Dérèglements climatiques et agriculture : du constat à l’adaptation

par Doriane Mantez, mis à jour à 19:06
Réagir Réagir Imprimer Imprimer Envoyer Envoyer Partager Partager sur Facebook Partager sur Twitter Partager sur Google+ Partager sur LinkedIn
Dérèglements climatiques et agriculture : du constat à l’adaptation

Le 11 décembre, Groupama Paris-Val de Loire, la FDSEA de Loir-et-Cher et l’AS Centre-Loire ont organisé une conférence sur le thème Dérèglements climatiques et gestion du risque agricole, à Vineuil.

L'augmentation de la fréquence et de l’intensité des dérèglements climatiques ont des impacts notables sur le monde agricole. Cela contraint les agriculteurs à manager les risques de leurs exploitations différemment. Dans ce contexte, la FDSEA de Loir-et-Cher, l’AS Centre-Loire et l’assureur mutualiste Groupama Paris-Val de Loire ont souhaité communiquer auprès des agriculteurs autour d’une conférence sur le thème Dérèglements climatiques et gestion du risque agricole, mardi 11 décembre au centre de formation du SDIS 41 à Vineuil. 

Quatre experts sont intervenus. Tout d'abord Raymond Piccoli, astrophysicien et directeur du laboratoire de recherche sur la foudre, a passionné l’auditoire en expliquant les phénomènes climatiques.

Après avoir listé les effets des dérèglements climatiques sur l’agriculture (une projection en bi-saisonnalité, événements climatiques hors normes, alternance sécheresse / épisodes pluvieux intenses, une nouvelle répartition géographique des types de cultures, l’arrêt de cultures devenues incompatibles...), l’expert a illustré ses propos avec l’exemple alarmant du glacier de la Mer de Glace (Haute-Savoie) qui avec une variation de + 0,7 °C diminue de 2,5 km de longueur et perd 190 mètres d’épaisseur chaque année.

Raymond Piccoli a clôturé son intervention sur le sujet polémique de l’eau : « On dit toujours que ce sont les agriculteurs qui prennent toute l’eau. Or, les chiffres annoncent 14,5 % dédiés à l’eau potable, dont la moitié sont des fuites et 7,4 % pour l’agriculture. Soit autant que les fuites ! ». Il a également précisé que les centrales nucléaires consomment plus de 55 % et rejettent de la vapeur qui est le « premier gaz de réchauffement ».

Selon Jean Cordier, enseignant-chercheur en marketing des produits agricoles et industriels à l’Agrocampus de Rennes, « tout l’indique, le risque agricole est en croissance, d’où une forte volatilité du revenu agricole » : changement climatique avec impact sur les rendements, réglementation croissante sur les phytosanitaires et médicaments vétérinaires et volatilité des prix de marché incorporant les chocs exogènes (type climat), mais aussi des facteurs endogènes (produits agricoles intégrés à tous les autres marchés).

Après une étude très fouillée, il suggère de choisir un support Pac aux instruments de gestion du risque (selon lui, 5 % des aides directes pour assurer l’essentiel de la ferme végétale France). « Il n’y a pas de remède miracle mais une panoplie d’instruments à organiser. Investir dans les instruments de gestion du risque, c’est créer une économie de services au profit des agriculteurs, des filières agroalimentaires et donc des consommateurs ».

Frédéric Chaudé, responsable études et produits agricoles Groupama, a présenté les principaux risques assurables (bâtiments agricoles et contenu, véhicules agricoles, personnes chefs d'exploitation et salariés, productions et récoltes sur pieds, bétails, responsabilité civile de l’exploitant) et les solutions d'assurance pour protéger son exploitation et en assurer sa pérennité. « Même si vous êtes en bonne santé, il faut penser au pire. Il est recommandé de faire régulièrement des simulations de ses besoins. Car ce n’est pas avec les 370 euros par mois de la MSA en cas d’invalidité totale que vous allez réussir à vivre et maintenir votre exploitation. »

Pour Laurent Bouffinie, conseiller d’entreprise AS Centre-Loire, la gestion des aléas passe par la constitution d’une épargne de précaution. Le principe est simple : économiser les bonnes années (comme en 2012) pour avoir de la trésorerie disponible les mauvaises (comme en 2016). Il a rappelé que l’État « encourage ces comportements » par une incitation fiscale : la Déduction pour aléas. « Avec la DPA, l’agriculteur peut déduire de son revenu fiscal et social et placer entre 50 et 100 % de la déduction. Il est imposé sur cette somme l’année où il utilise son épargne ».

