parcourt en moyenne 2 400 km avant d’arriver dans une assiette… Par exemple, une carotte produite en Seine-et-Marne produit vingt fois moins de gaz à effet de serre qu’un haricot du Kenya. « Une fois encore, il y a moyen de choisir sa planète ».

Enfin, il faut agir contre le gaspillage alimentaire. Et de conclure : « Arrêtez de vous faire séduire par le prix. Choisir sa planète, c’est choisir son département, son territoire, de la solidarité, du lien ».

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