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"Montrer que l’on existe et que l’on se relève les manches"

Lionel Langlet, président du Comité départemental d’équitation du Loiret (CDE 45) et responsable du club équestre de Saran, répond à nos questions.

© L.L.

Horizons : Quel est le rôle du CDE du Loiret ?

Lionel Langlet : Le Comité départemental a pour mission de représenter l’équitation fédérale dans le Loiret. Nous travaillons à aider les 109 clubs (affiliés à la FFE) à développer ce sport auprès des 6 678 cavaliers licenciés. Cela passe par la création de circuits de compétition, de pistes de randonnée et d’événements de promotion de la filière équestre.

Comment aidez-vous les clubs pendant cette période de crise ?

Nous travaillons en étroite collaboration avec le Comité régional, qui est très actif pendant cette pandémie. Afin d’être totalement en accord sur nos discours, celui-ci centralise toutes les informations, actions, recherches de fonds et subventions.

Au niveau départemental, nous avons créé un groupe Whatsapp ouvert à tous les dirigeants des clubs du Loiret. L’idée est de pouvoir communiquer rapidement les informations pratiques, mais aussi lutter contre l’isolement. En tant que président du CDE, je fais régulièrement le tour des structures en passant un simple coup de fil amical, qui permet de prendre des nouvelles et briser un peu la solitude.

Quel est l’impact du confinement sur les structures équestres du département ?

C’est une période très difficile à gérer pour les clubs… Les gérants ne donnent plus aucun cours et doivent s’occuper de l’intégralité de leur cavalerie. Il faut continuer à nourrir les bêtes sans aucune rentrée d’argent, mis à part pour ceux qui ont des pensions. Comme de nombreux centres équestres, j’ai fait un emprunt qui me permettra, je l’espère, de sauver la trésorerie et passer cette mauvaise passe. Ce manque à gagner de la partie école d’équitation, enseignement, est un coup dur qui va se ressentir en 2021.

Bien qu’il y ait des aides developpées par la Région, le club qui n’a pas pris les devants ne pourra plus investir, payer ses fournisseurs et se verra contraint de fermer ses portes… Le report de l’emprunt est une solution si on ne peut pas faire autrement, mais le mieux serait l’annulation des charges de mars et avril. C’est totalement jouable et sauverait la grande majorité des clubs !

S’ajoute à cela l’annulation du Generali Open de France…

Cette année, les clubs ont la double peine… Quasiment tous les clubs loirétains emmènent des élèves à cette compétition nationale, qui clôture le travail d’une année. De plus, certaines structures jouent également le rôle d’hébergeur de chevaux et de cavaliers. Sans compter le manque à gagner au niveau de l’organisation de concours et toute la partie ­coaching… C’est la première fois que la machine s’arrête !

On peut la critiquer car il y a énormément de monde, mais le GOF fait vibrer pas mal de clubs. C’est surtout un objectif et un moteur pour une partie de nos cavaliers. Bien que l’annulation de cette manifestation soit un deuxième coup dur pour la filière, je pense que c’est une sage décision.

Comment voyez-vous l’après-­confinement ?

Il faut rester positif et préparer le déconfinement qui arrivera bien… Il faut réfléchir à de nouvelles prestations, un nouvel accueil des clients dans le respect des gestes barrières. À ce sujet, le CDE et le CRE sont en pleine réflexion pour imaginer comment adapter cette mise en place sanitaire aux structures équestres. Nous avons la chance d’avoir de grandes distances entre nous, mais pour les niveaux en dessous du galop 4, il va falloir diminuer le nombre de cavaliers et imaginer des alternatives aux gestes proches de la personne, comme aider à sangler, resserrer le casque…

En lien avec la FFE et la Région, nous travaillons sur la création d’un circuit départemental et régional afin de proposer aux clubs un objectif de championnats pour la fin de l’année. L’idée est de donner un objectif aux cavaliers, redynamiser les clubs et ainsi montrer que l’on existe et que l’on se relève les manches pour continuer notre activité.

Propos recueillis par Doriane Mantez



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