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FNSEA et JA 28 : un vendredi de forte mobilisation à Chartres

Près de 200 adhérents de la FNSEA et de Jeunes agriculteurs d'Eure-et-Loir se sont mobilisés vendredi 9 janvier sur la rocade et devant la préfecture à Chartres.

« S'il y a du monde comme ça, c'est qu'il y a de la colère », pose le président de Jeunes agriculteurs d'Eure-et-Loir, Sylvain Marcuard, en marge de l'action du vendredi 9 janvier à Chartres. De fait, inscrite dans le cadre du marathon de mobilisations porté par la FNSEA, on peut dire que celle des adhérents euréliens des deux syndicats a été particulièrement forte.

Ronds-points occupés

Tout commence dès 8 heures par l'occupation de trois ronds-points de la rocade de Chartres, celui des Propylées, celui de la route de Tours à Barjouville et celui de la route du Mans à Lucé. Venant des quatre coins du département, une grosse soixantaine de tracteurs et près de 200 adhérents s'y installent.

Des feux de la colère sont allumés, alimentés par des bennes de coupes de bois et de déchets. Ils donnent une visibilité au mouvement et réchauffent les agriculteurs. Aux Propylées, le vent de traîne de la tempête Goretti rabat les fumées sur la route de Paris, ce qui perturbe un peu la circulation, dense à cette heure. Mais il n'est pas question de bloquer le trafic, d'ailleurs de nombreux automobilistes et routiers manifestent clairement leur soutien en passant.

Puis en fin de matinée, c'est vers la préfecture d'Eure-et-Loir que tout le monde converge pour le moment fort de cette mobilisation. Tandis qu'un barbecue est allumé, un mur de palox est dressé devant la préfecture. Il symbolise la frontière qui devrait protéger les agriculteurs contre les importations qui ne respectent pas nos normes de production.

« C'était important pour nous d'être visibles des Euréliens, qu'ils se sentent concernés, explique le président de la FNSEA d'Eure-et-Loir, Bertrand Petit. La journée est symbolique car c'est aujourd'hui que doit être ratifié l'accord du Mercosur. La colère persiste, il y a une perte de confiance envers les politiques, les gens ne savent plus à quoi se raccrocher. Le but de l'action est de maintenir la pression sur le gouvernement. Cette lettre envoyée par le Premier ministre aux agriculteurs… beaucoup ont eu le sentiment qu'il se moquait de nous ».

Voir aussi [VIDÉO] Plus de 400 tracteurs sont entrés dans Paris

Tandis que tout le monde est rassemblé place de la République, le préfet d'Eure-et-Loir, Hervé Jonathan, vient à la rencontre des agriculteurs. Il écoute ces jeunes qui lui disent qu'ils vivent dans l'incertitude, sans perspective, que l'État doit agir maintenant, avant que la moitié des agriculteurs se soient « foutus en l'air ou arrêtent ». D'autres lui pointent des problématiques plus locales comme l'absence de solution de désherbage ou de gestion de l'eau sur les zones de captage…

Les manifestants reçoivent aussi le soutien des parlementaires. Les députés de la circonscription de Dreux, Christelle Minard, et de celle de Châteaudun, Philippe Vigier, se mêlent aux conversations. Ce dernier le répète : « Le Mercosur, nous n'en voulons pas. Nous sommes là pour défendre notre souveraineté alimentaire et donc notre agriculture ».

Après ce rassemblement en centre-ville et s'être restaurés, nombreux sont ceux qui ne veulent pas en rester là. Alors un cortège s'organise qui mènera à une opération escargot sur la rocade avant un dernier rassemblement sur le rond-point de Barjouville. De là, quelques-uns partiront bloquer les entrées d'autoroute au nord et au sud de Chartres… avant de profiter du week-end pour reprendre des forces.

Car de fait, les promesses ayant fait long feu, tous demandent des mesures gravées dans le marbre. Aussi, autant qu'il le faudra, les mobilisations vont se poursuivre, à Paris mardi ou à Strasbourg le 20 janvier

Lire aussi Tous à Strasbourg mardi 20 janvier

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