Portrait
Sébastien Dromigny : De la terre aux longues distances
Agriculteur, maire et engagé pour l’agriculture francilienne, Sébastien Dromigny mène aussi une vie d’athlète, entre course à pied, vélo et natation. À 50 ans, il s’apprête à disputer le championnat du monde d’Ironman 70.3 à Nice, avec une philosophie chevillée au corps : ne rien remettre à plus tard.
Agriculteur, maire et engagé pour l’agriculture francilienne, Sébastien Dromigny mène aussi une vie d’athlète, entre course à pied, vélo et natation. À 50 ans, il s’apprête à disputer le championnat du monde d’Ironman 70.3 à Nice, avec une philosophie chevillée au corps : ne rien remettre à plus tard.
Il y a ceux qui attendent d’avoir le temps, et ceux qui décident de le prendre. Sébastien Dromigny a choisi son camp. L’agriculteur francilien s’apprête à disputer, ce dimanche à Nice, le championnat du monde d’Ironman 70.3 : 1,9 km de natation, 90 km de vélo et 21,1 km de course à pied. Une épreuve exigeante, mais surtout une manière de se confronter à soi-même.
« Le sport a toujours fait partie du décor familial », confie-t-il, mais malgré le football, le judo, le rugby et une première découverte du triathlon au lycée, l’embonpoint s’installe dès l’enfance et les quelques années sans sport le portent jusqu’à 113 kilos. Le déclic survient un jour en développant des photos de vacances : « Je ne voulais pas qu’on dise à ma fille : ton papa, c’est le gros là-bas ». Sébastien se remet à courir, note ses chronos et très vite, s'engage dans la Course des remparts de Provins et le Semi-marathon de Paris. « À ce moment-là, je me dis que ceux qui participent à des marathons sont vraiment des grands malades ! » Quelques années plus tard, il en aura couru quatre, dont celui des Jeux olympiques de Paris.
Puis il y a le vélo. Un ami lui propose d’essayer. Et comme souvent dans son histoire sportive, une porte en ouvre une autre. Le triathlon, découvert furtivement en terminale, revient par hasard dans sa vie. Premier Ironman 70.3 à Vichy en 2021, puis Nice en 2022, les Sables-d’Olonne et Vichy en 2023. Une blessure au pied l’oblige ensuite à ralentir. Pas à arrêter, parce que chez lui, le sport n’est pas une parenthèse. C’est devenu une façon de vivre.
Même la ferme doit désormais composer avec les baskets et le vélo. Trois entraînements par semaine, soigneusement inscrits dans l’agenda car les journées de l'agriculteur sont bien remplies, lui qui est aussi maire et délégué spécial de la Région pour la marque Produit en Île-de-France. Il faut organiser, caler, tenir, pas question de laisser l’entraînement disparaître au gré des réunions.
Chez lui, aucune obsession du chrono. Sébastien Dromigny revendique une philosophie presque coubertinienne : participer, profiter, aller voir jusqu’où il peut aller. La compétition lui plaît, la victoire ne l’intéresse pas vraiment. Ce qu’il cherche est ailleurs : le plaisir, l’effort, cette longue traversée intérieure qu’autorise une épreuve où l’on passe des heures seul avec soi-même.
Le reste, il l’a appris en chemin, surtout la résilience. « Dans une situation difficile, je me dis toujours : ça va passer, il y a plus grave. » Et puis cette autre conviction, devenue presque une devise : « Il n’y a pas de plus tard. Plus tard, c’est trop tard ». Elle prend une résonance particulière lorsqu’il évoque la disparition de son père à 62 ans. « S’il avait attendu sa retraite pour vivre, il n’aurait jamais rien fait de sa vie ». Alors Sébastien avance, avec le soutien indéfectible de son épouse et de ses enfants, sans chercher à prouver quoi que ce soit. À lui-même peut-être, mais surtout pas aux autres.
À Nice, il prendra le départ sans pression. L’Ironman 70.3 qu’il devait disputer en juin a été annulé en raison de la canicule. Il s’est reporté sur Vichy en août. Il arrive aujourd’hui avec le sentiment d’avoir fait tout ce qu’il pouvait pour se préparer.
36 kilos ont disparu depuis ses 113 kilos. Il veille à son alimentation et à son hygiène de vie, sans renoncer aux plaisirs. Tout est affaire d’équilibre.
Et Sébastien Dromigny voit déjà plus loin. Il vient de s’inscrire à son premier full Ironman, l’été prochain, « une folie », souffle-t-il dans un sourire. À 50 ans, il se sent « en pleine possession de ses capacités » et n’a visiblement aucune envie de regarder passer le temps.
Hors champ
Visionnez notre interview décalée de Sébastien Dromigny, agriculteur et athlète :