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Coronavirus : quels impacts sur nos filières d’élevage ?

Un point sur les mesures prises pour le commerce et le transport d’animaux en France et en Europe.

© Archives - Illustration

Sur le commerce d’animaux vivants

À la suite du passage au stade 3 de l’épidémie, les mesures de restriction prises n’engendrent aucune modification sur les transports d’animaux, ni en France, ni vers les autres pays européens.

Il n’y a donc aucune restriction, la circulation reste autorisée, même vers l’Italie. Le 10 mars, l’Italie a signé un décret (valable jusqu’au 3 avril) stipulant qu’il n’y avait aucune restriction pour les livraisons d’animaux vivants vers l’Italie.

Certaines régions d’Italie sont soumises à la mesure suivante : éviter tout déplacement de personnes physiques à l’entrée et à la sortie des territoires concernés, ainsi qu’au sein de ces territoires, sauf pour les déplacements motivés par des exigences professionnelles ou des situations de nécessité.

Les camions peuvent donc circuler dans le pays pour autant que cela se limite à l’exigence de livraison ou d’enlèvement des produits. Ils doivent avoir les documents de transport habituels en règle. Comme à chaque livraison, il est essentiel que les opérateurs souhaitant expédier des animaux vers l’Italie s’assurent auprès de leurs contacts à destination qu’ils sont bien en capacité de recevoir les animaux.

Ainsi, à part des perturbations liées à la disponibilité des chauffeurs (aucune information à ce jour), il n’y a aucune raison valable pour que les acheteurs baissent les prix d’achat auprès des éleveurs.

Et en France ?

L’arrêt de la restauration va nécessairement provoquer un report sur la consommation à domicile et bouleverser l’organisation de la filière agro-alimentaire. Il y aura une période de transition des commandes et d’adaptation des flux, mais rien ne laisse envisager une réduction de la consommation. Enfin, pour les productions en cours, dans l’arrêté du 16 mars ne figure aucune restriction réglementaire sur le transport de fourrages et d’aliments, ni l’entretien et la réparation du matériel, ou sur les fournisseurs pour les exploitations agricoles.

Zoom sur la filière bovins

Les broutards français (engraissés en Italie) composent majoritairement les volumes de la grande distribution italienne. Ainsi, le report de la restauration sur la consommation à domicile devrait être bénéfique aux viandes françaises.

Nous devons tout de même avoir un point de vigilance sur les viandes d’autres origines, commercialisées principalement en restauration hors domicile, qui pourraient être bradées.

À la suite des premiers effets du coronavirus en Chine, les cours des ingrédients laitiers ont été affectés dès février. Dans le contexte actuel, cette baisse risque de se poursuivre, selon les mesures que prendront les différents pays, mais surtout selon la réaction des acheteurs sur le marché mondial, s’ils pensent qu’il y a un excès de disponibilités.

À l’heure actuelle, il n’y a aucune conséquence sur la production laitière elle-même.

Zoom sur la filière caprine - viande de chevreaux

La filière d’engraissement de chevreaux se retrouve déjà très impactée par les conséquences de l’épidémie de Covid-19. En effet, habituellement chaque année, plus de 50 % des chevreaux sont abattus pendant la période de Pâques.

Aujourd’hui, des commandes s’annulent déjà, les abatteurs craignent de devoir faire face à une situation de surstock en congélation, ce qui engendrerait des conséquences économiques.

Afin d’anticiper et de ne pas laisser les chevreaux dans les exploitations, les trois abatteurs français (Établissement Ribot, Loeul et Piriot, Palmid’or), à la suite d’une réunion avec Interbev et la Fnec, ont décidé de continuer à abattre tous les chevreaux en cours d’engraissement et ceux qui seront mis à l’engraissement jusqu’à Pâques.

A.P.

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