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Franck Herbelin, hyperactif apiculteur

Franck Herbelin est apiculteur amateur à Luigny. Son rucher prend de l’ampleur : il propose aux agriculteurs et aux entreprises locales de lui louer des ruches.

Dans la remise de Franck Herbelin, à Luigny, on trouve des tas de ruches, en plastique ou en bois.  Dans une petite pièce attenante, des pots de miel prêts à être étiquetés. Pourtant, Franck Herbelin n’est pas apiculteur. Enfin… pas tout à fait.

L’homme est informaticien et programmeur de machines industrielles, aux établissements Denis (Brou). A côté de cette activité à temps plein, il cultive un faible pour les abeilles : « Je m’y intéresse depuis l’école, c’est passionnant ! Elles sont organisées, solidaires… », s’exclame-t-il, les yeux pétillants.

Il y a trois ans, une occasion se présente : « mon voisin agriculteur voulait quelques ruches pour la pollinisation de ses colzas. Il n’avait pas le temps, je m’en suis occupé ». En 2013, il loue trente ruches à un autre agriculteur. « Trente ruches, ça fait beaucoup ! J’ai assuré la pollinisation de ses porte-graines d’oignons et de ses colzas. »

Cette année encore, la demande est là et le nombre de ruches s’agrandit : « mon voisin en reprend vingt ». D’où cette réflexion : pourquoi ne pas lancer une plate-forme de location de ruches pour la pollinisation de cultures porte-graines ? « Je suis en train de prendre des contacts, je fais de la pub… L’idée est de proposer un service de qualité, avec des ruches de qualité. », souligne l’apiculteur amateur.

Comme si ça ne lui suffisait pas, Franck Herbelin mène en parallèle un autre projet : proposer aux entreprises du coin d’installer des ruches sur leur toit, leur terrasse, leur jardin. Il y a quelques mois, lors d’une visite à Paris, il rencontre l’apiculteur Nicolas Géant, célèbre pour avoir installé soixante ruches sur le toit du Grand Palais pour sauvegarder les abeilles : « Il m’a donné l’idée de faire la même chose chez nous. » Pour une entreprise qui pollue, héberger des ruches sur son site, c’est faire un geste pour la biodiversité et donner une image éco-responsable.

Le projet fait vite mouche. La sous-préfète de Nogent s’en empare, des entrepreneurs locaux et l’Intermarché de Nogent-le-Rotrou manifestent leur intérêt, et bientôt le Comité de développement économique d’Eure-et-Loir (Codel) contacte Franck Herbelin.

« Le Codel trouvait intéressant le concept de projet environnemental. De mon côté, j’avais besoin d’acheter du matériel, pour trois mille euros ». Le Codel propose donc à Franck de le mettre en avant pendant cent jours sur Coup de pousse 28, son site de financement participatif.

Le projet n’obtient que sept cents euros de promesses de don. « Du coup, je n’ai rien gagné. Mais j’ai touché un peu de monde : j’ai été invité au Business contact, j’ai contacté quelques entreprises… »

Pour autant, son projet est bel et bien lancé. Huit ruches sont installées depuis début 2015 : « cinq  aux établissements Denis, une dans une entreprise de mécanique à Authon-du-Perche, deux à Dorier Plast’, une entreprise de soufflage de plastique située à Luigny. » L’installation de deux ruches est d’ores et déjà programmée à l’Intermarché de Nogent, ainsi que dans quelques communes euréliennes.  « J’ai eu de la chance !, admet Franck. C’est porteur, je surfe sur une vague ».

Il a développé une formule bien ficelée pour les entreprises demandeuses : il s’occupe de l’étude de faisabilité, des démarches administratives, de l’installation et de l’entretien des ruches, de la récolte. Il étiquette enfin le miel au nom de l’entreprise, qui peut l’offrir ou la vendre à ses clients et ses salariés. Et il propose des ateliers de découverte du monde des abeilles, pour permettre aux personnels de se familiariser avec leurs nouvelles colocataires.

A côté de tout ça, Franck fabrique lui-même son miel - garanti sans mélange -, le met en pot, l’étiquette et le commercialise : « J’ai deux points de vente, à Nogent et à Luigny. J’ai aussi quelques marchés artisanaux à venir, et la fête de l’agriculture. Il y a aussi de la demande dans les épiceries fines, à Bonneval par exemple ». L’apiculteur songe à développer des partenariats avec les restaurants locaux. Il proposera une séance autour des ruches, lors des portes ouvertes des établissement Denis, en juillet. L’occasion de faire partager sa passion.

Une passion qui pourrait bien devenir son métier : « Aujourd’hui, j’ai 71 ruches. Ca fait beaucoup ! Ces derniers temps, c’est cinq heures de sommeil par nuit… Mais c’est gérable. », tempère-t-il. Avant de poursuivre : « Cette année, je réfléchis à me mettre à mi-temps, voire à me lancer à temps plein. Mais je vais attendre d’avoir davantage de débouchés ».

Agriculteur, entreprise, commune, vous souhaitez louer des ruches ? Vous pouvez contacter Franck Herbelin par mail (rucher.herbelin@sfr.fr) ou sur Facebook.

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