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Parcours à l’installation, quand l’heure est aux échanges

Le Point accueil installation a réuni, fin novembre, tous les acteurs et partenaires du parcours à l’installation des jeunes en agriculture pour faire un bilan de la situation.

Le Chesnay (Yvelines), le 25 novembre. Une trentaine de personnes a participé à la réunion sur l’installation proposée par le Point accueil installation.
Le Chesnay (Yvelines), le 25 novembre. Une trentaine de personnes a participé à la réunion sur l’installation proposée par le Point accueil installation.

« En 2015, de nombreux dossiers ont pris du retard à cause du nouveau parcours à l’installation »... « Devant les difficultés rencontrées, ce n’est pas étonnant que certains jeunes choisissent de s’installer sans les aides »... « La typologie des candidats à l’installation se diversifie »... « Il y a des retards dans le paiement des aides »...

Mercredi 25 novembre, les échanges liés à l’installation en agriculture ont été denses.

Le Point accueil installation (PAI) avait réuni, au Chesnay (Yvelines), tous les acteurs et partenaires du parcours à l’installation afin de dresser un état des lieux et d’échanger sur les principales problématiques.

Devant les représentants des DDT, de la Driaaf, de la chambre d’Agriculture interdépartementale et régionale, des Jeunes agriculteurs, de la FDSEA, de la région Ile-de-France, de la Safer, de Groupama, de la MSA, du Crédit agricole et du Crédit mutuel, l’animatrice du PAI, Laura Morel, épaulée par Sandrine Terrisse du service Entreprises et territoire de la chambre d’Agriculture, a d’abord dressé un panorama complet de la situation en Ile-de-France.

Ainsi, il a été rappelé que le nouveau parcours à l’installation lié à la réforme de la loi d’avenir a provoqué « une chute du nombre de participants au stage 21h, liée à une appréhension ».

Cette tendance ne devrait cependant pas se poursuivre : « Ceux qui ont été frileux en 2015 devraient se lancer en 2016. »

La nouvelle grille de la dotation jeunes agriculteurs a également été évoquée. Jugée « très lourde administrativement », elle manque de lisibilité pour permettre aux jeunes d’obtenir des points de bonification. 

Autre problématique soulevée, celle de l’installation de certains sans les aides. Le volume de ces jeunes-là n’est pas quantifié alors que la profession agricole souhaiterait les identifier. Un groupe de travail entre la chambre régionale d’Agriculture et la MSA devrait débuter en ce sens en janvier prochain.

Le PAI a proposé une analyse du profil des candidats. On apprend ainsi que de plus en plus de femmes se lancent seules dans un projet et que l’émergence du bio se confirme.

Si les installations en cadre familial reste majoritaires, celles hors cadre familial augmentent cependant chaque année. Elles représentent 33 % en 2015. Autre nouveauté : la reprise d’exploitations spécialisées est aussi en augmentation.

Enfin, les projets de diversification se multiplient par nécessité économique, réclamant notamment du foncier disponible. La Safer travaille sur le portage de foncier avec la région et sur le stockage de foncier à court terme. 

En conclusion de ce bilan, la profession agricole a interpellé les services de l’État sur le paiement des aides, dont certaines sont bloquées ou régulièrement en retard.

Cette réunion de travail a aussi été l’occasion d’échanger sur un nouveau phénomène : l’apparition croissante de porteurs de projets en agriculture urbaine.

Autour de la table, les participants se sont accordés à dire qu’il est urgent de définir ce qu’est l’agriculture urbaine et ce qui s’apparente davantage « à des projets pédagogiques liés à l’économie sociale et solidaire avec une logique d’insertion ».

La MSA a notamment expliqué que la loi d’avenir autorise désormais à prendre en compte les temps de travail destinés à la vente, à la transformation ou au conditionnement pour obtenir le statut d’agriculteur, annihilant de ce fait la logique productive.

Ainsi, demain, des jardins partagés ou un potager sur les toits de Paris pourraient devenir de l’agriculture.

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