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Récolte : des rendements liés à la réserve utile des sols et aux quantités de pluie

Le point avec la chambre d'Agriculture sur la moisson 2022, fruit d'une campagne de nouveau atypique, marquée par des excès de chaleur et une sécheresse persistante. Cependant, très hétérogènes, les rendements se révèlent dans la moyenne pour les céréales, un peu au-dessus pour le colza, mais les cultures estivales décrochent.

Marquée par une forte hétérogénéité, la moisson 2022 est au final dans les clous de la moyenne de référence.
Marquée par une forte hétérogénéité, la moisson 2022 est au final dans les clous de la moyenne de référence.
© H.C. - Horizons

Patricia Huez, agronome à la chambre d'Agriculture d'Eure-et-Loir, et Éric ­Maisons, élu en charge de l'agronomie, ont accepté de dresser avec nous, le 5 septembre, un premier bilan d'une récolte 2022, au final moins catastrophique qu'on ne le craignait.

Des rendements sans eau

« Chaque millimètre d'eau tombé a apporté du plus », souligne d'emblée Éric Maisons. « Parce que les plantes se sont bien enracinées à la faveur d'un hiver sain et qu'elles étaient en bonne santé », explique Patricia Huez. De fait, obtenir des rendements dans la moyenne quinquennale sans eau, ce n'est pas fréquent. Attention cependant : « En termes de rendements, on va du simple au double (voir encadré), tempère l'élu. Terres séchantes et pas d'eau, ça veut dire pas de rendement quand ailleurs certains ont crevé les plafonds… C'est encore une année atypique mais par rapport à la sécheresse que l'on a subie, la casse est limitée ».

De fait : « Avant la moisson, on s'attendait à une catastrophe », reconnaît l'agronome. Les résultats de l'année s'expliquent, outre la bonne implantation des cultures d'hiver, par un mois de mars favorable et un mois d'avril qui a vu un enchaînement rapide des stades, soutenu par un fort rayonnement. Ensuite, le retour des pluies, en mai ou en juin, a permis de limiter le stress hydrique. À noter que certaines zones du département (sud-ouest) ont été évitées par les orages, provoquant un fort décrochage.

Qualité correcte à bonne

Ainsi, en blé tendre, en blé dur, en orge d'hiver et en orge de printemps semée d'automne, les rendements sont dans la moyenne départementale de référence, avec de l'hétérogénéité. La qualité est de correcte à bonne avec un très bon poids spécifique (PS), quelques défauts en protéines apparaissent lors de forts rendements et en cas d'impasse d'apport qualité sur sol sec ou son manque d'efficience.

Le cas du colza est intéressant : « La campagne s'est déroulée sans trop de problèmes, relève Éric Maisons. Les levées se sont bien passées sauf sur les semis de septembre. Il y a eu peu d'insectes. Et comme ils étaient costauds, les colzas sont bien repartis après l'hiver. L'ensoleillement printanier a ensuite favorisé la floraison qui a été particulièrement longue ». Pour des rendements de l'ordre de 40 quintaux/hectare en moyenne…

Cultures estivales en souffrance

Ce tableau est cependant assombri par les résultats des cultures estivales. En conduite sans irrigation, les rendements sont, ou seront, très bas en maïs et betteraves. Mais même irriguées, ces cultures ont souffert de la chaleur excessive sur une longue période, à l'image de la pomme de terre, dont les rendements attendus seront inférieurs de 20 % à la moyenne… Enfin, des soucis ont été relevés sur le lin oléagineux au moment de la floraison et la récolte a été difficile du fait de tiges encore vertes.


Les rendements par culture

Selon la chambre d'Agriculture, les rendements provisoires par culture sont les suivants :
  • blé tendre 80 q/ha (amplitude majoritaire observée en parcelles de 55 à 105 q/ha),
  • blé dur 73 q/ha (de 60 à 90 q/ha), colza 40 q/ha (de 35 à 45 q/ha),
  • orge d'hiver 80 q/ha (de 70 à 100 q/ha) et
  • orge de printemps semée d'automne 85 q/ha (de 75 à 95 q/ha).

Fourrages : une campagne compliquée pour les éleveurs

Après une première récolte d'herbe précoce plutôt correcte en quantité et en qualité, chez les éleveurs ayant apporté un niveau de fertilisation normal en dépit du prix élevé des engrais, la situation s'est dégradée au fur et à mesure que la sécheresse s'installait.

Les récoltes de foin, réalisées dès mi-mai, sont inférieures de 15 % à la moyenne si fertilisé, de 40 % sinon. En l'absence de pousse, les stocks d'herbe sur pied ont vite diminué, reverdissant sporadiquement en fin d'été à la faveur d'un orage.

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