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À la recherche d’une troisième voie en agriculture

Le groupe Agriculture de conservation des sols d’Eure-et-Loir et la chambre d’Agriculture ont organisé une soirée-débat autour du film Bienvenue les vers de terre !, le 15 avril à Chartres.

À l’initiative du Groupe de conservation des sols et de la chambre d’Agriculture d’Eure-et-Loir, le film Bienvenue les vers de terre  ! était projeté le 15 avril au cinéma Les Enfants du Paradis à Chartres, l’occasion de susciter une discussion.

Réalisé à destination du grand public par François Stuck avec les associations Clé de sol et IDÉtorial, le film a présenté l’agriculture de conservation des sols, basée sur le semis direct sous couvert.

Cette technique a pour objectif de rendre le sol plus riche et plus fertile, en y favorisant la vie — et notamment la venue des vers de terre — en arrêtant de labourer. Se proposant comme une troisième voie entre les agricultures conventionnelle et biologique, l’agriculture de conservation s’adapte à toutes les productions agricoles, ou presque.

D’ailleurs, les agriculteurs présents à l’écran travaillaient dans des filières différentes.

Les questions ont fusé de la salle comble pendant le débat qui a suivi le film. Les agriculteurs présents ont voulu savoir par où commencer s’ils désiraient se lancer.

Sarah Singla, agricultrice en Ardèche et spécialiste de ces techniques, a insisté sur l’importante pour les «  novices  » de se tourner vers les agriculteurs chevronnés en agriculture de conservation afin de profiter de leurs recommandations et de gagner du temps. Elle s’est voulue rassurante  : «  La nature n’est pas rancunière, très rapidement des résultats apparaissent. C’est très encourageant  ».

Le public, lui, voulait savoir s’il était possible d’arrêter le glyphosate avec ce type d’agriculture.

Après avoir déconstruit le mythe de «  l’agriculteur empoisonneur  » et rassuré les consommateurs — un agriculteur utilise moins de 1,5 l/ha de glyphosate — Sarah Singla a expliqué qu’il valait mieux avoir recours à un peu de chimie plutôt que désherber mécaniquement son champ et risquer d’abîmer ses sols en profondeur.

Pour les agriculteurs désirant passer de l’agriculture conventionnelle à l’agriculture biologique, l’agriculture de conservation apparaît comme une étape indispensable pour mieux connaître ses sols et détecter les signaux d’alerte d’une terre malade. En plus de redonner souffle et vie à la terre, les champs cultivés avec des semis direct sous couvert invitent la faune en quête de nourriture.

D’un point de vue économique, la réduction des coûts de mécanisation, d’insecticides et de fongicides permet de faire de réelles économies, qui viennent compenser la baisse de rendement des parcelles.

Mais la projection du film et le débat avaient également vocation à combattre l’agribashing ambiant.

Rappelons que l’agribashing est le dénigrement systématique, tout particulièrement dans les médias, de l’agriculture, aussi bien dans sa pratique que dans son bien-fondé.

Face à la contestation de plus en plus forte et visible du mode de production agricole conventionnel, Sarah Singla a prôné l’agriacting  : apprendre à communiquer positivement sur les pratiques de l’agriculture pour expliquer ce qui est fait. Par la reconstruction d’un dialogue, il s’agit de réinstaurer la confiance «  entre deux mondes qui ne se parlent pas  », a-t-elle expliqué.

Mais lundi soir le grand public était là, attentif et à l’écoute aux côtés des agriculteurs, tous conscients de l’importance de répondre aux enjeux d’une agriculture de qualité.

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