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Dégâts de gibier : une réunion pour trouver des solutions

La FNSEA 45 et la Fédération des chasseurs ont réuni les agriculteurs le 23 septembre à Saint-Benoît-sur-Loire, pour échanger sur les nouvelles solutions à mettre en place pour enrayer les dégâts de gibier.

En 2021, les dégâts causés par le grand gibier, et principalement par les sangliers, atteignent une nouvelle fois des proportions inacceptables. Près d'1,5 million d’euros d’indemnisations ont été payées par la Fédération des chasseurs, notamment pour les dégâts aux cultures de maïs, blé et aux prairies, représentant 1 600 dossiers. Lorris, Montereau, Chaingy, Coulon, Lion-en-Sullias, Saint-Aignan-le-Jaillard, La Puisaye… Autant de zones sensibles sur lesquelles le sanglier est devenu un cauchemar pour les agriculteurs. Ce chiffre considérable est pourtant inférieur à la réalité subie par les agriculteurs.

Des agriculteurs démunis

Face à cette situation catastrophique, les agriculteurs se sentent, à juste titre, totalement démunis pour protéger leur production et assurer la pérennité de l’activité. Dans ces territoires, malgré des prélèvements élevés de sangliers, il paraît évident que les moyens traditionnels de gestion de chasse sont devenus insuffisants.

Pour répondre à la colère des victimes de dégâts, la FNSEA 45, en partenariat avec la Fédération des chasseurs du Loiret (FDC 45), a organisé vendredi 23 septembre une réunion publique à Saint-Benoît-sur-Loire.

Cette réunion a démarré par un bilan de l’année passée, un point sur l’évolution des dégâts de gibier et un rappel réglementaire sur la procédure d’indemnisation, présentée par la FDC 45.

Tout le département est impacté

Patrick Langlois, président de la FNSEA 45 et responsable du dossier dégâts de gibier, en est conscient : « Il n’y a pas un mètre carré sur le territoire du Loiret qui est épargné et certains agriculteurs pensent même à arrêter leur métier à cause des dégâts incontrôlables des sangliers. Nous travaillons au quotidien à mettre en place des mesures qui mûrissent progressivement dans la tête de l’administration. Nous avions émis l’idée de l’autorisation de tir autour des engins de récolte il y a près de huit ans. Nous avons pu le mettre en place il y a deux ans. L’objectif de nos échanges est bien d’émettre des idées pour renverser la tendance ».

Les cris d’alerte des agriculteurs dans la salle confirment cette situation étouffante. L'un d'eux témoigne : « J’ai semé quinze hectares de seigle hier, aujourd’hui il n’y en a plus. Il va falloir que les choses changent car cela n’est plus vivable ». « Ça fait vingt ans que le problème des sangliers nous hante, il faut faciliter la chasse pour ceux qui veulent chasser », lance un autre agriculteur présent dans la salle.

« Trouver des solutions sans tabou »

Jean-Louis Lefaucheux, secrétaire général de la FNSEA 45, témoigne également : « C’est exaspérant quand tu passes tes journées à bosser de devoir le soir aller tirer le sanglier. Le problème est partout maintenant, il faut trouver des solutions et nous mettons nos politiques dans la boucle. Si l’on ne fait rien, les exploitants vont capituler. Il nous faut trouver des solutions sans tabou », explique-t-il.

Patrick Langlois revient ainsi sur les solutions déjà en place : tir autour des engins de récolte en dehors du périmètre de manœuvre de la machine, tir de nuit dans le cadre du protocole de Briare en avril et mai lors des semis de maïs, tir de jour à partir du 1er juin, bracelets gratuits du 1er juin au 15 août. Autant de mesures mises en place grâce à l’action collective de la FNSEA 45 et de la FDC 45.

Alain Machenin, président de la FDC 45, a annoncé : « La seule solution c’est l’investissement de tous, aussi bien chasseurs qu’agriculteurs, sur cette problématique. Nous avons obtenu des résultats probants avec l’administration grâce à notre bonne entente avec vos représentants agricoles. Tous les agriculteurs correspondent à un cas particulier, que nous accompagnons. Nous avons des pistes d’actions en discussion, comme le tir à l’agrainé ».

Unir les forces

Ce fut également l’occasion pour les participants de faire part de leurs attentes, comme la possibilité d’utiliser des lunettes thermiques ou même l’autorisation du tir de nuit toute l’année dans les zones noires.

Les échanges ont ensuite tourné sur les dégâts de corvidés et pigeons, eux aussi responsables d’innombrables dégâts sur les parcelles agricoles.

Une réunion constructive qui aura permis à tous, agriculteurs, louvetiers, représentants de la chasse, de s’exprimer tout en étant force de propositions et avec un objectif commun : « Unir nos forces pour enrayer le problème des dégâts de gibier ».

 

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