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Syndicalisme
FNSEA et Jeunes agriculteurs d'Eure-et-Loir en action chez Carrefour à Chartres

Pour dénoncer la censure d'une partie de la loi Duplomb par le Conseil constitutionnel et sensibiliser le grand public sur ses conséquences, la FNSEA et Jeunes agriculteurs d'Eure-et-Loir investissent, vendredi 29 août, les rayons du magasin Carrefour de Chartres.

« On interdit aux agriculteurs français ce que l'on accepte sur les produits importés ». C'est pour expliquer aux consommateurs cette hypocrisie, la double peine qu'elle inflige aux exploitants et la menace qu'elle fait planer sur la souveraineté alimentaire de l'Hexagone, qu'une trentaine de membres de la FNSEA et de Jeunes agriculteurs d'Eure-et-Loir se rendent au sein de l'enseigne chartraine Carrefour, vendredi 29 août.

Des chariots pleins

Ainsi, dans les rayons du magasin, les manifestants, après avoir scruté leur composition, prélèvent un exemplaire de chaque produit contenant du sucre ou des noisettes. En peu de temps, biscuits, sodas, pains de mie, paquets de céréales, confitures, conserves, sauces, pâtes à tartiner, alcools… remplissent une demi-douzaine de chariots. Toute cette marchandise est ensuite étalée dans l'allée centrale afin que chacun puisse prendre la mesure de la diversité des produits concernés.

Parallèlement, l'ensemble des produits contenant des substances interdites d'usage par les agriculteurs mais autorisés à la vente aux consommateurs, est retiré des rayons. De quoi remplir deux chariots d'insecticides, répulsifs et autres colliers anti-puce. Les deux syndicats dénoncent ainsi l'hypocrisie de certaines règles. « Il y a sûrement des gens qui ont signé la pétition pour le retrait de la loi Duplomb et qui ont ces produits chez eux », ironise un manifestant.

Les agriculteurs profitent de leur action pour répondre aux quelques questions des clients qui s'interrogent sur leurs motifs. Ils insistent sur la distorsion de concurrence induite par l'interdiction de certains moyens de production par rapport à l'ensemble de leurs voisins européens. Ils utilisent la métaphore d'un garagiste français qui n'aurait qu'une simple pompe à vélo pour gonfler les pneus quand ses collègues européens pourraient utiliser un compresseur… Ils soulignent aussi que les molécules interdites ici reviendront par les produits importés. « Et ce n'est pas fini, après ça il y aura le Mercosur qui va peser sur notre production de viande », glisse un agriculteur.

Les mêmes moyens

« Notre objectif est d'alerter les consommateurs, pose le président de la FNSEA d'Eure-et-Loir, Bertrand Petit. Nous voulons que l'agriculture française dispose des mêmes moyens de production que les autres pays d'Europe. Il y a une molécule en jeu, certes, mais elle est autorisée jusqu'en 2033 partout en Europe. Et ce que l'on souhaite fortement, c'est qu'il y ait plus de contrôles sur les produits importés. Ce qui est interdit chez nous ne devrait pas pouvoir entrer. Nous appelons les pouvoirs publics à garantir une concurrence loyale entre producteurs européens. Notre action n'est pas politique mais la mobilisation indispensable ».

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