Pucerons : la pression précoce inquiète les betteraviers
Une invasion précoce et massive de pucerons touche les betteraves depuis début avril. Contraints de multiplier les traitements sans garantie d’efficacité, les planteurs redoutent un retour de la jaunisse.
Une invasion précoce et massive de pucerons touche les betteraves depuis début avril. Contraints de multiplier les traitements sans garantie d’efficacité, les planteurs redoutent un retour de la jaunisse.
La campagne betteravière 2026 démarre sous tension en Île-de-France. Depuis début avril, les parcelles font face à une invasion de pucerons à la fois massive et particulièrement précoce, faisant craindre pour certains un retour du scénario de 2020. Les premiers pucerons ont été observés dès le 3 avril et, dans certaines parcelles, les seuils d’intervention sont déjà atteints.
« J’ai 30 hectares semés le 7 mars, raconte Yves Coppé, agriculteur à Mousseaux-lès-Bray (Seine-et-Marne). Les pucerons sont arrivés très vite et j’en suis déjà à quatre passages. C’est extrêmement coûteux et l’efficacité est très aléatoire : ça tient quatre à cinq jours, puis les parcelles sont de nouveau réinfestées ».
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Le risque de jaunisse virale ravive le souvenir de 2020, année marquée par de lourdes pertes de rendement. « La cicatrice n’est pas refermée et la situation fait trembler tout le monde, poursuit l’agriculteur. J’ai fait 30 tonnes cette année-là. Depuis un mois, on est à quatre pattes tous les cinq jours pour constater une situation où l’on se sent impuissant. Je ne suis pas pessimiste de nature, mais là, je suis résigné. La betterave est présente sur la ferme depuis plus de cent ans, je ne sais pas si je pourrai continuer ».
À Puiseux-Pontoise (Val-d'Oise), la ferme de Louis Thomassin, historiquement ancrée dans la culture de la betterave — avec jusqu’à 200 hectares et une distillerie en activité jusqu’en 1980 — est confrontée aux mêmes difficultés. Cette année, 35 hectares ont été semés le 15 mars et déjà, trois traitements ont été réalisés sans efficacité prouvée. « Les cadences de traitement sont infernales : tous les six jours, on y retourne. Les marges de manœuvre sont infimes, on n’a pas le droit à l’erreur », explique l'agriculteur. Là aussi, la résignation s’installe : « On fait tout ce qu’il faut pour se battre, mais au final, sans moyen de lutte réellement efficace, c’est la nature qui décidera ».
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