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La sécheresse s’invite à la Chambre

Les membres de la chambre d’Agriculture d’Eure-et-Loir ont été réunis en session le 24 septembre, autour d’un ordre du jour dominé par les conséquences de la sécheresse ou les dispositions législatives qui engendrent des distorsions de concurrence.

Le 24 septembre, à Chartres. La préfète d’Eure-et-Loir, Sophie Brocas, a assisté aux travaux de la session des membres de la chambre d’Agriculture.
Le 24 septembre, à Chartres. La préfète d’Eure-et-Loir, Sophie Brocas, a assisté aux travaux de la session des membres de la chambre d’Agriculture.

« Je ne peux faire autrement que de souligner la sécheresse exceptionnelle qui nous touche depuis plus de trois mois », souligne le président de la chambre d’Agriculture d’Eure-et-Loir, Éric Thirouin, en ouverture de son tour de l’actualité agricole lors de la session de ses membres, réunis le 24 septembre à Chartres.

Il précise : « L’Eure-et-Loir est un des départements les plus touchés. La situation est préoccupante pour les éleveurs d’abord. Nous avons calculé que pour une ferme laitière moyenne, le déficit fourrager approche les cent cinquante tonnes de matière sèche, soit un manque de produits fourragers estimé déjà à dix mille euros ».

Aussi, pour lui : « Tous les leviers doivent être activés en urgence : classement en calamité, dégrèvement de TFNB, prise en charge de cotisations sociales et installation d’une cellule de crise ». Ces conditions météorologiques ont également un impact sur l’implantation des SIE : « Aussi nous demandons des dérogations sans condition pour cas de force majeure. Ces dérogations doivent être accordées systématiquement à tous les exploitants du département sans autre procédure administrative ». 

Se tournant vers la préfète, Sophie Brocas, qui assiste aux travaux : « Dans tous les cas, la déclaration de notre département en cas de force majeure pour sécheresse est incontournable et ne dépend pas de Bruxelles ».

Autre sujet de préoccupation pour le président de la Chambre, l’explosion des dégâts de sangliers : « Force est de constater que leur population n’est pas suffisamment régulée. L’État doit garder un rôle en la matière : maintien du sanglier en espèce nuisible, plan de prélèvement approuvé par le préfet, tirs de destruction et battues administratives ».

Une gestion d’autant plus indispensable depuis l’arrivée de cas de peste porcine sur le territoire belge. « Nous devons empêcher toute contamination de nos élevages », pointe-t-il.

Ensuite, Éric Thirouin relève un nouvel élément de distorsion de concurrence avec nos voisins européens. De fait, actuellement, les entreprises agricoles bénéficient d’un allégement de charges pour l’emploi de travailleurs occasionnels demandeurs d’emplois (Tode), qui s’ajoute au CICE.

Or cette mesure risque d’être supprimée dans la prochaine loi de finances, compensée par des mesures de baisse de charges pour les travailleurs permanents : « Rien n’a été prévu pour les travailleurs saisonniers, soit une hausse de charges de l’ordre de 189 euros par mois par travailleur. L’Eure-et-Loir est particulièrement concerné puisqu’on y dénombre plus de trois mille saisonniers. Nous ne pouvons tolérer une telle distorsion de concurrence ».

Le président de la Chambre relève également le fait qu’aucune dérogation ne soit accordée pour l’utilisation de néonicotinoïdes, alors qu’elles étaient prévues par la loi jusqu’en 2020 en cas d’impasse technique ou économique. « Or, sur les cultures de betteraves, d’orge ou de maïs, les impasses sont là. Le Gouvernement ne respecte pas la loi ».

Enfin, au sujet de celle issue des États généraux de l’alimentation, Éric Thirouin estime que le compte n’y est pas : « La rédaction du texte est faible et en dessous des enjeux », souligne-t-il, mais se félicite que l’interdiction du glyphosate sous trois ans ne soit pas gravée dans le marbre.

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