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La Cuma de Teillay-Saint-Benoist se dote d'une nouvelle moissonneuse-batteuse

L'entité, qui faillit disparaître en 2009, entamera la prochaine campagne avec une nouvelle machine : zoom sur le montage financier.

Michel Pilloy : « Nous sommes une jeune Cuma, dans sa nouvelle configuration. »
Michel Pilloy : « Nous sommes une jeune Cuma, dans sa nouvelle configuration. »
© Olivier JOLY

La Cuma de Teillay-Saint-Benoist a renouvelé sa moissonneuse-batteuse en août dernier, après les récoltes. «L'ancienne machine avait fait quatre campagnes : 2011, 2012, 2013 et 2014» explique Michel Pilloy, le président.

Ce dernier soulève deux hypothèses : «Soit on revend vite et on achète une machine neuve, ce qui limite les pannes. Soit on fait durer mais en risquant des frais.» En ayant opté pour le premier scénario, «on est gagnant sur toute la ligne» juge le dirigeant. L'ancienne machine a été revendue «facilement» à un agriculteur tiers pour un montant de 135.000 EUR. Ce qui a permis d'alléger le poids du nouvel investissement : 202.500 EUR. Sur l'ancien emprunt, il restait 67.500 EUR à rembourser. Le montant de l'opération s'établit donc à 135.000 EUR. Avec un taux d'intérêt de 0,8% contre 1,57% dans la précédente configuration. «En général, le rachat d'un prêt revêt un coût. Pas là. Nous sommes restés avec le même opérateur.» Un projet de sept ans. Une durée analogue à son devancier. Jusqu'à présent, le coût de la récolte s'élevait à 95 EUR/ha. Carburant compris. Hors main-d'oeuvre : chaque agriculteur conduit la machine. Avec l'ancienne moissonneuse-batteuse, la dotation aux amortissements, c'est-à-dire les frais fixes, s'élevait à 26.500 EUR/an. Dans le nouveau schéma, ce chiffre passe à 20.000 EUR/an. «Conséquence, notre coût à l'hectare devrait diminuer» indique Michel Pilloy. Le nouvel engin, de marque John-Deere et de type S660, présente une puissance de 350 CV pour une largeur de travail de 6,70 m et un débit de 2,5 ha/heure. Une machine analogue à la précédente : «Nous en étions satisfaits et, avec la nouvelle machine, nous espérons corriger certains défauts.» Citons la puissance du moteur, dopé de 30 CV : «Nous devrions gagner 10 % en débit de chantier.» Autre point de faiblesse : le broyage de la paille. Or la nouvelle machine voit son nombre de couteaux passer de quarante-deux à cent : «La paille sera plus fine : cela nous aidera pour la culture suivante.» La surface engagée est de 342 ha et chaque agriculteur prend des parts sociales en fonction de sa contribution à celle-ci : trois parts sociales par hectare à raison de 16 EUR la part, soit un coût de 48 EUR de l'hectare pour un capital social de 16.416 EUR. Cet autofinancement représentait 10 % du coût d'acquisition de la première moissonneuse-batteuse, en 2011. «La machine ne sert que pour les céréales à paille : aucun adhérent ne fait de maïs ou de tournesol et une Cuma n'a pas le droit de faire de la prestation de service. Ce qui explique notre coût de revient de 95 EUR/ha. Mais nous avons une machine disponible sur place : un confort de travail et une souplesse d'organisation. En outre, avec un amortissement sur sept ans, même à la fin, la moissonneuse-batteuse aura encore de la valeur.»

Un système remis en cause

À l'origine, l'entité, créée en 1958, était dédiée au matériel. L'irrigation fit son apparition en 1963 et, pendant longtemps, ce fut la seule activité. Avec quatre membres. En 2007, un agriculteur prit sa retraite. Or, en Cuma, il faut être au moins quatre... «La Cuma a failli disparaître. Par un heureux hasard, en 2009, trois agriculteurs extérieurs à la coopérative étaient intéressés par du matériel betteravier.» La Cuma investit 105.000 EUR dans une automotrice d'occasion. Pour le capital social, c'est le même système que pour la moissonneuse-batteuse. «Depuis, la Cuma se développe avec pratiquement un investissement par an.» En 2012, 2,5 km de réseau furent refaits et enterrés. Montant des travaux : 30.000 EUR. «À l'origine, les charges fixes et les charges variables étaient confondues : on divisait le coût total par le nombre de mètres cubes consommés chaque année.» Un système remis en cause suite à une réunion d'équipe en octobre 2014. «Nous étions la seule Cuma à fonctionner de la sorte et nous n'avions jamais eu de problème. Or 2014 fut une année atypique : un adhérent n'avait pratiquement pas irrigué alors qu'un autre se lançait dans la pomme de terre.» Désormais, les charges fixes (location du compteur, amortissement, etc.) sont calculées à la surface engagée : soit 26 EUR/ha en 2014 pour un coût total de 9.100 EUR. Quant aux charges variables (consommation d'eau, redevance à l'Agence de Bassin et facture d'électricité), elles sont facturées au mètre cube consommé : 80.000 m3 en 2014 à 56 EUR les 1.000 m3.

Quid des projets ? «Nous sommes une jeune Cuma, dans sa nouvelle configuration répond Michel Pilloy. Sur le plan philosophique, c'est une copropriété avec un cadre : un équilibre que nous souhaitons préserver.» Notre interlocuteur, en retraite depuis décembre, laissera probablement sa place lors de la prochaine assemblée générale, en février 2016.

La Cuma en un coup d'oeil

o Appellation : Cuma de Teillay-Saint-Benoist.
o Siège social : Teillay-Saint-Benoist (commune associée à Crottes-en-Pithiverais).
o Année de création : 1958.
o Président : Michel Pilloy (depuis 1990).
o Nombre d'adhérents : 9.
o Chiffre d'affaires 2014 : 81.000 EUR.
o Matériel : une moissonneuse-batteuse, une automotrice à betteraves, un semoir à betteraves douze-rangs, un broyeur, un jeu de rouleaux et un déchaumeur à disques.
o Surface irriguée : 350 ha. Un forage. Un réseau enterré de 10 km (chaque adhérent possède son propre matériel d'irrigation).
o Surface betteravière : 138 ha.
o Surface céréalière : 342 ha.

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