Le but est donc de lisser son revenu et son imposition pour éviter de monter dans des tranches de prélèvements plus élevées. En pratique, l’agriculteur réduit son imposition lorsque son revenu est élevé et il l’augmente lorsqu’il est faible. Cette conférence a permis d’apporter un regard assez complet sur un sujet qui pèse sur l’avenir de l’agriculture.

Envoyer Imprimer

COMMENTEZ CET ARTICLE

Accéder à la charte des commentaires
Signaler un commentaire abusif

Charte de comportement sur le site horizons-journal.fr

Les espaces de contribution du site Internet de Horizons Centre Ile de France (commentaires, témoignages, chats, …) sont des espaces d'échanges et de discussions, respectueux du pluralisme, à partir des sujets publiés sur le site de Horizons.

Quiconque peut y participer à condition d'avoir au préalable validé, au moyen d'une adresse de courriel valide ou de son profil facebook, son inscription sous son nom ou sous un pseudonyme.

La participation aux espaces de contribution de Horizons suppose l'acceptation et le respect par chacun de règles de conduites établies par Horizons Centre Ile de France et qui ne souffrent aucune contestation.

Les commentaires des internautes sont modérés, c'est-à-dire qu'un ou plusieurs modérateurs veillent au respect des règles ci-dessous. Le ou les modérateurs peuvent, sans discussion possible, supprimer tout ou partie d'un commentaire tombant sous le coup de la loi ou contraire à la présente charte.

Horizons Centre Ile de France se réserve le droit d'exclure des espaces de contribution, temporairement ou définitivement, celles et ceux qui violeraient ces règles de façon répétée ou systématique.

La modération s'effectue a posteriori. Tout commentaire posté sur horizons-journal.fr est immédiatement mis en ligne. Il est validé ou non par le ou les modérateurs dans les heures qui suivent.

Les internautes participants au site de Horizons sont invités à signaler d'éventuels dérapages au moyen du lien ad hoc présent dans les pages.

 

Rappel de la loi

Les propos tombant sous le coup de la loi sont proscrits sur le site :

Le racisme ou l'antisémitisme, l'incitation à la haine ou à la discrimination raciale ou religieuse, la xénophobie (tout propos formulant une critique générale contre l'ensemble d'une population, d'un pays, d'une nation ou d'une communauté).

L'appel à la violence

L’apologie des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité, le révisionnisme ou le négationnisme

Les propos pouvant heurter la sensibilité des mineurs, la pédophilie, la pornographie

La diffamation ou l'injure, les propos mettant en cause l'honneur ou la réputation d'une personne physique ou morale, publique ou privée

L’apologie du suicide

Les informations relatives à la vie privée.

L'utilisation d'oeuvres protégées par des droits d'auteur


Les règles de conduite

Sont exclus les propos contraires aux principes suivants :

Le respect des participants. Pas d'insultes ou d'invectives envers autrui ou les participants aux espaces de contribution. On débat sur le terrain des idées, des faits et des arguments. L'agressivité est bannie.

La correction. Pas de propos injurieux, obscènes ou offensants, pas de propos grossiers, pas d'attaques ou d'allusions concernant le physique d'une personne publique ou privée, qu'elle soit président de la République ou simple voisin.

Le respect de la grammaire et de l'orthographe. Le respect de ses interlocuteurs passe par le respect de la langue française, garant de la bonne expression et de la compréhension des idées.

Le respect de la vie privée. Pas de publication non sollicitée d'adresses e-mail, de numéros de téléphone et adresses postales.

La mesure. Le harcèlement par la répétition de messages identiques ou très voisins et la répétition de liens hypertextes identiques vers d'autres sites entraînera la suppression systématique des contributions et le bannissement définitif des contributeurs.

Est également proscrit le détournement des espaces de contributions pour faire de la propagande ou du prosélytisme, à des fins professionnelles ou commerciales, et à des fins politiques, religieuses ou sectaires.










Le lien vers l'article sera automatiquement ajouté dans votre email



Sondage express

Aucun sondage

> Tous les sondages