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Chambre régionale d'Agriculture Centre-Val de Loire
Agriculture régionale, entre fragilité économique et défi climatique

Lors de sa dernière session, vendredi 26 septembre à Orléans, la chambre régionale d’Agriculture a débattu autour de deux sujets principaux : la conjoncture économique et l'adaptation au changement climatique.

Vendredi 26 septembre, à Orléans. La session de rentrée de la chambre régionale d’Agriculture Centre-Val de Loire, présidée par Maxime Buizard Blondeau, a porté sur la conjoncture économique et l’adaptation au changement climatique.
Vendredi 26 septembre, à Orléans. La session de rentrée de la chambre régionale d’Agriculture Centre-Val de Loire, présidée par Maxime Buizard Blondeau, a porté sur la conjoncture économique et l’adaptation au changement climatique.

La chambre régionale d’Agriculture de Centre-Val de Loire a tenu, vendredi 26 septembre, sa troisième session depuis le début de la nouvelle mandature. Une séance placée sous la présidence de Maxime Buizard Blondeau, qui a insisté sur la sérénité des débats et sur deux points majeurs : la conjoncture économique agricole et les stratégies d’adaptation face au changement climatique.

Après des mois difficiles, certains indicateurs économiques s’améliorent. Les prix de la viande et du lait se maintiennent à des niveaux corrects, permettant aux trésoreries de se reconstituer. « Les sourires reviennent et des agriculteurs reviennent nous voir pour parler de leurs projets d’investissement », observe Maxime Buizard Blondeau. La note de conjoncture publiée en septembre par la Chambre confirme cette tendance : la production animale bénéficie d’une dynamique de prix, portée notamment par la viande ovine et bovine.

Des céréaliers en grande difficulté

À l'inverse, l’inquiétude demeure dans le vignoble. Les viticulteurs redoutent une perte de compétitivité sur les marchés extérieurs, malgré des atouts régionaux comme une production plus régulière que dans le Sud de la France, davantage soumis aux aléas climatiques extrêmes. Les sorties de chais stagnent et l’export reste fragile.

Côté productions végétales, les rendements sont jugés corrects dans la région, loin de la catastrophe. En blé tendre, la moyenne se situe à 68 quintaux par hectare, tandis que l’orge et le colza affichent aussi des niveaux honorables. Mais la conjoncture mondiale a inversé la donne : les prix se sont effondrés, tirés vers le bas par les disponibilités russes et la concurrence accrue sur l’export. « Le chiffre d’affaires est en baisse par rapport à 2024, malgré des rendements supérieurs. Les charges, elles, sont restées élevées. Aujourd’hui, les producteurs de céréales, de betteraves ou de pommes de terre perdent de l’argent de manière massive », alerte le président.

Face à cette situation, la Chambre régionale a adopté à l’unanimité une motion soulignant « l’extrême fragilité économique » des exploitations céréalières, qui menace aussi les outils de collecte et les coopératives.

Un message clair sur le climat

Le second grand volet de la session portait sur l’adaptation au changement climatique. Maxime Buizard Blondeau a tenu à délivrer un message assumé : « Le monde agricole a pleinement conscience d’être en partie cause du changement climatique, en partie victime, mais aussi sans doute une solution ».

L’enjeu dépasse les simples ajustements techniques. « Il ne s’agit pas seulement de changer de variétés ou de décaler des dates de semis. Il faut faire évoluer nos systèmes de production, et cela passe notamment par une meilleure intégration de l’élevage et une modification de l’assolement dans la région. »

Pour y parvenir, un accompagnement sera indispensable. Le président évoque la future Pac, mais aussi les besoins concrets du terrain, comme la présence renforcée de vétérinaires en milieu rural. « Nous devons dialoguer entre producteurs, circuits de collecte et transformation pour construire des solutions. »

Une session sereine mais déterminée

Le président s’est félicité du climat apaisé qui a permis d’aborder ces sujets lourds.

Entre la fragilité économique des grandes cultures et l’adaptation au changement climatique, l’agriculture régionale doit composer avec des défis majeurs. « Il ne s’agit pas seulement de changer de variétés ou de décaler des dates de semis. Il faut faire évoluer nos systèmes de production », a insisté Maxime Buizard-Blondeau.

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