Aller au contenu principal

Un mois après, les orages laissent encore des traces en Loir-et-Cher

Après le violent orage qui s'est abattu sur le Loir-et-Cher samedi 27 juin, de nombreux agriculteurs, comme François-Xavier Rone, continuent d'en subir les conséquences.

Un mois après les violents orages qui ont traversé le Loir-et-Cher samedi 27 juin, les stigmates restent bien visibles dans les exploitations agricoles touchées, notamment à Villeromain. Toitures arrachées, cultures endommagées, bâtiments d'élevage impactés : les dégâts se chiffrent parfois en plusieurs dizaines de milliers d'euros, comme c'est le cas pour François-Xavier Rone, céréalier à Villeromain.

Des vents violents à 150 km/h

Même s'il s'attendait à des orages, il n'imaginait pas un épisode d'une telle intensité. Des rafales atteignant près de 150 km/h se sont abattues sur son exploitation agricole, allant jusqu'à emporter la toiture de l'un de ses bâtiments de stockage. François-Xavier Rone se souvient encore avec précision de ces quelques minutes, à la fois si courtes et pourtant interminables. « C'était court et très soudain. On s'attendait à des orages mais pas aussi violents et si rapides », confie l'agriculteur. Alors qu'il terminait de ranger son matériel avec son fils, la situation a basculé en quelques instants. « Nous n'avons même pas eu le temps de ranger tout le matériel dans la grange que j'ai vite appelé mon fils pour qu'on se réfugie dans un tracteur et sous un autre hangar de la ferme. »

400 m² de toiture emportés

Depuis leur abri, cramponnés dans leur tracteur, père et fils assistent impuissants à la scène. Plus de 400 m2 de toiture en tôle s'envolent sous l'effet des rafales avant de retomber au sol. « Les vents étaient si violents qu'on était remués dans le tracteur comme si on travaillait dans les champs. C'était vraiment impressionnant. On n'a pu que regarder la scène en ayant une seule crainte : que la toiture du hangar sous lequel nous étions s'envole également. C'était rapide, mais sur le coup on avait la sensation que cela n'allait jamais s'arrêter. C'était comme une turbine d'avion en action », décrit François-Xavier Rone. Quelques minutes plus tard, le calme revient enfin. L'heure est alors au constat. « La cour était remplie d'eau avec 36 mm de pluie et de grêle tombées en quelques minutes. Sur le moment, on se dit que c'est une vraie désolation. »

Des assurances qui limitent les pertes

Au-delà de la toiture arrachée, les intempéries ont également fortement impacté les cultures. Les blés, encore sur pied à quelques jours de la moisson, ont subi près de 30 % de pertes. Si les assurances permettront de financer la reconstruction du bâtiment et d'indemniser une partie des pertes de récolte, tout ne sera pas compensé. « Je suis assuré, donc on va limiter les dégâts. Être assuré m'a permis de dormir tranquille le soir. Après le passage des experts, on attend désormais les retours. Mais sur la partie récolte, je ne serai jamais indemnisé totalement », déplore l’exploitant. Comme dans de nombreux contrats d'assurance récolte, une franchise reste à la charge de l'exploitant. Dans son cas, elle représente au minimum 10 % de pertes qui ne seront jamais remboursées. Malgré tout, l'agriculteur mesure sa chance. Le matériel, rangé quelques instants avant la tempête, a été épargné par la chute des tôles et les impacts de grêle.

Des répercussions sur le stockage

Un mois après les intempéries, les conséquences restent bien réelles. La charpente du bâtiment principal étant fragilisée, François-Xavier Rone ne peut plus y stocker son matériel. « La charpente risque à tout moment de s'effondrer, donc je ne peux plus stocker le matériel dedans et sans toiture, cela ne sert à rien d'y ranger du matériel, les tracteurs ne seront pas à l'abri quoi qu'il arrive. » En attendant les travaux, il doit trouver des solutions provisoires pour organiser son exploitation, une contrainte supplémentaire dans une période déjà particulièrement compliquée.

Une pensée pour ses voisins

Si son exploitation a été durement touchée, François-Xavier Rone préfère relativiser en évoquant la situation d'autres agriculteurs du secteur. Autour de son exploitation, plusieurs parcelles de tournesol ont été complètement couchées par les vents. Une exploitation voisine a également vu un bâtiment d'élevage de volailles lourdement endommagé. « J'ai un voisin qui a plusieurs hectares de tournesol couchés et un autre voisin, éleveur de volailles, qui, après avoir déjà subi une canicule compliquée pour son élevage, doit en plus gérer ces intempéries qui ont endommagé son outil de travail. J'ai une pensée pour eux. La solidarité agricole, dans ces moments, doit être la priorité avant tout. »

Si les orages appartiennent désormais au passé, leurs conséquences restent bien présentes dans de nombreuses exploitations de Loir-et-Cher.

Voir aussi Des orages dévastateurs en Loir-et-Cher 📹

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Horizons

Les plus lus

La rentrée du lycée agricole du Chesnoy est marquée par de nouveaux projets pour adapter les formations et faire découvrir les métiers.

Le Chesnoy fait sa rentrée entre nouveautés et découverte des métiers
À Amilly (Loiret), la rentrée du lycée agricole Le Chesnoy est marquée par l’arrivée d’un enjambeur autonome et par de nouvelles…
Mercredi 9 septembre, à Orléans. La ministre Monique Barbut a commencé sa visite sur les quais de Loire, où le faible niveau du fleuve témoigne de la sécheresse qui frappe le territoire.
Stockage de l’eau : la FNSEA répond à la ministre de la Transition écologique en visite à Orléans 📹
En déplacement à Orléans mercredi 9 septembre, la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, a défendu le…
Abonnez-vous à Horizons
Vous abonner à Horizons, c'est profiter de multiples avantages.
Une session Chambre marquée par de nombreux enjeux
Réunis en session lundi 14 septembre à Paris, les membres de la chambre d'Agriculture Île-de-France ont brossé un panorama…
Morgane Tellai, une cheffe qui veut transmettre
Installée dans les Yvelines, Morgane Tellai développe son activité de cheffe à domicile en parallèle de son foodtruck de…
Sébastien Dromigny : De la terre aux longues distances 📹
Agriculteur, maire et engagé pour l’agriculture francilienne, Sébastien Dromigny mène aussi une vie d’athlète, entre course à…
Publicité