Aller au contenu principal

Maraîchage
La cueillette au cœur du modèle de Sébastien Leconte

À Saint-Cyr-en-Val (Loiret), Sébastien Leconte développe depuis 2019 une ferme innovante de 30 hectares axée sur la cueillette en libre-service, mêlant diversité, vente directe et pédagogie.

Installé depuis 2019 à La Bernardière, à Saint-Cyr-en-Val (Loiret), Sébastien Leconte a su imposer un modèle maraîcher à part : une exploitation intégralement orientée vers la cueillette en libre-service, avec un lien direct entre producteur et consommateur. Sur une surface de 30 hectares de SAU, dont 25 actuellement cultivés, il propose une offre riche et saisonnière, fondée sur la diversité, la proximité et la transparence.

Une production diversifiée en accès direct

La ferme propose jusqu’à 45 cultures différentes selon les années, ouvertes au public d’avril à novembre. Fraises, asperges, tomates, maïs doux ou encore haricots verts constituent les produits phares. D’autres légumes, comme les salades, navets ou aromatiques (persil), complètent l’offre, permettant au maraîcher de répondre à une demande variée.

Certaines cultures sont volontairement exclues de la cueillette par souci de qualité : « Les asperges, les pommes de terre ou les courges ne sont pas en libre accès, sinon les pertes seraient trop importantes », explique-t-il. Ces productions font tout de même partie de la gamme proposée à la vente dans le magasin de l’exploitation, ouvert jusqu’à Noël.

Modernisation et croissance

Lorsqu’il reprend l’exploitation en 2019, aucune serre n’est en place. Depuis, Sébastien Leconte a investi pour améliorer ses outils de production, développer de nouvelles cultures et gagner en efficacité. Une équipe de trois saisonniers l’accompagne sur la mise en culture, l’entretien quotidien et la récolte des produits les plus sensibles. En six ans, il estime avoir augmenté son activité de 30 %.

Une commercialisation directe maîtrisée

L’un des points forts du modèle est l’autonomie commerciale. « Je fixe mes prix. Il n’y a pas d’intermédiaire », résume-t-il. Cela permet d’ajuster les tarifs en fonction des rendements, tout en maintenant un prix juste. Exemple concret : les fraises se vendaient 5,50 e/kg en 2024 après une saison difficile, contre 4,50 e/kg en 2023, un prix auquel il espère revenir cette année si les conditions sont bonnes.

Les prix restent stables tout au long de la saison, et des tarifs dégressifs sont proposés aux clients qui achètent en grande quantité. Une manière de fidéliser une clientèle composée de retraités (40 %), de familles (20 %), mais aussi de consommateurs « gros volumes » (20 %) qui viennent à des périodes clés.

Un outil d’éducation et de lien social

Au-delà de l’acte d’achat, la cueillette devient un moment de transmission. Pour les familles, c’est l’occasion d’apprendre aux enfants à reconnaître les saisons, les produits, et à comprendre d’où vient ce qu’ils mangent. « On remet un peu de bon sens paysan dans les assiettes », note-t-il.

Sébastien Leconte en profite aussi pour parler de son métier et expliquer son choix de l’agriculture raisonnée : « Si je n’ai pas besoin de traiter, je ne traite pas. Mais si je dois le faire, je garde toujours un pied témoin non traité. Ça me permet de montrer pourquoi certaines décisions sont prises ». Une approche pédagogique bienvenue à l’heure où les idées reçues sont nombreuses sur les pratiques agricoles.

Communication locale et proximité

Pour entretenir le lien avec sa clientèle, la communication digitale est devenue incontournable. C’est sa sœur qui s’en charge, en relayant actualités, alertes sur les produits mûrs, ou rappels d’ouverture. Une stratégie efficace pour garder le contact avec une clientèle de plus en plus connectée. « Il faut rappeler aux gens qu’on est là ! », résume-t-il.

En combinant pragmatisme économique, qualité de la relation client et transmission des valeurs agricoles, Sébastien Leconte fait de son exploitation un exemple local d’agriculture ouverte, moderne et ancrée dans son territoire.

Cueillette La Bernardière, 447 rue de Ligny 5900 Saint-Cyr-en-Val.

Horaires d’ouverture du magasin : lundi, mercredi, vendredi de 14 heures à 18 heures et le samedi de 9 heures à 12 h 30.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Horizons

Les plus lus

Annie Genevard, ministre de l'Agriculture s'est rendue en Loir-et-Cher, vendredi 10 avril pour écouter le monde agricole loir-et-chérien et apporter ses solutions en présence de Joseph Zimet, préfet de Loir-et-Cher.
Annie Genevard en Loir-et-Cher pour écouter le monde agricole et apporter ses solutions
Annie Genevard était en Loir-et-Cher, vendredi 10 avril. Elle a rencontré les représentants de l’AOP Selles-sur-Cher au sein…
Le 10 avril, à Chartres. Jean-Paul Moktar (au c.) a présidé la 100e assemblée générale de la fédération départementale des Chasseurs d'Eure-et-Loir.
La Fédération départementale des chasseurs d'Eure-et-Loir fête ses 100 ans
La Fédération départementale des chasseurs d'Eure-et-Loir a célébré ses 100 ans lors de son assemblée générale annuelle le…
Vendredi 24 avril, à Chambord. Hubert-Louis Vuitton, président de la FDC 41, a présidé l'assemblée générale du centième anniversaire.
La Fédération de chasse de Loir-et-Cher fête son centenaire à Chambord
La Fédération départementale des chasseurs de Loir-et-Cher (FDC 41) a fêté ses 100 ans au sein du château de Chambord vendredi 24…
Vulaines-lès-Provins, vendredi 17 avril. Brice De Bisschop termine la visite de son exploitation par les serres, une diversification datant de 2022.
Valérie Pécresse en visite dans des exploitations agricoles seine-et-marnaises
La présidente de la Région Île-de-France, Valérie Pécresse, a effectué trois visites dans des exploitations agricoles vendredi 17…
La récolte des asperges se fait entièrement à la main, avec l’appui d’une machine qui soulève la bâche et limite le port des caisses.

Les asperges de Jeanne lancent leur saison
À Traînou, la campagne 2026 des asperges a démarré dans des conditions jugées « normales ». Sur deux hectares, cette exploitation…
À Angerville (Essonne), vendredi 24 avril. Les agriculteurs associés au projet de méthanisation ont inauguré leur unité de production Méthagase en présence d'élus agricoles et territoriaux.
Essonne : un nouveau maillon énergétique avec Méthagase
Inauguré vendredi 24 avril à Angerville (Essonne), porté par sept agriculteurs, le méthaniseur Méthagase produit du…
Publicité