« Nous sommes victimes de notre succès ! »

par Laure Sauvage, mis à jour à 18:03
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« Nous sommes victimes de notre succès ! »

Respectivement président de la FRSEA Centre-Val de Loire et vice-président de JA 41, Florent Leprêtre et Josselin Ragot sont également président et secrétaire du Groupement d’employeurs de Loir-et-Cher. Dans un entretien croisé, ils présentent la structure.

Horizons : Qu’est-ce qui a poussé la FNSEA 41 et JA 41 à créer le Groupement d’employeurs du Loir-et-Cher en octobre 2018   ?

Florent Leprêtre  : Le Loir-et-Cher a été le premier département à utiliser de la main-d’œuvre détachée. Les agriculteurs paient celle-ci cher mais les prestataires ne s’acquittent pas des charges sociales en vigueur dans notre pays. Nous ne cautionnons pas un tel fonctionnement. Nous en avons parlé aux JA et cela a donné naissance au Groupement d’employeurs.

Josselin Ragot  : Recourir à de la main-d’œuvre détachée semblait légal. Dans la réalité, c’était quasiment du travail dissimulé. Nous ne pouvions pas laisser les exploitants dans cette précarité juridique et risquer une sanction de l’Inspection du travail pour des faits commis par d’autres  !

Qu’apporte le Groupement d’employeurs  ?

J.R.  : Celui-ci est facile d’utilisation. On appelle et on trouve la main-d’œuvre dont on a besoin sans s’occuper de l’administratif. À la fin de la mission, l’exploitant reçoit une facture et envoie son chèque.

F.L.  : Les viticulteurs ont besoin de main-d’œuvre pour la taille et les vendanges avec un temps donné pour effectuer la mission. Pour la main-d’œuvre occasionnelle, la masse de papiers est encore plus importante que pour les permanents. Il faut donc apporter un service dans la simplification et la légalité.

Est-ce difficile de recruter de la main-d’œuvre saisonnière en agriculture et quelles sont les solutions  ?

F.L.  : Le Groupement d’employeurs permet d’avoir des salariés occasionnels spécialisés. Quand une mission est terminée chez un exploitant, elle se poursuit chez un autre. Par exemple, la taille des vignes a lieu de décembre à mars. Cette forme de continuité rend les offres d’emplois attractives.

J.R. : L’agriculture a l’image d’un métier difficile. On travaille dehors avec une forte amplitude horaire. Conséquence  : les gens ne viennent pas spontanément vers nous. Pourtant, grâce aux cabines de taille, l’ouvrier travaille à l’abri. Les sécateurs électriques évitent également d’avoir mal au poignet à la fin de la journée…

Dix-huit mois après la création du Groupement d’employeurs, quel bilan tirez-vous  ?

J.R.  : On peut sourire car le bilan est très positif. Nous avons fait deux fois mieux que les objectifs que nous nous étions fixés (voir chiffres ci-dessous)  !

F.L.  : Nous sommes victimes de notre succès. Cela montre qu’il y a des choses à créer. Le syndicalisme n’est pas là uniquement pour revendiquer mais aussi pour apporter des solutions  ! L’enjeu  : avoir une agriculture performante sur nos territoires, quelles que soient les productions.

Propos recueillis par Olivier Joly

En chiffres
Le Groupement d’employeurs de Loir-et-Cher a été créé en octobre 2018 à l’initiative de la FNSEA 41 et de JA 41. Présidée par Florent Leprêtre, la structure compte 50 adhérents. La plupart d’entre eux sont des viticulteurs. Pour 2019, l’entité affiche 21  000 heures de mise à disposition. Cela correspond à 170 personnes employées en CDD pour des missions de 8 à 800 heures. Les agriculteurs souhaitant recourir au Groupement d’employeurs peuvent contacter l’animatrice, Angélique Tessier, au 02.54.46.25.27 ou au 06.17.37.75.34.

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