Chambre d'Agriculture du Loiret
Sécheresse, l’agriculture du Loiret voit rouge
Réunie vendredi 18 septembre, la chambre d’Agriculture du Loiret a dressé un bilan préoccupant de la campagne 2026. Chute des rendements, hausse des charges et tensions sur les fourrages fragilisent les exploitations.
Réunie vendredi 18 septembre, la chambre d’Agriculture du Loiret a dressé un bilan préoccupant de la campagne 2026. Chute des rendements, hausse des charges et tensions sur les fourrages fragilisent les exploitations.
La rentrée s’annonce difficile pour les agriculteurs du Loiret. Vendredi 18 septembre, la chambre d’Agriculture a présenté son nouvel Observatoire des filières lors de sa session. Le document, élaboré avec le soutien du Département, dresse un constat préoccupant. Après un hiver très humide, les cultures ont subi un printemps contrasté, puis trois mois de sécheresse et de canicule. Résultat : la plupart des indicateurs virent à l’orange ou au rouge.
Des récoltes lourdement pénalisées
En grandes cultures, la moisson affiche une baisse moyenne de rendement de 10 à 15 %. Les écarts restent considérables selon les sols et l’accès à l’eau. Certaines parcelles accusent jusqu’à 50 % de pertes. Le Giennois et les systèmes non irrigués figurent parmi les plus touchés.
La situation est particulièrement préoccupante en betteraves sucrières. Sécheresse, charançons et rhizopus ont fortement dégradé les cultures. Les premiers arrachages font état de pertes de rendement de 35 à 45 % en non irrigué.
Le maïs connaît lui aussi une campagne difficile. Dans certaines parcelles non irriguées, les pertes atteignent 75 à presque 100 %.
Les productions spécialisées ne sont pas épargnées. Les arboriculteurs enregistrent des pertes de 30 à 70 % sur les pommes. En maraîchage, certains producteurs ont perdu plus de la moitié de leur production estivale.
La viticulture prévoit quant à elle une baisse des volumes malgré une qualité qui semble au rendez-vous.
L’hiver inquiète les éleveurs
La question des fourrages constitue une autre source d’inquiétude. La pousse de l’herbe s’est pratiquement arrêtée depuis la fin mai. Les stocks de foin accusent un déficit moyen de 30 %, qui pourrait atteindre 50 % en septembre. Les éleveurs puisent déjà dans leurs réserves depuis la mi-juillet. La Chambre s'interroge désormais sur leur capacité à nourrir les troupeaux cet hiver.
À ces difficultés s’ajoute la dégradation des marchés. Le prix du lait conventionnel est tombé à 483 euros les 1 000 litres en juin, soit un recul de 5,3 % sur un an. Dans le même temps, les charges progressent. Les filières bovine et ovine subissent aussi une baisse des cours.
Des trésoreries sous pression
Le contexte économique accentue les conséquences de la sécheresse. Les prix du GNR et des engrais restent élevés. En août, l’ammonitrate coûtait encore 100 euros de plus par tonne qu’en 2025. Pour certaines exploitations, il s’agit d’une troisième année consécutive de difficultés. La Chambre alerte sur les risques de fragilisation économique et de mal-être agricole. Face à cette situation, elle poursuit ses actions d’accompagnement. Des échanges de maïs entre céréaliers et éleveurs ont été facilités dès juillet. Les dispositifs Loiret Écoute Active et Réagir doivent permettre d’identifier et d’accompagner les exploitations en difficulté.
Un budget toujours déficitaire
La session a aussi abordé le fonctionnement de la Chambre. Son deuxième budget rectificatif prévoit un déficit de 288 302 euros, contre 344 000 euros précédemment. Les économies engagées sont en partie absorbées par une baisse des recettes.
Plusieurs projets de réorganisation figuraient à l’ordre du jour. Parmi eux, la création d’un service commun de laboratoire avec la chambre d’Agriculture d’Eure-et-Loir, envisagée au plus tard le 1er janvier 2027.
Une nouvelle commission consacrée au climat, à la biodiversité et à l’agriculture biologique était aussi soumise à l’approbation des élus.