Récolte
Une Cohorte d'agriculteurs efficace aux côtés du Sdis
La Cohorte d'agriculteurs volontaires qui soutient le Sdis d'Eure-et-Loir dans sa lutte contre les feux de chaumes a fait l'objet d'une présentation lundi 22 juin à Chuisnes (Eure-et-Loir) sous l'égide du préfet, Hervé Jonathan.
La Cohorte d'agriculteurs volontaires qui soutient le Sdis d'Eure-et-Loir dans sa lutte contre les feux de chaumes a fait l'objet d'une présentation lundi 22 juin à Chuisnes (Eure-et-Loir) sous l'égide du préfet, Hervé Jonathan.
Au moment où débutent les chantiers de récolte en Eure-et-Loir, la chambre d'Agriculture et le Sdis organisent aux côtés du préfet Hervé Jonathan, lundi 22 juin sur l'exploitation d'Aymeric Souchet à Chuisnes, un temps d'échanges autour de la Cohorte d'agriculteurs volontaires qui vient en renfort des pompiers dans leur lutte contre les incendies. Des ateliers et des démonstrations étaient prévus mais sont annulés à cause de la chaleur…
Des feux maîtrisés
Créée en 2020 à la suite de l'électrochoc des feux dévastateurs de l'été précédent, cette cohorte prouve chaque année son efficacité, singulièrement en ce début de campagne : « Depuis vendredi, il y a eu quatorze départs de feux mais seulement trente hectares détruits, ce qui démontre l'intérêt de cette initiative, reconnaît le directeur du Sdis d'Eure-et-Loir, le colonel Bruno Hucher. L'action des agriculteurs est déterminante. Avec leurs outils, ils coupent le feu et nous nous occupons de l'extinction ».
« La météo que nous avons ces jours-ci illustre parfaitement la nécessité de trouver les meilleurs moyens pour éviter que les feux ne se déclarent ou qu'ils se propagent », souligne Hervé Jonathan, qui rappelle que l'an dernier, seuls 128 hectares avaient brûlé et 1 000 ont été préservés. « Les résultats sont encourageants. Et cela fait des agriculteurs les principaux acteurs de la sécurité de leurs moissons, particulièrement dans les conditions actuelles », ajoute-t-il.
La canicule précoce a conduit le préfet à mettre en place, avec l'ensemble des partenaires du monde agricole, des recommandations pour limiter les risques en ce début de récolte. Il s'agit surtout d'éviter de moissonner entre 13 heures et 18 heures. « Si tout le monde joue le jeu, nous n'aurons pas besoin d'un arrêté d'interdiction, pointe-t-il. Cette recommandation est aussi une démarche de volontariat ».
Le colonel Bruno Hucher précise à son tour que le dispositif s'améliore chaque année. À l'image de l'application qui indique le degré de risque en fonction de chaque territoire, en intégrant de plus en plus de paramètres et une vision sur trois jours. Autant d'éléments qui permettent au Sdis de prépositionner des moyens en cas de risque identifié sur un secteur, pour agir rapidement et massivement. L'application du Sdis recense et localise aussi tous les agriculteurs de la cohorte et la géolocalisation des bouches d'irrigation disponibles.
Pour le président de la chambre d'Agriculture, Yohann Serreau : « 153 agriculteurs dans la cohorte, c'est bien, mais il n'y en a jamais assez car plus nous serons nombreux, plus nous couvrirons le territoire et meilleure sera la rapidité d'intervention. La seule contrainte est qu'il faut que les gens aient le matériel disponible, un tracteur avec un déchaumeur attelé, ou permettre l'accès à une bouche d'irrigation ».
Le président souligne aussi que « depuis cette année, le Sdis contacte directement les agriculteurs les plus proches et leur envoie la localisation du sinistre. De fait, quand on voit de la fumée dans la plaine, on ne sait pas si c'est à deux, cinq ou dix kilomètres, ni comment y aller. On gagne en rapidité, c'est un point primordial ».
83 irrigants inscrits
Concernant la cohorte d'irrigants lancée l'an dernier : « Ils sont 83 inscrits. C'est pratique pour les pompiers même hors moissons, ce n'est pas toujours facile en zone rurale de trouver assez d'eau à proximité des incendies. Il n'y a pas toujours le débit nécessaire. Alors qu'en zone d'irrigation, on a tout ce qu'il faut en dessous ».