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L'élevage eurélien entre sécheresse et canicules

La sécheresse qui persiste depuis plusieurs semaines et les canicules mettent à mal l'élevage eurélien. Rencontre avec Lubin Crespeau, éleveur laitier à Arrou.

Lundi 13 juillet, à Arrou (Eure-et-Loir). Pour aider son cheptel à supporter la canicule, Lubin Crespeau a amélioré la ventilation de sa stabulation et installé des brumisateurs.
Lundi 13 juillet, à Arrou (Eure-et-Loir). Pour aider son cheptel à supporter la canicule, Lubin Crespeau a amélioré la ventilation de sa stabulation et installé des brumisateurs.
© H.C. - Horizons

Les pluies espérées depuis plusieurs semaines se font toujours attendre. La sécheresse s'installe, exacerbée par les canicules successives. Dans les secteurs d'élevage, les animaux souffrent et les cultures censées assurer leur nourriture s'étiolent.

Un mois d'avance

Pour faire le point sur cet été singulier, nous rencontrons Lubin Crespeau, éleveur laitier à Arrou et vice-président élevage du syndicat Jeunes agriculteurs d'Eure-et-Loir. Installé en polyculture-élevage depuis novembre 2024 sur 150 hectares, il possède un cheptel de 65 vaches laitières : « Normalement, les vaches sont environ six mois dehors et six mois dedans. On commence à leur apporter de la nourriture au pâturage en août, mais là, avec la sécheresse, nous avons un mois d'avance, constate-t-il. Après, comme disent les anciens, c'est une année en 6… ».

L'une des premières conséquences pour l'éleveur, c'est la baisse de production : « En lait, lors de la canicule de mai, c'était 5 kilos de moins par vache et par jour, rembobine Lubin Crespeau. Ça a tendance à se stabiliser car elles s'habituent. Pour essayer d'améliorer leur confort, j'ai retiré une porte pour créer un courant d'air dans la stabulation et bricolé un système de brumisation avec du matériel trouvé sur Internet qui ne m'a pas coûté trop cher. Ça semble fonctionner car elles ne sortent plus, pourtant la porte est grande ouverte ».

Autre souci, le foin : « Nous avons moins d'herbe que d'habitude, relève-t-il. J'ai fait une fauche fin mai et j'ai pu trouver un peu d'herbe à droite à gauche pour pallier. Je n'avais pas de stock de l'an dernier mais avec ça, j'en ai refait un peu… ».

Voir aussi JA et FNSEA 28 réunis pour l'élevage

Là où le bât blesse c'est en termes de nourriture : « Nous avons un peu de stock de l'année dernière mais pour en refaire, ça va être compliqué cette année, résume-t-il. J'ai 28 hectares de maïs et déjà 8 hectares qui pèchent. Mais surtout, il faudrait de l'eau, sinon en grain, on va être moindre. Heureusement, il a été semé dans ce qu'il restait de frais fin avril, mais depuis il a reçu à peine 100 mm… J'avais fait du ray-grass trèfle en dérobée, récolté début avril. C'est correct en qualité et il y a un peu de quantité. Je devrais en ressemer en septembre ».

Content d'avoir les vaches

Si cette année est plutôt particulière, Lubin Crespeau ne regrette pas son installation : « Je ne sais pas si je me suis installé à la bonne période mais avec tout ce qui se passe dans le monde, vu la hausse du prix des engrais, on est contents d'avoir les vaches. Quand je vois les copains qui se sont installés en même temps que moi en grandes cultures, ça doit être un peu compliqué. En plus, avant nous étions chez Lactalis, qui payait bien, puis du jour au lendemain les prix se sont effondrés… Du coup, nous avons changé de laiterie, nous sommes partis chez Novandie et c'est le jour et la nuit. J'ai tout de suite gagné 70 euros de plus les 1 000 litres. Et tu sais où va ton lait… ».


Solidarité céréaliers-éleveurs

À la suite de la réunion organisée le 13 juillet et pour pallier le manque de nourriture des animaux d'élevage en raison de la sécheresse persistante, Jeunes agriculteurs et la FNSEA d'Eure-et-Loir ont mis en ligne un formulaire pour organiser la solidarité entre les céréaliers — particulièrement ceux ayant du maïs irrigué — et les éleveurs. 

Pour remplir le formulaire, c'est ici.

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