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Le préfet sur le terrain de la Cueillette de Voisenon

Le préfet de Seine-et-Marne, aux côtés d’élus, a été accueilli à la Cueillette de Voisenon lundi 24 juillet afin d’échanger avec les responsables professionnels sur les différents dossiers d’actualité.

Alors que la moisson s’achève progressivement, le préfet de Seine-et-Marne, Lionel Beffre, accompagné d’élus locaux, a effectué lundi 24 juillet une visite de terrain à la Cueillette de Voisenon.

Accueilli par Franck et Bénédicte Fournier, il a pu découvrir cette exploitation familiale de 68 hectares, dont 5 hectares de maraîchage. À la suite de son installation en 2011, Franck Fournier a développé une cueillette à la ferme. Son épouse l'a rejoint. Une boutique qui propose un panel de produits locaux a ouvert et, depuis 2020, trois distributeurs ont été installés. La structure emploie six équivalents temps plein. Cette présentation a été l’occasion d’évoquer différents sujets de manière concrète, à l’instar des difficultés à recruter de la main-d’œuvre ou la suppression de moyens de production. « Nous ne sommes pas réfractaires au changement. Si on nous retire des molécules, il nous faut des solutions en face. Actuellement, nous sommes dans l’obligation d’arrêter certaines cultures », a insisté l’exploitant agricole.

Inquiétudes du monde agricole

Dans un second temps, une rencontre en salle, animée par le président de la FDSEA 77, Cyrille Milard, aux côtés du président de la chambre d’Agriculture de région Île-de-France, Christophe Hillairet, et du trésorier de JA 77, Maxime Liévin, a été l’occasion d’aborder les sujets d’actualité et les problématiques et inquiétudes du monde agricole.

En préambule, un premier point sur l’exercice 2022-2023 a été dressé. « Si les rendements 2023 semblent légèrement supérieurs à la moyenne, mais avec une forte hétérogénéité tant en quantité qu’en qualité, cela ne doit pas occulter le coût très élevé des intrants lors de cette campagne. Alors que les cours ont baissé, l’année risque d’être compliquée avec un effet ciseaux, tant redouté, qui se révèle », a souligné Cyrille Milard alors qu’un autre sujet préoccupe fortement la profession actuellement : le refus de prolonger la dérogation culture Ukraine. « On s’étonne que les arguments de l’an passé ne valent plus cette année alors que cette dérogation a du sens quand 800 000 personnes vivent en sous ou malnutrition et que nous disposons d’un des terroirs les plus productifs. Et on rentre dans le dur avec l’arrêt du corridor ukrainien en mer Noire ».

Côté irrigation, si le printemps humide a permis de limiter l’irrigation, une chance face à la faible recharge hivernale (- 26 % d’octobre à mars), « c’est un vrai sujet dans le département où un travail sur de potentiels réserves doit être mené », a souligné le vice-président de la chambre d’Agriculture, Guillaume Lefort.

Quant au CSP (Conseil stratégique phytosanitaire), obligatoire à compter du 1er janvier 2024, Christophe Hillairet a rappelé que la Chambre, seul organisme à les réaliser dans le cadre de sa mission de service public en Île-de-France, n’est en capacité d’en réaliser que 1 200 sur 4 000 en Île-de-France à cette date. Au minimum, un seul et non deux CSP doivent être obligatoires sur cinq ans, demande la profession.

« Arriver à cumuler l’ensemble »

Un point a été fait sur le dossier betteraves, les arrêtés municipaux et la circulation des engins agricoles (tonnage, vitesse, marquage, cession des N4 et N36 au Département), sans oublier les inquiétudes face à la suppression du remboursement de la TICPE (Taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques). « Cette dernière représente 2 000 à 2 500 euros en moyenne par exploitation, soit une charge supplémentaire alors que la profession travaille sur des propositions autour de carburants qui émettent moins de CO2 », a alerté le secrétaire général de la FDSEA 77, Samuel Vandaele, alors que l’agenda est très serré, le vote devant intervenir à l’automne.

Enfin, sujet récurrent, la problématique des gens du voyage a provoqué des échanges tendus entre les élus alors que la profession demande du courage politique aux collectivités afin que des décisions soient prises rapidement.

« Le pays veut garantir, voire faire progresser la souveraineté alimentaire alors que nous sommes en phase de transition écologique. Le ministère de l’Agriculture doit arriver à cumuler l’ensemble », a conclu le préfet après avoir répondu à certains points de cet échange constructif.

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