Covid-19 : les ovins et caprins sont impactés

par Laure Sauvage, mis à jour à 19:38
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Covid-19 : les ovins et caprins sont impactés

Les filières sont nombreuses à être impactées par la crise du Covid-19. Focus sur les filières ovines et caprines.

Depuis le début de la crise du coronavirus, les circuits de distribution sont modifiés, ce qui entraîne la disparition de débouchés pour les producteurs locaux. Suite à la fermeture de la restauration collective, des restaurateurs indépendants et de beaucoup de marchés, de nombreuses filières locales sont impactées, dont les filières ovines et caprines.

La filière ovine

Habituellement, la période de Pâques est propice à la consommation d’agneaux, notamment lors des réunions de familles. En cette situation de confinement, la filière a conscience de la forte déconsommation à laquelle elle devra faire face, et recherche des solutions pour mettre en avant l’agneau français. En ce sens, elle suggère de le consommer d’une autre manière  : proposer des portions plus petites, basées sur d’autres modèles de découpes, qui s’écouleraient plus facilement auprès des consommateurs.

Interbev ovins communique aussi sur les chaînes radio et les réseaux sociaux ces jours-ci pour donner aux consommateurs des recettes adaptées aux morceaux proposés.

Cependant, cela ne pourra être une réussite que si les GMS jouent le jeu et assurent une présence forte de l’agneau français dans les rayons. En effet, aujourd’hui certains distributeurs proposent des morceaux d’agneaux néo-zélandais, ce qui met encore plus à mal la filière française. Les importations d’agneaux de Nouvelle-Zélande ont augmenté de 38  % en janvier (par rapport à janvier 2019), alors même qu’aujourd’hui en France, 350 000 agneaux sont bloqués en ferme, selon Coop de France.

Faute de demande, les abattages ont baissé de 86,42  % en semaine 13 (par rapport à la semaine 12).
En région Centre-Val de Loire, les abattoirs ne veulent plus abattre les agneaux, et les GMS acceptent d’acheter français seulement au prix des agneaux néo-zélandais (environ 5 euros/kg contre 6,65 euros/kg en France), une véritable perte pour nos producteurs.

Ces derniers, qui pour certains souhaitaient revoir leur mode de vente en proposant des caissettes sur les marchés (interdits aujourd’hui sauf si dérogation), ne vendent donc plus leurs productions et doivent trouver des solutions pour reporter les ventes. En ce sens, dans sa lettre technique, le Ciirpo* donne quelques conseils sur le rationnement.

La filière caprine

La filière française de viande de chevreaux est aussi mise à mal par le Covid-19 en période des fêtes de Pâques. Habituellement, 60  % des chevreaux sont mis en marché entre mars et mai. Afin d’anticiper et d’éviter de laisser les chevreaux dans les exploitations, les trois abatteurs français (Établissementq Ribot, Loeul et Piriot, Palmid’or), suite à une réunion avec Interbev et la Fnec, ont décidé de continuer à abattre tous les chevreaux en cours d’engraissement et ceux qui seront mis à l’engraissement jusqu’à Pâques. Pour la pérennité de toute la filière, Interbev s’est donc adressé aux acteurs de la distribution afin qu’ils assurent les opérations de promotion prévues mais aussi qu’ils n’exercent pas de pression à la baisse sur les prix. Les abatteurs s’attendent déjà à devoir congeler la plupart des chevreaux…

En région Centre-Val de Loire, depuis l’annonce des abatteurs, le ramassage des chevreaux a repris. Cependant, une partie des opérateurs ne collecte plus les chèvres de réforme. Pour limiter l’incidence économique, les éleveurs vont devoir trouver des moyens techniques en termes de gestion des chèvres de réforme, notamment sur le rationnement alimentaire.

Enfin, suite à la fermeture des marchés, ce sont les producteurs laitiers fermiers qui s’inquiètent de l’avenir de leur activité. En effet, la région compte 200 producteurs fermiers, dont 140 sont sous AOP (Chavignol, Pouligny-Saint-Pierre, Sainte-Maure-de-Touraine, Selles-sur-Cher, Valençay) et dont les circuits de distribution varient  : la vente à l’affineur, sur les marchés, en direct à la ferme ou aux grossistes, GMS, crémiers-fromagers.

Or, les GMS ont dû déréférencer un grand nombre de fromages à la coupe, ces derniers ne se vendant plus auprès des consommateurs, qui ont préféré se diriger vers des fromages emballés et ont délaissé les plus haut de gamme (AOP), que ce soient les fromages de nos producteurs ou ceux de nos laiteries. C’est bien l'ensemble de la filière qui est impactée par cette crise, y compris les entreprises qui rencontrent des difficultés sur la valorisation du lait collecté actuellement.

Mais nos producteurs fermiers ont encore été davantage démoralisés suite à l’annonce de la fermeture des marchés. En effet, face à toutes ces pertes de débouchés, 70 à 90  % de leurs ventes s’envolent. Ils se voient obligés de détruire leur lait, alors même que le pic de production est atteint.

Afin de les aider dans cette crise, les différents acteurs de la filière ont réalisé des notes techniques pour maîtriser les volumes de lait, reporter son utilisation ou trouver de nouveaux moyens de commercialisation.

Cependant, il est important que «  les producteurs se mobilisent et s’organisent entre eux  », précise Franck Moreau, éleveur de chèvres et administrateur Fnec. En effet, chaque initiative sera un exemple et pourra faire avancer les choses  : «  à situation exceptionnelle, comportement exceptionnel  », il est important que les producteurs fassent part de leurs initiatives auprès de leur FNSEA départementale.

FNSEA CVL

*Centre interrégional d’information et de recherche en production ovine

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