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Aurélien Fleury, multiplicateur de semences

Installé à Maves, Aurélien Fleury dédie un tiers de sa sole à la production de semences certifiées.

Multiplicateur de semences certifiées à Maves, Aurélien Fleury déclare : «  Mon grand-père produisait des semences de céréales. Mon père a commencé les porte-graines en 1995 et j’ai continué  ». Les établissements semenciers sont arrivés dans le secteur au milieu des années 1970. La relative clémence du climat a attiré ces opérateurs. Or les semences sont sensibles aux aléas climatiques et le réchauffement du sol au printemps permet le redémarrage de la culture.

L’agriculteur indique  : «  En semences certifiées, on a accès aux nouvelles variétés. Produire uniquement des céréales classiques serait monotone. Grâce à ma panoplie, si une culture fonctionne moins bien une année, une autre prend le relais  ».

Notre interlocuteur produit des semences qui, l’année suivante, seront utilisées par des céréaliers, des particuliers et des industriels qui passent commande auprès des établissements semenciers. Pureté variétale, pureté spécifique et capacité germinative sont déterminantes. «  Si ces conditions ne sont pas remplies, le lot peut être refusé et je ne suis pas payé  », explique Aurélien Fleury. 

Lors de la récolte, entre chaque lot, il faut nettoyer la moissonneuse-batteuse, la remorque et l’unité de stockage. Pois potagers, haricots et radis partent quinze jours après en big-bags d’une tonne. Céréales et betteraves sont stockées dans des cellules pour une capacité totale de 600 tonnes. Les parcelles doivent être isolées et l’épuration du champ s’effectue manuellement. Quant au désherbage, la bineuse prend de plus en plus le relais des produits phytosanitaires et les finitions se font à la main.

Les semences représentent 30 à 40  % du chiffre d’affaires de l’agriculteur mavois.

Pour les radis, Aurélien Fleury sème trois rangs mâles et huit rangs femelles. La pollinisation s’effectue avec des abeilles et seuls les rangs femelles sont récoltés. Les rangs mâles sont broyés.

Pour les betteraves, c’est deux rangs mâles pour dix rangs femelles. Ici, le pollen voyage d’une plante à l’autre grâce au vent et les deux genres sont récoltés. La betterave est une plante bisannuelle. Semée fin août la première année, elle est récoltée le 15 août l’année suivante. «  En dehors d’un désherbage à l’automne, celle-ci n’est pas très compliquée à produire commente le multiplicateur. On la laisse monter à graine et, avec trois fongicides, on stoppe les maladies.  »

L’exploitation de notre interlocuteur se compose de trois types de sols  : argilo-limoneux profond, où on trouve les semences  ; argilo-calcaire moyennement profond  ; argilo-calcaire superficiel.

Cette dernière partie est laissée en jachère ou dédiée au triptyque blé, orge, colza. Les deux tiers des parcelles sont irriguées, dont celles accueillant les semences. Aurélien Fleury travaille avec deux établissements semenciers  : Vilmorin, basé en Anjou, et Deleplanque, qui possède une unité à Beauce-la-Romaine. Un technicien de chacun d’eux suit régulièrement les parcelles.

Lorsqu’on demande à Aurélien Fleury ce qu’est une bonne année, «  rien n’est acquis avant la récolte  », répond l’intéressé. Réglage de la moissonneuse-batteuse, météo ou autres influencent le résultat final. «  La semence doit germer et il y a un objectif de rendement  », indique le multiplicateur.

Qui ajoute  : «  Le radis, seul à offrir un prix garanti, est la culture qui évolue le plus car elle est sujette aux insectes. Or, à cause de la réduction du nombre de matières actives, on n’a plus de solution  ».

L’agriculteur poursuit  : «  Les semences ne supportent ni les excès d’eau ou de chaleur ni le froid matinal de juin. Une semence est plus fragile qu’une céréale classique. Cette culture comporte une part de risque  : il faut l’accepter  ».

Le matériel, spécifique, est en copropriété ou en Cuma. «  Sur le secteur de Mer, nous sommes plusieurs à produire des semences certifiées. Lors des récoltes, nous pratiquons l’entraide. (…) Les semences nécessitent beaucoup plus de travail que les céréales. Les contraintes résident dans le nettoyage, le suivi de la culture, le triage, etc. Je ne vais guère évoluer en surface.  »

Adhérent de la FNSEA 41 depuis son installation en 2001, Aurélien Fleury est impliqué depuis huit ans.

Récemment, il est devenu délégué titulaire du Syndicat d’exploitants agricoles de la communauté de communes Beauce-Val de Loire. «  Il est important d’être représenté, explique l’intéressé. Les principales problématiques en grandes cultures concernent les ZNT, le retrait des phytosanitaires et la concurrence des autres pays de l’Union européenne. Conséquence  : la production française est en péril et nous importons des produits qui ne sont pas soumis aux mêmes contraintes que les nôtres. Néanmoins, je garde espoir car nous nourrissons la planète. Nous devons être plus proches du consommateur. L’enjeu  : montrer que nous ne faisons pas n’importe quoi  !  ».

Accompagné d’une quinzaine de collègues, notre interlocuteur prévoit de monter une unité de méthanisation en 2022.

Montant de l’investissement  : 6,5 millions d’euros. Le dossier de financement a été déposé auprès de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe). Les porteurs du projet ont choisi le terrain. Reste à obtenir le permis de construire.

Par ailleurs, d’ici 2024, Aurélien Fleury passera en techniques culturales simplifiées. «  Je réduirai mes coûts de main-d’œuvre et ma consommation de carburant. Par un moindre travail du sol, j’en limiterai l’érosion et la battance. J’installerai un couvert végétal qui restera tout l’hiver.  »

Olivier Joly

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