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Le ministre de l'Agriculture visite le laboratoire de la Scael à Chartres

par Hervé Colin, mis à jour à 15:20
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Le ministre de l'Agriculture visite le laboratoire de la Scael à Chartres

Le nouveau ministre de l'Agriculture, Jacques Mézard, a visité le 2 juin le laboratoire CGAC du groupe coopératif Scael à Chartres. L'occasion pour Philippe Voyet, son président, de lui parler de la pertinence et de la solidité du système coopératif mis en place dès 1886.

Une des premières visites en dehors de la capitale pour le nouveau ministre de l'Agriculture, Jacques Mézard, a donc été pour l'Eure-et-Loir. En effet, profitant d'un déplacement à Chartres, il est venu visiter le 2 juin, le laboratoire CGAC du groupe coopératif Scael installé au Jardin des entreprises.

L'occasion toute trouvée pour le président de la Scael, Philippe Voyet, et son directeur, Cédric Burg, de lui brosser le portrait d'un établissement né dès 1886 de la volonté d'une poignée d'agriculteurs euréliens et de lui faire part des difficultés actuelles.

« Il fallait faire quelque chose pour notre agriculture à cette époque », a rappelé Philippe Voyet, « c'est ici que se sont créés le Crédit agricole, la Mutualité sociale agricole ; et qu'il y a eu une évolution vers l'agronomie ».

De son côté, le directeur de la Scael a détaillé la structure du groupe coopératif, avant de revenir sur les conséquences de la dernière récolte, montrant à travers quelques chiffres toute la pertinence du système.

« Monsieur le ministre, vous le savez, nous travaillons à ciel ouvert, ce n'est pas nouveau mais les éléments sont de plus en plus violents », a dit le président de la Scael.

Et d'ajouter : « La demande sociétale est très importante mais n'est pas prise en compte de la même façon chez nos voisins. Nous n'allons pas demander d'argent mais il y aurait trois choses à faire évoluer : la fiscalité, il faudrait pouvoir mettre une récolte de côté pour pouvoir lisser, la recherche et l'innovation, pour pouvoir travailler avec des plantes qui permettent de diminuer l'utilisation de produits phytosanitaires et aussi faire baisser cette surtransposition de nos lois européennes ». 

Jacques Mézard a pris le temps de répondre aux propos de Philippe Voyet et a livré les grands traits de sa politique agricole : « Mon objectif ne sera pas d'opposer les différentes productions ou les territoires. Ce n'est pas en faisant jouer les unes contre les autres que l'on fera avancer l'agriculture ».

Le ministre de l'Agriculture a continué : « Il ne faut pas opposer agriculture et environnement, bien au contraire. On me dit qu'avec le ministre de l'Environnement ce ne sera pas facile... Mais ça le sera parce que nous avons une volonté commune de faire avancer les choses. Les aléas que nous avons connus, les difficultés dont vous m'avez fait part, sont la démonstration que nous devons faire face à ces difficultés avec beaucoup de pragmatisme. Je ne traiterai pas les dossiers de l'agriculture en fonction de positions idéologiques ».

À propos de la fiscalité : « Nous verrons ce que l'on peut faire. Et heureusement que vous n'avez pas demandé d'argent car je ne sais pas le faire pousser. Par contre ce que nous pouvons faire c'est de faciliter le travail des entreprises, qu'elles soient industrielles ou qu'elles soient agricoles. Nous avons besoin dans ce pays d'oxygène, de davantage de liberté. Ça concerne la surtransposition et je vais demander à l'administration de faire un bilan, de regarder là où il y a surtransposition et quand ce sera avéré, notre volonté sera de rétablir la situation ».

Quant à la recherche, le ministre la considère « indispensable. Nous avons mis dans notre programme un plan d’investissement de cinq milliards d'euros. Nous allons en débattre ensemble. Je vais lancer avec le Président de la République la semaine prochaine, les États généraux de l'alimentation, vous y serez associés et avec les acteurs nous allons définir vers quoi nous allons cibler ce plan d'investissement ».

Après une visite du laboratoire d'analyses de la Scael, Jacques Mézard a reçu une délégation composée du président de la chambre d'Agriculture, Éric Thirouin, du président de la FDSEA, Jean-Michel Gouache et du président de Jeunes agriculteurs, David Faucheux. 

Trois problématiques ont été abordées.

La première concerne la définition des cours d'eau. Éric Thirouin a rappelé qu'en Eure-et-Loir un long travail avait été fait en concertation mais que dernièrement, le ministère de l'Écologie a souhaité ajouter les traits en pointillés de la carte, c'est-à-dire les fossés.

Le dossier a été confié aux préfets avec pour consigne d'officialiser cette demande : « Or dans le département cela revient à retirer des hectares de la production, ce qui est inacceptable. Il me semble capital qu'il n'y ait pas de reculade sur ce dossier », a souligné Éric Thirouin.

La seconde problématique est le non classement en Zone défavorisée simple du Perche : « le problème est que le Perche ornais est classé entièrement. La clause à faire valoir est celle de la continuité du territoire. Nos éleveurs ont toujours été très défavorisés par les aides », a relevé Jean-Michel Gouache.

Le dernier point soulevé est la succession des crises et des aléas : « les revenus sont en chute libre », a expliqué le président de la FDSEA, précisant : « nous avons plus de la moitié des exploitations en grandes difficultés. La grande demande que nous avons serait que le paiement redistributif reste à hauteur de 10 % ».

Le ministre s'est montré attentif aux demandes de la délégation : « Je ne serai dogmatique ni dans un sens ni dans un autre. Je ferai en sorte que la désespérance ne touche pas trop les agriculteurs. Et il faut espérer que la récolte 2017 soit meilleure que la précédente. Quand tout se télescope, il faut absolument en sortir ».

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