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Bovin
Dans le Gâtinais, l’élevage laitier s’adapte à la chaleur

L’éleveur loirétain laitier Jean-Marc Lemaire fait face à la sécheresse et aux fortes chaleurs, qui réduisent les fourrages et fragilisent son troupeau. Il mise sur des bâtiments adaptés pour limiter leurs effets.

À la tête d’une centaine de vaches laitières dans le Gâtinais loirétain, Jean-Marc Lemaire mesure déjà les effets de la sécheresse sur son exploitation. La baisse des rendements fourragers menace l’alimentation du troupeau, tandis que les épisodes de chaleur affectent les animaux. Des conséquences qu’il parvient à limiter grâce aux adaptations réalisées dans ses bâtiments.

Deux fois moins d'ensilage

Sur une centaine d’hectares, Jean-Marc Lemaire produit une partie de l’alimentation de son troupeau. Ses terres accueillent des surfaces fourragères ainsi que du blé, dont il conserve la paille. La surface disponible ne lui permet toutefois pas de couvrir l’ensemble des besoins de ses animaux. Dans ce contexte, la baisse annoncée des récoltes fourragères constitue une difficulté supplémentaire pour l’éleveur, qui livre son lait à Sodiaal.

Installée dès le mois de mai, la sécheresse commence à peser sur les réserves destinées à l’hiver. Jean-Marc Lemaire ne dispose pas d’irrigation. Après le passage d’un expert sur son exploitation, il estime que le rendement de ses ensilages pourrait tomber à 5 ou 6 tonnes de matière sèche par hectare, contre 9 à 10 tonnes habituellement. « On devrait atteindre au moins 25 % de perte de rendement. Cela va nous permettre d’activer l’assurance récolte », explique-t-il. L’éleveur avait choisi de s’assurer après avoir subi les conséquences de l’année 2016 sans être couvert. « C’est une bonne chose pour ceux qui sont assurés. Ça l’est moins pour ceux qui ne le sont pas. » Dans certains secteurs, les ensilages ont déjà commencé en raison de maïs très dégradés (voir en page 4). Sur son exploitation, les plantes ne dépassent souvent pas 1,20 à 1,50 mètre et devraient produire peu de grains. Ses terres argileuses ont néanmoins conservé davantage d’humidité. « Chez moi, cela reste encore à peu près correct. On limite la casse par rapport à d’autres secteurs. »

Des avortements et des veaux perdus

Les effets de la chaleur ne se limitent pas aux cultures. Plusieurs avortements ont été constatés dans le troupeau. Ils ont concerné des vaches qui attendaient des jumeaux. Jean-Marc Lemaire suppose que l’organisme des animaux n’a pas supporté la charge supplémentaire imposée par ces gestations pendant les fortes températures. L’exploitation a également enregistré une mortalité plus importante chez les veaux. « On sous-estime parfois leurs besoins, mais même les veaux doivent boire davantage que leur ration de lait lorsqu’il fait très chaud », souligne-t-il. La production laitière a aussi reculé, mais dans des proportions limitées par rapport à certaines exploitations voisines. Cette meilleure résistance tient en partie aux investissements réalisés ces dernières années.

Les bâtiments s’ouvrent pour laisser passer l’air

Jean-Marc Lemaire a installé un système de brumisation dès la fin des années 2010. Il a ensuite poursuivi l’adaptation de ses bâtiments avec de la ventilation et des rideaux latéraux. Mis en place en 2023 avec le soutien d’aides consacrées à l’adaptation au changement climatique, ces équipements permettent d’ouvrir largement les bâtiments pendant l’été. L’éleveur a aussi cherché à favoriser la ventilation naturelle afin de limiter la consommation d’électricité et d’eau. La circulation de l’air est améliorée par l’ouverture des façades et l’aménagement des bâtiments. Une solution qu’il juge efficace pour réduire le stress thermique et préserver la production.

« Avant, on avait tendance à construire des bâtiments très fermés. Aujourd’hui, il faut pouvoir les ouvrir au maximum et seulement se protéger lors des périodes de grand froid », observe-t-il. Dans le Gâtinais, le froid reste désormais moins pénalisant pour les vaches que les fortes températures. Pour Jean-Marc Lemaire, l’adaptation des bâtiments devient donc indispensable afin de maintenir les performances des troupeaux et de préserver les conditions d’élevage.

Voir aussi L'élevage eurélien entre sécheresse et canicules

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