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Aurore Quinton lancée dans la production de morilles

Sur son exploitation de Saint-Ange-et-Torçay (Eure-et-Loir), Aurore Quinton s’est engagée l'an dernier dans une production des plus délicates et unique en Eure-et-Loir, les morilles.

Le 10 avril, à Saint-Ange-et-Torçay. Aurore Quinton s'est lancée dans la production de morilles.
Le 10 avril, à Saint-Ange-et-Torçay. Aurore Quinton s'est lancée dans la production de morilles.
© H.C. - Horizons

Pour améliorer l'ordinaire de son exploitation de Saint-Ange-et-Torçay au cœur du Thymerais, Aurore Quinton a décidé après mûres réflexions de se lancer dans une diversification haut de gamme : la morille.

Dix-huit mois de réflexion

« C'est complexe mais très intéressant, estime la productrice. Nous avons réfléchi au sein du Gaec, étudié pendant dix-huit mois avant de nous lancer l'an dernier. Une première année qui n'a d'ailleurs pas été très bonne compte tenu des conditions climatiques. Ce ne sera pas encore suffisant cette année mais c'est mieux ».

Il faut dire que la morille est un champignon plutôt exigeant. Il lui faut des conditions particulières, de l'ombre pour commencer, et que la température n'excède pas 20 °C pendant la période de production. « Sinon il sèche », prévient Aurore Quinton qui a installé ses morilles sous des filets d'ombrage.

Le mycélium arrive sur un substrat début septembre, il est mis dans des petits pots en céramique que l'on met dans la terre sur laquelle il va se développer. Le sclérote apparaît en janvier ou février et, à l'occasion d'un redoux, les morilles sortent, minuscules d'abord. Après un mois et demi de croissance, la récolte peut commencer. Durant les huit semaines de production, il faut cueillir les champignons arrivés à maturité et les commercialiser dans la foulée pour qu'ils puissent se garder quelques jours dans le réfrigérateur du client.

L'agricultrice doit aussi faire attention à trouver les bons nutriments qui nourrissent les bactéries favorables au champignon. Elle utilise un compost végétal dont elle connaît la provenance, ou le fabrique elle-même, car certains sont antifongiques. Bien sûr, les intrants chimiques sont interdits, il faut cependant faire en sorte d'avoir le moins d'adventices et d'insectes possibles.

« Nous plantons deux variétés différentes, mais il en existe plus de 300. Nous avons essayé de décaler les plantations mais tout arrive en même temps… Nous devons encore nous perfectionner. Nous pouvons jouer sur l'hygrométrie, c'est tout un art… J'ai fourni un échantillon de morille de la forêt de Dreux à mon obtenteur qui va essayer de la multiplier. J'en cherche en provenance des bords de la Blaise pour se rapprocher de notre terroir ».

Au-delà des morilles fraîches, Aurore Quinton sèche une partie de sa production pour pouvoir en proposer toute l'année. « C'est un produit haut de gamme mais pas de luxe. Nous devons justifier la différence de tarif vis-à-vis des importations par la qualité. La priorité, ce sont les restaurateurs locaux », souligne-t-elle. Mais elle en propose aussi aux particuliers sur des marchés.

Rentabiliser

Pour rentabiliser ses investissements (serres, séchoir, irrigation, frigo), Aurore Quinton doit produire quelque 150 kilos de morilles chaque année. Ce qui n'est pas encore gagné…

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