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À Orléans, la filière maïs interroge sa stratégie face aux incertitudes

Réunis mardi 18 novembre à Orléans (Loiret), les représentants de la filière maïs ont consacré leur congrès annuel aux enjeux de souveraineté, de compétitivité et de stratégie économique. Une première journée dense, marquée par l'intervention de deux grands témoins, d'une table ronde d’experts et un long échange avec la salle.

Mardi 18 novembre, le Congrès du maïs a rassemblé plusieurs centaines de participants au Co'met d'Orléans (Loiret) autour du fil conducteur L’agriculture, une arme de guerre économique : quelle stratégie pour la filière maïs ?

Dès son introduction, Franck Laborde, président de l’Association générale des producteurs de maïs (AGPM), a dressé un état des lieux sans détour d’une campagne marquée par un recul généralisé des indicateurs. Il a évoqué « un moment difficile » pour les producteurs, avec des baisses de surfaces, en particulier dans les maïs spéciaux, une érosion des prix, des produits bruts moins rémunérateurs dans les productions contractuelles et des rendements en retrait dans plusieurs zones. « Parfois, tous ces effets se conjuguent. Les perspectives internationales, européennes et nationales nous incitent à douter d’un avenir prospère », a-t-il résumé.

Le congrès a permis de revenir sur les dossiers majeurs suivis cette année. Le premier concerne les moyens de production. Le président de l’AGPM a insisté sur l’importance de la loi Duplomb, qui inscrit désormais l’intérêt général majeur de l’agriculture dans le droit et impose la réalisation d’études socio-économiques avant toute décision administrative relative à l’eau quantitative. Le second axe porte sur les échanges commerciaux. Franck Laborde a rappelé que le dossier Mercosur « reste un combat de vingt-cinq ans » et que la profession « fera tout pour que l’accord ne soit pas ratifié en l’état, tant son impact serait négatif pour les producteurs français et européens ». Il est également revenu sur les discussions avec la Commission européenne concernant la libéralisation des échanges avec l’Ukraine, saluant le fait que les volumes aient pu être limités, tout en appelant à maintenir la vigilance.

Deux grands témoins pour éclairer les choix stratégiques

La journée a donné lieu à deux interventions successives. L’ancien ministre de l'environnement Brice Lalonde a proposé une mise en perspective en revenant sur l’histoire du nucléaire en France, une filière longtemps contestée avant d’être revalorisée comme pilier énergétique. Un parallèle destiné à interroger la place de l’agriculture dans l'opinion et les décisions publiques. Puis François-Xavier Poisbeau, officier général et secrétaire général de la Garde nationale, a livré un éclairage sur la souveraineté, la résilience et l’importance stratégique des productions agricoles dans un contexte géopolitique tendu.

Une table ronde d’experts a ensuite permis de croiser les analyses économiques et techniques, prolongeant les réflexions sur les leviers d’action pour la filière.

Une parole largement ouverte aux participants

Pour la première fois dans ce format, la salle a été largement associée aux échanges, avec plusieurs prises de parole sur le rapport d’activité et les dossiers de l’année. Il a été question de l’inscription de l’intérêt général de l’agriculture dans la loi, de l’accès à l’eau, des distorsions de concurrence, du Mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF) ou encore des incertitudes liées aux marchés mondiaux.

« Au cœur des enjeux »

En fin de journée, une intervention vidéo de la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, est venue réaffirmer le soutien du ministère. Elle a salué une filière « qui incarne la compétence, la passion, la technicité et une formidable capacité d’adaptation », rappelant que les producteurs de maïs se situent « au cœur des enjeux de souveraineté alimentaire ».

Un échange direct avec Arnaud Rousseau

Présent lors de l'assemblée, le président de la FNSEA, Arnaud Rousseau, s’est prêté au jeu des questions-réponses.

Il a expliqué avoir été reçu le matin même par le chef de l’État, avant de revenir devant la salle sur le dossier Mercosur. Arnaud Rousseau a réaffirmé la position syndicale sur le Mercosur : « Nous n’acceptons pas qu’un Président de la République, sur une question de cette nature, annonce du Brésil que c’est plutôt positif. Je lui ai redit ce matin ».

De nombreux sujets abordés

Les questions de l'Ukraine, de la loi Duplomb, des accords commerciaux ou encore de l’accès aux moyens de production ont également rythmé les débats tout au long de la journée.

Ce premier jour de congrès* a permis de prendre la mesure des tensions, mais aussi des attentes et des leviers identifiés pour consolider la filière maïs dans un environnement économique et géopolitique particulièrement mouvant.


*Nous reviendrons sur la suite du congrès prochainement.

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