Aller au contenu principal

Ensilage de maïs : récoltes précoces et dégâts de gibier 📹

Les récoltes de maïs ensilage se sont déroulées tout au long du mois d’août, avec, pour certains agriculteurs, des chantiers engagés avant le 15 août. Retour sur une récolte précoce avec Fabrice Gaussant, à Montrieux-en-Sologne (Loir-et-Cher).

La période des ensilages de maïs est déjà quasiment terminée en Loir-et-Cher. Avec une succession d’épisodes caniculaires et une sécheresse qui dure depuis plusieurs mois, les cultures ont souffert. Fabrice Gaussant, agriculteur à Montrieux-en-Sologne (Loir-et-Cher), avait décidé de semer 16 hectares de maïs ensilage pour un collègue éleveur de vaches laitières d'Yvoy-le-Marron (Loir-et-Cher) qui n'arrive pas à avoir des quantités suffisantes de fourrages à cause des dégâts de gibier. Il a également semé 14 hectares de maïs grain. Soit 30 hectares en tout, sur sa SAU de 150 hectares. Le moment est venu pour lui de dresser un premier bilan en ce mercredi 26 août, jour d’ensilage sur son exploitation.

30 hectares de maïs en souffrance

Conséquence directe des conditions climatiques, les chantiers d’ensilage ont été particulièrement précoces cette année. Une situation également constatée sur l’exploitation de Fabrice Gaussant. « Moi, je suis l’un des derniers à récolter mon maïs ensilage et j’ai déjà quinze jours d’avance sur l’année dernière. Mais certains ont commencé très tôt, dès début août », souligne l’agriculteur.

Une précocité qui n’est pas le seul problème auquel il a dû faire face cette année. Dès les semis, l’agriculteur solognot s’est heurté, une fois de plus, aux dégâts de corbeaux freux. « J’ai une parcelle de maïs ensilage où j’ai eu des dégâts sur 95 ares et j’ai dû ressemer. Le lendemain du ressemis, ils sont revenus et j’ai de nouveau eu des dégâts. Dans notre secteur, en Sologne, on ne sait plus quoi faire, les populations sont en constante augmentation d'année en année », déplore Fabrice Gaussant.

Alors que la machine tourne à plein régime en cette journée d’ensilage, les rendements ne sont pas forcément au rendez-vous. « C’est un éleveur que je connais qui s’occupe de récolter et qui va utiliser l’ensilage pour son cheptel. Mais il m’a déjà dit que la matière sèche récoltée sur mes 16 hectares ne suffirait pas cette année et qu’il allait devoir compenser », explique Fabrice Gaussant.

Au-delà du maïs ensilage, le maïs grain a lui aussi souffert de la sécheresse et des fortes chaleurs durant tout l’été, avec pour conséquence un développement pénalisé. « J’ai près de 3 hectares qui n’ont même pas d’épis à cause du climat de cette année », assure l’agriculteur.

L’irrigation a permis de sauver la récolte

Alors que les remorques s’enchaînent et que les travaux d’ensilage devraient durer une journée et demie sur les 16 hectares de l’agriculteur, le pire a pu être évité grâce notamment à l’irrigation. « Il y a eu près de onze passages d’enrouleur à 30 millimètres d’eau. Sans cela, il n’y aurait rien eu, c’est certain. »

Même si la quantité a pu être préservée autant que possible, la qualité, elle, n’est pas forcément au rendez-vous pour les éleveurs. À cela s’ajoute l’émergence de datura dans les zones touchées par le gibier. « J’ai dû broyer le datura à de nombreux endroits où il s’était développé. Ce sont toujours les endroits liés aux dégâts de gibier. J’en ai deux fois plus que d’habitude dans mes parcelles et c’est très problématique », constate Fabrice Gaussant.

La pression du gibier a fortement augmenté dans ses parcelles de maïs. L’agriculteur l’explique en partie par la sécheresse, qui a poussé les animaux vers les cultures où ils pouvaient encore trouver un minimum de nourriture. « J’ai vu jusqu’à une quinzaine de sangliers dans certaines parcelles, c’est beaucoup plus que les autres années. » Au total, Fabrice Gaussant a déclaré près de 4,5 hectares de dégâts sur ses 30 hectares de maïs, soit environ 15 % de la surface. Une proportion qui ne fait qu’augmenter au fil des années et qui l’amène à s’interroger sur l’avenir : « Si cela continue ainsi, nous serons les derniers agriculteurs en Sologne. Après nous, l’agriculture de Sologne va disparaître ».

Se diversifier pour l’avenir ?

Même si Fabrice Gaussant compte poursuivre ses cultures de maïs l’année prochaine afin de permettre à son collègue éleveur de continuer à nourrir son cheptel, il réfléchit déjà à diversifier son assolement. « Je suis en train de regarder pour diversifier davantage, notamment avec des légumineuses. On essaie de s’adapter, de trouver des solutions, mais sans savoir si ça va vraiment fonctionner. »

Si l’entraide entre les agriculteurs de Sologne reste bien présente, la situation devient difficile pour tous. « On reste solidaires les uns envers les autres, mais on craint pour l’avenir », déplore Fabrice Gaussant, avant de conclure : « Quoi qu’il en soit, c’est une année plus que mémorable, on s’en souviendra ».

 

📹 L'ensilage de Fabrice Gaussant en images :

Cliquez sur l'image pour lire la vidéo.
Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Horizons

Les plus lus

La rentrée du lycée agricole du Chesnoy est marquée par de nouveaux projets pour adapter les formations et faire découvrir les métiers.

Le Chesnoy fait sa rentrée entre nouveautés et découverte des métiers
À Amilly (Loiret), la rentrée du lycée agricole Le Chesnoy est marquée par l’arrivée d’un enjambeur autonome et par de nouvelles…
Mercredi 9 septembre, à Orléans. La ministre Monique Barbut a commencé sa visite sur les quais de Loire, où le faible niveau du fleuve témoigne de la sécheresse qui frappe le territoire.
Stockage de l’eau : la FNSEA répond à la ministre de la Transition écologique en visite à Orléans 📹
En déplacement à Orléans mercredi 9 septembre, la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, a défendu le…
Abonnez-vous à Horizons
Vous abonner à Horizons, c'est profiter de multiples avantages.
Une session Chambre marquée par de nombreux enjeux
Réunis en session lundi 14 septembre à Paris, les membres de la chambre d'Agriculture Île-de-France ont brossé un panorama…
Morgane Tellai, une cheffe qui veut transmettre
Installée dans les Yvelines, Morgane Tellai développe son activité de cheffe à domicile en parallèle de son foodtruck de…
Sébastien Dromigny : De la terre aux longues distances 📹
Agriculteur, maire et engagé pour l’agriculture francilienne, Sébastien Dromigny mène aussi une vie d’athlète, entre course à…
Publicité