Aller au contenu principal

Pommes de terre : la stratégie d'Aymeric Proffit pour amortir la crise

À la Ferme d’Eprunes, en Seine-et-Marne, la pomme de terre est bien plus qu’une culture : c’est une stratégie d’entreprise. Face à un marché chahuté et des prix sous pression, Aymeric Proffit mise sur la maîtrise des débouchés, l’investissement et le collectif pour sécuriser son modèle économique.

À Réau (Seine-et-Marne), le 19 février. Aymeric Proffit, qui propose de la vente directe en casiers, produit 3 000 tonnes de pommes de terre par an.
À Réau (Seine-et-Marne), le 19 février. Aymeric Proffit, qui propose de la vente directe en casiers, produit 3 000 tonnes de pommes de terre par an.
© M.G. - Horizons

À la Ferme d’Eprunes (Seine-et-Marne), la pomme de terre est une institution. Voilà près de quarante ans que la famille Proffit la cultive. De la production à la vente directe, en passant par le stockage et l’ensachage, toutes les étapes sont maîtrisées à la ferme.

Un gage de réussite pour Aymeric Proffit, qui l’assure : « La culture de la pomme de terre est aussi passionnante qu’exigeante. Elle ne s’appréhende pas comme les autres. Avant de se lancer, il faut impérativement savoir quel objectif on vise (fécule, industrie, frais…) et quels sont nos débouchés. C’est la commercialisation qui doit driver la culture ».

La commercialisation comme boussole

Depuis son installation, l’agriculteur a considérablement développé l’activité. Nouvelles infrastructures de stockage, outil d’ensachage performant, mais aussi boutique de vente directe à la ferme dotée de murs entiers de casiers distributeurs accessibles 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24 : l’investissement accompagne une stratégie clairement orientée vers la sécurisation des débouchés.

« L’irrigation, la mécanisation, le plant, la germination… tout est pilotable et évidemment il faut s’adapter d’une année sur l’autre selon le contexte mais pour être rentable, le premier facteur pour moi reste d’avoir des débouchés fiables. Il faut une commercialisation maîtrisée sinon c’est la douche froide assurée ».

Pour Aymeric Proffit, la technique ne suffit pas. Elle doit être mise au service d’un projet commercial construit en amont.

Miser sur le collectif pour sortir du prix de marché

Autre pilier de son modèle : l’association avec d’autres agriculteurs. Une manière de sécuriser les volumes et de sortir d’une dépendance totale aux fluctuations du marché.

« Chaque année, je produis et fais produire 80 hectares de pommes de terre pour un volume d’environ 3 000 tonnes. J’ai passé des contrats de six ans avec des voisins agriculteurs à qui je garantis un prix. C’est mon modèle pour sortir d’un prix de marché imposé : une belle commercialisation, une maîtrise technique qui va permettre de maîtriser les coûts à l'hectare et sortir un beau produit et s’allier avec d’autres pour être plus fort. Pour moi, compte tenu du contexte de marché dans lequel nous évoluons aujourd’hui, il n’a jamais été aussi nécessaire que de discuter et travailler les uns avec les autres ».

Dans un contexte de contraction du marché, cette logique contractuelle et collective constitue, selon lui, un levier de stabilité.

Un risque inhérent à la culture

Reste que, malgré cette organisation, la conjoncture actuelle pèse lourdement sur les équilibres économiques.

Aymeric Proffit ne le nie pas : « Les prix sont mauvais, on le vit tous et ça fait partie du risque dans cette culture. Après il en va de la capacité de chacun à gérer son entreprise. Dans la pomme de terre, il faut être aussi prêt à perdre ».

Une lucidité qui rappelle que, même avec une stratégie structurée, la rentabilité en pommes de terre demeure étroitement liée aux aléas du marché.

Cet article fait partie d'un dossier Pommes de terre

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Horizons

Les plus lus

[DOSSIER] Le Festival de la terre 2026 d'Île-de-France ouest à Attainville les 5 et 6 septembre
Cette année, le Festival de la terre aura lieu les 5 et 6 septembre à Attainville (Val-d'Oise).
Le Festival de la terre a lieu ce week-end à Attainville
Les Jeunes agriculteurs d'Île-de-France ouest organisent le Festival de la terre ces samedi 5 et dimanche 6 septembre à…
Le 21 juillet, à Bonneval (Eure-et-Loir). Le président de la Cabbep, Arnaud Mercier, et son directeur, Guillaume Rivet, encadrent la nouvelle responsable du suivi des filières, des audits et de la communication, Marie David.
De nouveaux axes stratégiques pour la Cabbep
La coopérative agricole Bonneval Beauce et Perche (Cabbep) a remis au goût du jour sa feuille de route pour les années à venir :…
La rentrée du lycée agricole du Chesnoy est marquée par de nouveaux projets pour adapter les formations et faire découvrir les métiers.

Le Chesnoy fait sa rentrée entre nouveautés et découverte des métiers
À Amilly (Loiret), la rentrée du lycée agricole Le Chesnoy est marquée par l’arrivée d’un enjambeur autonome et par de nouvelles…
Les Jeunes agriculteurs du Giennois organisent Terre en fête ces samedi 5 et dimanche 6 septembre à Poilly-lez-Gien.
Terre en fête : les JA du Giennois sont fin prêts à accueillir le grand public ce week-end
Les Jeunes agriculteurs du Loiret et du Giennois donnent rendez-vous au public ces samedi 5 et dimanche 6 septembre à Poilly…
Le 2 septembre, à Paris. Arnaud Rousseau et Hervé Lapie ont tenu une conférence de presse de rentrée.
Après un été sous haute tension, la FNSEA demande « l’impulsion » pour éviter le décrochage
La FNSEA a tenu sa traditionnelle conférence de rentrée mercredi 2 septembre, à Paris.
Publicité