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Mobilisation européenne massive à Strasbourg : victoire syndicale 📸

Au lendemain de la manifestation qui a réuni plus de 7 000 agriculteurs et 1 000 tracteurs à Strasbourg, le combat a porté ses fruits. Le Parlement européen a voté mercredi pour la résolution visant à saisir la Cour de justice de l’UE sur l’accord du Mercosur. Retour sur la journée de mobilisation.

Dès 9 heures mardi 20 janvier, plusieurs milliers de manifestants ont convergé vers la place de Bordeaux à Strasbourg (Bas-Rhin) à l'appel du Copa-Cogeca*, de la FNSEA et de JA. Venus de France mais aussi de dix-sept pays européens, ils voulaient mettre la pression sur les députés européens à la veille du vote de la saisine de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) au sujet du Mercosur. Le budget de la Pac et le rejet du MACF (Mécanisme d'ajustement carbone aux frontières) étaient aussi en filigrane de cette action spectaculaire qui a fortement mobilisé autour d'une cible privilégiée : la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.

À mi-chemin du Parlement européen, le cortège a été rejoint par 31 parlementaires Les Républicains venus apporter leur soutien aux agriculteurs. Finalement, ce sont plus de 7 000 manifestants qui se sont rassemblés place de l'Europe et près de 1 000 tracteurs arrivant de Bourgogne-Franche-Comté et du Grand-Est qui ont défilé dans les rues.

Au pied de la tribune où se tenaient les allocutions officielles des présidents des syndicats européens, un cercueil avait été installé, symbole de l'enterrement de l'agriculture européenne, comme ce fut le cas pour l'industrie il y a quelques années. Auparavant, ils avaient rencontré le commissaire européen à l'agriculture, Christophe Hansen. Parmi les représentants français, le président de la Confédération générale des planteurs de betteraves (CGB), Franck Sander, le président de Jeunes agriculteurs national, Pierrick Horel, et son homologue de la FNSEA, Arnaud Rousseau. Ce dernier a appelé à « réaffirmer avec fierté que produire dans nos fermes familiales, partout en Europe, a du sens ». Et de poursuivre : « Cela n'est possible que si nous continuons à vivre de notre métier. Comme nous l'avons rappelé au commissaire européen, il nous faut des décisions. Nous avons besoin d'actes concrets au plus près de nos exploitations. Via la légitimité du scrutin, au suffrage universel direct auquel nous tenons, c'est à vous, députés européens, de nous dire où nous devons aller. Nous, nous savons ce que nous voulons. Nous voulons produire des produits de qualité, vivre de notre métier, installer des jeunes, pouvoir investir comme n'importe quel entrepreneur et regarder l'avenir avec sérénité. S'inscrire dans le temps long sera toujours la singularité des agriculteurs tant qu'ils se trouvent en Europe ».

Présents parmi les manifestants, les députés européens de tous bords ont été la cible de jets d'œufs avant de s'exprimer en tribune.

En fin d'après-midi des incidents ont eu lieu, symboles d'une colère forte. La foule a été à plusieurs reprises dispersée par des gaz lacrymogènes et des exploitants agricoles ont été placés en garde à vue.

Au lendemain de cette action syndicale d'ampleur, une première victoire syndicale est enregistrée : les députés européens ont voté la saisine de la Cour de justice de l'Union européenne. Cette dernière va désormais devoir étudier la compatibilité du traité commercial avec le traité de l'Union.


*Union des syndicats et organismes de coopération agricole de l'Union européenne.

Revivez la journée de mobilisation heure par heure 📹

L'Eure-et-Loir mobilisé

Parmi les adhérents euréliens de la FNSEA et de JA à Strasbourg mardi 20 janvier, des figures du syndicalisme départemental, comme le président de l'AGPB, Éric Thirouin (au c.).

Une cinquantaine d'agriculteurs de la FNSEA et de Jeunes agriculteurs d'Eure-et-Loir ont fait le déplacement à Strasbourg mardi 20 janvier pour rejoindre leurs quelque 7 000 collègues venus de toute l'Europe. « Tout s'est bien passé, souligne le président de la FNSEA 28, Bertrand Petit. La manifestation a été massive. Nous nous sommes retrouvés avec une quinzaine de pays, aussi remontés que nous contre cet accord du Mercosur, voire plus. Après, est-ce que cela va suffire ? Une chose est sûre, nous ne regretterons pas d’avoir mené la bataille ».

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