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Syndicalisme
FNSEA 41 : la colère toujours bien présente

Lundi 30 mars devant la préfecture de Blois (Loir-et-Cher), les agriculteurs de la FNSEA 41 et de Jeunes agriculteurs ont alerté les pouvoirs publics sur une situation économique jugée critique. Une mobilisation symbolique, avant une rencontre avec les services de l’État, sur fond de hausse des coûts de production.

Lundi 30 mars, à Blois. FNSEA et JA 41 ont mis en place une action devant la préfecture, avant une réunion avec ses services, en présence de Sandrine Reverchon-Salle, directrice de la DDT 41.
Lundi 30 mars, à Blois. FNSEA et JA 41 ont mis en place une action devant la préfecture, avant une réunion avec ses services, en présence de Sandrine Reverchon-Salle, directrice de la DDT 41.
© L.B. - Horizons

Lundi 30 mars, en amont de leur rencontre avec les services de la préfecture de Loir-et-Cher et la directrice de la DDT, Sandrine Reverchon-Salle, les représentants de la FNSEA 41 et de JA 41 ont mené une action devant la préfecture de Blois.

Des agriculteurs avaient déployé des banderoles aux slogans explicites. « Explosion des charges : carburant + 100 %, engrais + 50 % = + 20 000 euros par an tous les 100 hectares », pouvait-on lire. D’autres messages dénonçaient les accords commerciaux internationaux : « Impuissance alimentaire : Ursula + Mercosur + accord Australie, Macron = souveraineté anéantie, mort des agriculteurs ».

La directrice de la DDT 41 est venue sur place échanger directement avec les agriculteurs avant la réunion. « L’objectif est avant tout d’écouter les agriculteurs et de faire remonter les informations au niveau national, car nous, au niveau local, nous n’avons pas toutes les clés », a-t-elle indiqué.

Des exploitations sous pression économique

Cette mobilisation intervient dans un contexte économique particulièrement tendu pour les exploitations agricoles, comme le souligne le communiqué diffusé quelques jours plus tôt par les syndicats. Les chiffres avancés témoignent d'une dégradation durable. Les revenus des exploitations spécialisées en grandes cultures sont négatifs depuis trois ans, et l’année 2026 s’annonce dans la même tendance. Dans le même temps, les prix des céréales ne compensent pas la hausse des coûts de production, avec notamment une baisse de 14 % du prix du blé tendre depuis 2024.

Des charges en forte hausse

En première ligne, le carburant et les engrais. Le prix du GNR a bondi de plus de 100 % en quelques semaines, générant un surcoût estimé à 65 euros/ha, soit environ 6 500 euros par an pour 100 hectares. À cela s’ajoute la hausse des engrais, avec un surcoût atteignant 130 euros/ha, soit 13 000 euros supplémentaires par an pour 100 hectares. Au total, ces deux postes représentent à eux seuls près de 19 500 euros de charges annuelles supplémentaires. Selon la FNSEA 41 et les JA 41, ce montant correspond à peu près aux aides perçues via les droits à paiement de base de la PAC, désormais entièrement absorbées par cette hausse. « Dans ces conditions, l’équation économique ne tient plus », alertent les organisations.

Inquiétudes autour du Mercosur

Les agriculteurs dénoncent également les orientations commerciales européennes. La perspective d’accords comme le Mercosur ou celui avec l’Australie alimente un sentiment d’incompréhension et une concurrence jugée déloyale. Présent lors de la mobilisation, Pierre Bourbon, éleveur, a exprimé ses craintes : « Dans cinq ans, ce sera terrible et cela va faire très mal à l’élevage français ». Face à cette situation, la FNSEA 41 et JA 41 demandent des mesures concrètes : un bouclier contre la hausse des charges, des compensations liées aux mécanismes carbone, mais aussi une protection face aux distorsions de concurrence. « Les agriculteurs sont à bout », préviennent-ils, appelant à des décisions rapides pour préserver la viabilité des exploitations et, plus largement, la souveraineté alimentaire.

Voir aussi DEP : une avancée syndicale majeure pour l'agriculture

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