Une session de rentrée sur fond de crise pour la Chambre

par Laure Sauvage, mis à jour à 11:04
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Une session de rentrée sur fond de crise pour la Chambre

La session de rentrée des membres de la chambre d'Agriculture, le 21 septembre à Chartres, a été marquée par la crise du secteur.

Afin de pouvoir respecter les gestes barrières, c'est salle Mathurin-Régnier que se déroule, le 21 septembre, la cession de rentrée des membres de la chambre d'Agriculture. Et à l'image de son président Éric Thirouin, tout le monde porte un masque pour l'occasion.

L'essentiel des travaux est consacré aux conséquences de la dernière récolte pour le monde agricole.

Après avoir présenté le premier budget rectificatif de l'année qui entérine un fort niveau d'investissement — un peu plus d'un million d'euros —, destiné à réduire la part de fonds de roulement de l'organisme consulaire et livrer une première évaluation de l'impact de la Covid-19 sur son budget — environ 23  000 euros —, les membres de la Chambre entrent dans le vif du sujet dès l'arrivée de la préfète, Fadela Benrabia, et le traditionnel tour de l'actualité de son président.

« Nous nous trouvons dans une conjoncture compliquée. L'année 2020 sera la deuxième année la plus faible en termes de revenus après 2016. Nous subissons donc deux années critiques en l'espace de quatre ans », lance Éric Thirouin, ajoutant  : « Nous constatons en parallèle une reprise de l'augmentation des charges qui crée un effet ciseaux. Ainsi, l'année 2020 pourrait être la pire depuis vingt ans. Derrière les résultats des exploitations, il y a des femmes et des hommes qui travaillent et se posent des questions sur leur avenir, sur la pérennité de leur exploitation et s'interrogent même sur le fait de poursuivre leur activité ».

Un contexte qui pèse sur l'ensemble des filières, a-t-il rappelé à la préfète  : « C'est pourquoi nous avons un besoin vital de retrouver des perspectives », pointe-t-il, espérant que le Plan de relance annoncé par le gouvernement puisse y contribuer. 

Cependant, c'est l'urgence qui prime et la recherche de trésorerie pour assurer la prochaine campagne culturale. Aussi, la chambre d'Agriculture pose un certain nombre de demandes. 

À commencer par une exonération automatique de la Taxe sur le foncier non bâti (TFNB) à hauteur de 100  %, rappelant que la part régionale de la Cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE) serait supprimée dans le cadre du Plan de relance, réduisant de moitié cet impôt pour les entreprises redevables  : « Mais nous ne sommes pas concernés par la CVAE, nous avons la TFNB. Elle doit donc être d'abord réduite de la même façon, le reste du dégrèvement étant lié à la perte sur pied », précise le président. En attendant, comme l'a expliqué un peu plus tard le directeur départemental des Finances publiques, Gradzig El Karoui, les exploitants auront la possibilité de ne pas payer cette TFNB maintenant, même s'ils reçoivent leur avis d'imposition.

En outre, Éric Thirouin demande le classement en calamité agricole pour les zones de prairies  : « Les éleveurs ont été particulièrement touchés cette année. L'autorisation de pâturer les jachères est arrivé beaucoup trop tard, au 1er juillet, et tout était déjà grillé ».

Il souligne également que du fait du déficit hydrique (- 264 mm en moyenne sur juillet-août et qui se poursuit), il est quasiment impossible de réussir les cultures dérobées déclarées en SIE et demande l'application du cas de force majeure automatique pour absence ou hétérogénéité de levée. 

Enfin, le président sollicite, comme en 2016, un soutien du conseil départemental.

À l'issue de ces sombres constats, Éric Thirouin relève une note d'espoir avec le Plan de relance présenté début septembre par le gouvernement  : « Nos attentes sur ce plan sont fortes. Un peu plus d'un milliard d'euros sont dédiés à l'agriculture, et il faut y ajouter les mesures transversales qui pourront impacter le secteur. Cependant, les aides devront être ciblées sur des besoins réels et non pas sur une liste fermée, préétablie de façon dogmatique. Nous serons donc vigilants sur la mise en œuvre pratique de ces aides ».

À l'issue de ce tour d'actualité, l'élu référent élevage de la Chambre, Yohann Serreau, brosse le tableau de la situation du secteur  : « 2020 est la troisième année consécutive de sécheresse subie par les éleveurs d'Eure-et-Loir. Mais toute l'année a été singulière… Pour les éleveurs, c'est aujourd'hui la double peine, après avoir investi pour produire leur fourrage, ils doivent dorénavant en racheter, ce qui représente entre 10  000 et 40  000 euros de charges supplémentaires. Certains ne pourront d'ailleurs peut-être pas en acheter et s'ils le pouvaient, encore faudrait-il en trouver… ».

L'éleveur conclut son propos en encourageant la préfète à mener et encourager une politique de stockage de l'eau dans le Perche.

« Ce plan de relance, il va falloir s'en saisir de la façon la plus opérationnelle possible, déclare Fadela Benrabia. Vous avez tous compris qu'il y avait une évolution à engager, il faut faire en sorte que cette évolution soit un progrès. Et concernant la rétention d'eau, vous pourrez toujours compter sur mon soutien sur ce volet. Je suis venue vous dire mon espoir, car nous avons des moyens inédits, sinon, nous n'aurions que les yeux pour pleurer. Nous avons l'ambition de déclencher des projets très rapidement ».

Hervé Colin

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