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Manifestation
Les agriculteurs se sentent trahis et rallument le feu de la colère en Loir-et-Cher 📹

Plus d’une cinquantaine d’agriculteurs des syndicats FNSEA et JA 41 se sont rejoints sur le rond-point des Mardeaux à Villebarou, mercredi 19 novembre, pour allumer un feu de la colère et protester contre les décisions politiques européennes.

Il est 19 heures lorsque les agriculteurs commencent Ă  allumer un feu de la colère sur le rond-point des Mardeaux Ă  Villebarou, mercredi 19 novembre. Ă€ la suite de l’appel Ă  mobilisation lancĂ© par la FNSEA et JA 41, une cinquantaine d’agriculteurs venus de tout le Loir-et-Cher protestent contre les politiques europĂ©ennes en matière d’agriculture.

Il y a presque un an dĂ©jĂ , ils avaient allumĂ© un premier feu de la colère devant la prĂ©fecture de Blois pour protester contre la signature d’un accord de libre-Ă©change entre l’Union europĂ©enne et les pays du Mercosur. Aujourd’hui, s’ajoutent Ă  la colère d’autres dĂ©cisions politiques europĂ©ennes comme l’instauration d'une taxe aux engrais via le MACF (MĂ©canisme d'ajustement carbone aux frontières) Ă  partir du 1er janvier 2026, ainsi que la rĂ©duction du budget de la prochaine Pac 2027 de plus 20 %. Les deux syndicats agricoles l’ont assurĂ© Ă  travers des slogans chocs : « Nourrir, pas mourir Â», « Pas d’avenir sans agriculteurs Â» ou encore « N’importons pas l’agriculture que nous ne voulons pas Â».

Point d’arrivée à Bruxelles le 18 décembre

Alors qu’ils alimentaient le feu avec de la paille, des cartons ou encore des palettes, les agriculteurs prĂ©sents ce soir-lĂ  attendaient surtout des rĂ©ponses de la part de l’État. « Nous, agriculteurs, sommes dans une conjoncture catastrophique, davantage dans les zones intermĂ©diaires. On nous parle de souverainetĂ© alimentaire d’un cĂ´tĂ© et, de l’autre, l’Union europĂ©enne prend des dĂ©cisions dĂ©sastreuses pour notre agriculture Â», a dĂ©plorĂ© François Germain, avant d’assurer : « Aujourd’hui, c’est le point de dĂ©part de mobilisations avant d’aller devant le Parlement europĂ©en Ă  Bruxelles le 18 dĂ©cembre prochain Â». En ligne de mire, l’Europe. Après l’annonce du prochain budget de l’Union europĂ©enne, le sang des agriculteurs français n’a fait qu’un tour. La sentence est tombĂ©e comme un couperet avec une baisse de plus de 20 % des aides Pac. AjoutĂ©e Ă  cette dĂ©cision, la taxe engrais MACF fera augmenter le prix des engrais de 140 euros la tonne. La coupe est pleine. « Avec ces dĂ©cisions, certains agriculteurs ne passeront pas l’annĂ©e prochaine. C’est un vĂ©ritable plan social dans nos zones intermĂ©diaires cĂ©rĂ©alières. C’est du jamais vu Â», a protestĂ© Olivier Hardouin, prĂ©sident de la FNSEA 41.

Toutes les filières sont concernées

Au-delĂ  des cĂ©rĂ©aliers, c’est toute l’agriculture dans son ensemble qui risque d’être impactĂ©e par l’augmentation du prix des engrais, dont des Ă©leveurs caprins comme Sylvain Boiron. « Concernant les engrais, nous aussi, Ă©leveurs, nous sommes concernĂ©s, car nos animaux ont besoin d’alimentation. Nous sommes tous polyculteurs-Ă©leveurs. Nous avons d’un cĂ´tĂ© l’élevage qui fonctionne bien, mais on nous plombe sur la partie cĂ©rĂ©alière Â», assure l’éleveur caprin de Vallières-les-Grandes, tout en s’inquiĂ©tant aussi de la prochaine Pac 2027 : « La baisse de la prochaine Pac nous impacte tous et cela fait vraiment peur. Il y a un vĂ©ritable flou sur l’avenir Ă  ce sujet Â».

Éleveurs, cĂ©rĂ©aliers et viticulteurs Ă©taient donc tous rĂ©unis pour protester contre des dĂ©cisions qu’ils estiment ĂŞtre de vĂ©ritables trahisons. « Au lieu de taxer les agriculteurs, il serait plus judicieux de mettre en place un budget pour rĂ©industrialiser la production d’engrais en Europe Â», assène Olivier Hardouin. Une situation qui risque de mettre un coup d’arrĂŞt aux installations de jeunes agriculteurs qui sont pourtant plus que nĂ©cessaires pour le renouvellement des gĂ©nĂ©rations. « Comment voulez-vous crĂ©er des vocations ? Un jeune qui s’installe et qui vit une annĂ©e comme celle que nous avons vĂ©cue, c'est se mettre une balle dans le pied dès le dĂ©marrage Â», a tristement rappelĂ© Fabien Bourgueil, prĂ©sident JA 41.

Blocage des contrĂ´les

Alors que pour le moment les deux syndicats agricoles loir-et-chĂ©riens n’ont pas encore annoncĂ© de prochaines mobilisations, ils ont tout de mĂŞme prĂ©vu qu’ils ne resteront pas les bras croisĂ©s. D’ailleurs, le prĂ©sident de la FNSEA 41 l’a d’ores et dĂ©jĂ  indiquĂ© : « Nous bloquerons tout contrĂ´le qui aura lieu dans une exploitation agricole de Loir-et-Cher. Nous voulons des rĂ©ponses et tant que nous n’en aurons pas, nous bloquerons Â».

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Voir aussi Les agriculteurs font part de leurs problématiques

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