David Faucheux : « Maintenant, place aux jeunes ! »

par Hervé Colin, mis à jour à 16:15
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David Faucheux : « Maintenant, place aux jeunes ! »

Le syndicat Jeunes agriculteurs d'Eure-et-Loir marquera ses cinquante années d'existence lors de son assemblée générale annuelle le 19 janvier. Celle-ci marquera également la fin du mandat de son actuel président, David Faucheux, qui dresse son bilan avec nous.

Horizons : quels ont été les faits marquants de votre mandat à la tête de Jeunes agriculteurs d'Eure-et-Loir ?

David Faucheux : Je crois que c'est le dossier de la Pac qui a le plus marqué ces deux ans. Les imperfections de la Pac 2014-2020 durent toujours. Elle a vraiment débuté en 2016 mais les dossiers de la fin 2015 ne seront soldés qu'en 2018... C'est un gros morceau et surtout un sacré coup financier. Les problèmes de gestion de ces derniers temps l'ont un peu occulté mais l'impact à l'hectare est d'au moins cinquante euros et ça va continuer. La nouvelle réforme — qui est déjà dans les tuyaux — ne va pas dans le bon sens non plus. Depuis dix ans que je suis dans le syndicalisme, on perd des aides et les distorsions entre régions s'amplifient... Et la pac 2020 va apporter de la distorsion entre les pays. On favorise de plus en plus le second pilier qui n'a jamais été favorable à l'Eure-et-Loir.

Et la conjoncture n'a pas été très bonne non plus...

C'est un gros point qui a suivi tout le mandat. Ce n'était pas euphorique en 2015, catastrophique en 2016, et 2017 ne rattrape pas du tout. Il faut souligner que les OPA ont joué le jeu pour assurer la continuité des exploitations mais compte tenu des revenus de cette année, ça n'a fait que repousser les échéances. Et rien ne laisse entrevoir un rétablissement d'une conjoncture plus favorable. Même en lait et en porc, secteurs qui ont entrevu une embellie, les prix baissent à nouveau. Il faut espérer une année 2018 meilleure si on ne veux pas voir disparaître encore plus d'agriculteurs.

Autre dossier important pour le syndicat, l'annonce du retrait du Glyphosate...

En effet, ce dossier a traversé tout le mandat, on en a parlé en juin 2016 et à nouveau depuis octobre dernier. C'est un sujet problématique qui n'est pas basé sur des faits. Il y a beaucoup de désinformation. C'est un dossier crucial, également source de distorsions entre les pays de l'Union. Et ce n'est qu'un produit, il y en a d'autres, comme les néonicotinoïdes. L'environnement fait sortir un dossier chaque trimestre en ce moment. Sans parler de la phobie de l'élevage. Nous avons le sentiment que le gouvernement soutient plus les vegans que les producteurs. Il y a un buzz qui se crée sur ces questions ce qui rend difficile la communication sur nos bonnes pratiques.

Vous avez néanmoins quelques actions à votre actif sur ce plan...

Oui, il y a eu quelques opérations de communication positive au cours de mon mandat, nous avons proposé des choses. Il y a eu l'opération Affiche ta passion qui a bien marché et deux Plus belle la campagne qui ont rencontré le succès. Il y a eu beaucoup de passage et les gens posent des questions, ce qui est toujours positif.

Le nerf de la guerre pour Jeunes agriculteurs, c'est l'installation...

Oui, et sur ce plan les chiffres sont plutôt bons. Nous sommes dans la même lignée sur ce mandat, il n'y a pas de baisse. Nous enregistrons pas mal d'installations dans d'autres systèmes qu'en grande culture, comme le maraîchage ou l'élevage laitier. Et 2017 a été la première année avec l'instauration d'une DJA en lieu et place des prêts bonifiés. Nous avons constaté également un fort intérêt pour la transmission, nous avons multiplié par trois nos formations sur ce thème cette année. Les exploitants ont pris conscience qu'il fallait préparer son départ.

Il reste la problématique du foncier...

Ce que l'on constate c'est que les prix augmentent ainsi que la consommation de foncier. Et il y a aussi le souci de l'arrivée d'investisseurs étrangers. Le mode de détention du foncier va évoluer mais il faut éviter que cela parte à l'étranger.

Quels sont vos souhaits pour le prochain mandat ?

Les élections de la chambre d'Agriculture devraient mobiliser l'année prochaine. C'est un combat à mener. Il faudra aussi travailler sur la gestion de l'eau pour permettre à de nouvelles productions de se développer. La défense du budget de l'installation sera un point de vigilance. Nous sommes une des rares professions à proposer des aides à l'installation et les taux de survie à dix ans sont très bons. Il faudra également pousser les jeunes installés à calculer leurs coûts de production. Nous avons un outil pour ça : JA'ffine. Enfin, je note que les relations avec la DDT et la préfecture ont été très bonnes, constructives et c'est une bonne chose pour l'agriculture du département, il faudrait continuer dans ce sens.

Quel bilan personnel tirez-vous de cette expérience ?

C'est très enrichissant dans la connaissance du milieu agricole et en termes de relations avec les OPA. D'un autre côté, c'est du temps à consacrer. C'est aussi un tremplin pour la prise d'autres responsabilités. Je suis président d'un syndicat local de la FDSEA (Orgères-en-Beauce, ndlr), je suis le représentant de la FDSEA au sein de l'Organisme unique et peut-être bientôt au tribunal paritaire... C'est toujours intéressant, enrichissant personnellement, mais ce qui prime c'est la défense de l'intérêt collectif. Il faut saisir la chance de pouvoir le faire et je ne regrette pas de l'avoir fait. Mais maintenant, place aux jeunes ! En tous cas, je remercie l'équipe d'animation qui travaille beaucoup à faire fonctionner la structure ainsi que le bureau et le conseil d'administration qui ont participé à la réussite des actions menées.

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