Enseignement
Le Chesnoy fait sa rentrée entre nouveautés et découverte des métiers
À Amilly (Loiret), la rentrée du lycée agricole Le Chesnoy est marquée par l’arrivée d’un enjambeur autonome et par de nouvelles actions tournées vers les scolaires. L’établissement veut adapter ses formations aux mutations de l’agriculture et mieux faire connaître ses métiers.
À Amilly (Loiret), la rentrée du lycée agricole Le Chesnoy est marquée par l’arrivée d’un enjambeur autonome et par de nouvelles actions tournées vers les scolaires. L’établissement veut adapter ses formations aux mutations de l’agriculture et mieux faire connaître ses métiers.
Au lycée agricole Le Chesnoy, à Amilly (Loiret), la rentrée 2026 se tourne vers l’avenir. Pour Cédric Avril, directeur de l’établissement, deux enjeux se dessinent : former les élèves aux nouvelles technologies et susciter des vocations auprès d’un public qui connaît peu les métiers agricoles. Ce second défi prend de l’ampleur avec le recul démographique. Selon les projections présentées par Cédric Avril, les lycées de la région Centre-Val de Loire devraient perdre 8 % de leurs effectifs d’ici 2035. Le nombre de jeunes susceptibles de rejoindre l’enseignement agricole va se réduire. « Plus qu’un établissement de formation, nous devenons des ambassadeurs auprès des futurs élèves », résume le directeur. Le Chesnoy veut faire connaître les métiers de l’agriculture, de la forêt, du paysage, de l’environnement et des laboratoires.
Accueillir les scolaires sur le terrain
Le programme « Pour quoi ça pousse ? », développé avec la chambre d’Agriculture du Loiret, doit permettre d’accueillir des écoliers dans l’établissement. Les animations se tiendront dans les salles et sur l’exploitation agricole. Le choix du Chesnoy doit apporter du concret aux interventions. Les enfants pourront découvrir les animaux et la plateforme expérimentale Graines d’avenir. Ils observeront des cultures, des semences, des essais ou des moutons après les présentations en classe. « Des moutons ou une plateforme expérimentale, c’est difficilement déplaçable », souligne Cédric Avril. La venue des enfants sur le site doit leur permettre de mieux comprendre les sujets abordés.
Le lycée travaille avec la Région Centre-Val de Loire pour toucher les collégiens. Après une première expérience menée avec le collège Pablo-Picasso de Chalette-sur-Loing, d’autres établissements doivent être accueillis au cours de l’année. Les élèves de 4e et de 3e participeront à un jeu de piste dans le lycée. Des QR codes les conduiront d’un atelier à l’autre. Ils pourront entrer dans les laboratoires, utiliser des microscopes et découvrir les formations liées à l’agriculture, à la forêt ou au paysage.
Cette formule doit montrer que l’enseignement agricole ne conduit pas au seul métier d’agriculteur. Elle permet aux collégiens de découvrir des secteurs et des activités avant de choisir une formation. Pour Cédric Avril, une immersion au Chesnoy offre une vision plus précise qu’un passage dans un grand salon d’orientation. « Quand un élève de 3e arrive dans un forum sans idée précise, je ne suis pas certain qu’il en reparte avec davantage d’idées », estime-t-il. Le lycée souhaite organiser ces rencontres avant le mois de mars. À cette période, les jeunes commencent à construire leur orientation et les familles préparent les dossiers d’affectation. Les manifestations organisées en juin arrivent trop tard pour peser sur leurs choix.
La robotique entre dans les formations
L’autre nouveauté de la rentrée se trouve sur l’exploitation du lycée. Un enjambeur électrique, autonome et radiopiloté a été livré au Chesnoy la semaine dernière. D’une valeur d’environ 250 000 euros, il a été confié à l’établissement dans le cadre d’un mécénat de Promodis. « Sans ce mécénat, nous n’aurions jamais pu acquérir un tel matériel », reconnaît Cédric Avril. Les enseignants ont commencé à se former à son utilisation. L’arrivée de l’enjambeur répond à la rénovation du BTS Génie des équipements agricoles (GDEA). Dans l’ancien référentiel, les établissements pouvaient intégrer la robotique à des modules de découverte professionnelle disposant d’un volume horaire limité. Le nouveau programme lui réserve une place entière. Les étudiants seront évalués sur ces compétences lors de l’examen.
Le choix d’un enjambeur viticole peut surprendre dans un établissement qui ne propose pas de formation en viticulture. Ce matériel fait partie des machines que les élèves du bac professionnel Agroéquipements et les étudiants du BTS peuvent rencontrer dans leur parcours. Le Chesnoy accueille des jeunes originaires du Sancerrois. Sa taille constitue un atout pédagogique. L’engin est moins impressionnant qu’un tracteur ou une moissonneuse-batteuse. Il peut rassurer les élèves qui ne viennent pas du milieu agricole et faciliter leur prise en main du matériel autonome.
L’établissement prépare ses rendez-vous avec les familles. Une première journée portes ouvertes est programmée en janvier.