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Les asperges vertes pointent déjà le bout de leur nez

Les asperges vertes ont commencé à pointer le bout de leur nez dès le 10 mars en Loir-et-Cher. Denis Billault, producteur à Ouchamps, revient sur ce début de saison précoce.

Denis Billault, producteur d'asperges vertes à Ouchamps, revient sur la saison qui a commencé près de deux semaines en avance par rapport à l'année dernière.
Denis Billault, producteur d'asperges vertes à Ouchamps, revient sur la saison qui a commencé près de deux semaines en avance par rapport à l'année dernière.
© L.B. - Horizons

La récolte des asperges a déjà débuté en Loir-et-Cher depuis le 10 mars, soit avec deux semaines d’avance par rapport à l’année précédente. « Nous avons à peu près dix jours d’avance. Je n’ai jamais vu commencer à vendre des asperges dès le 15 mars », assure Denis Billault, en pleine récolte à Ouchamps. La saison démarre donc précocement pour les producteurs du département.

Qui dit début de récolte avancé dit également fin de saison anticipée. « La saison dure environ deux mois. Comme nous avons commencé à récolter début mars, elle devrait se terminer vers la mi-mai », précise le producteur.

Des coûts de production en hausse

Avec le changement climatique, les conditions varient d’une année sur l’autre. L’année dernière, les asperges avaient subi des trombes d’eau qui avaient réduit la production. Cette année, les températures douces assurent une production plus précoce, mais tout aussi difficile à gérer. « Tout va trop vite. C’est trop tôt et forcément plus cher pour le consommateur », explique Denis Billault. En ce début de saison, les asperges se vendent entre 15 et 20 euros le kilo.

Cette hausse s’explique aussi par l’augmentation des coûts de production. « En 2007, quand j’ai commencé, produire des asperges sous tunnel revenait à 6 000 euros l’hectare. Aujourd’hui, on est proche des 12 000 euros l’hectare. Il faut que le consommateur comprenne pourquoi les prix ont autant augmenté. »

Avec le changement climatique, Denis Billault adapte ses pratiques. Il a déjà réduit sa production en plein air et exploite 2,5 hectares en tunnel sur 7 hectares, et cela devrait s’accentuer. « Cette année on va passer à 4 hectares en tunnel. Avec les saisons qui se décalent, il est plus évident pour nous de produire sous tunnel », précise le producteur.

Une saison avancée d’un mois

Alors qu’avant la saison des asperges s’étendait généralement du 15 avril au 15 juin, cette année, tout sera avancé d’un mois. Pour le moment, même si la récolte commence tout doucement avec la vente auprès des magasins de producteurs, la saison est bel et bien lancée. Le producteur espère une meilleure année que la précédente, marquée par des excès d’eau qui avaient réduit sa production sur un hectare. « Nous avons fait une demande de calamité agricole et nous avons pu bénéficier d’aides d’assurance, que nous avons réinvesties pour nos productions », détaille-t-il.

Depuis le 11 mars, quelques centaines de kilos d’asperges ont été récoltés sur l’exploitation par les quatre saisonniers embauchés pour l’occasion, dont le nombre devrait bientôt passer à sept ou huit.

Une filière qui prépare l'avenir

Les installations de producteurs d’asperges ne se bousculent pas au portillon au sein du département. Seuls cinq producteurs sont aujourd’hui membres de l’association Les Asperges du Blaisois, contre bien plus il y a quelques années. « Nous avons pour but d’attirer de nouveaux producteurs. Nous avons des projets, pas pour nous mais pour les générations futures. Nous préparons l’avenir », a expliqué le producteur d’Ouchamps.

Le travail collectif de l'association de producteurs a notamment permis de relancer la marque Asperges vertes de Chambord, officialisée lors d'une signature lundi 23 mars au château de Chambord.

La filière s’organise aussi autour d'un projet IGP Asperges du Val de Loire. « Le dossier est en cours depuis cinq ans. C’est un travail de longue haleine. Nous espérons qu’elle verra le jour bientôt. Maintenant, il faut que cela prenne auprès de tous les producteurs du département », a insisté Denis Billault.

Malgré les difficultés croissantes liées à cette culture, le producteur reste confiant : « C’est de plus en plus compliqué mais nous avons la marque Chambord qui est reconnue et des projets d’innovation pour notre filière ».

Lire aussi Des asperges vertes royales avec Chambord

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