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Installation
Ferme de la Grange rouge : diversification et projets à foison

Une boutique Bienvenue à la ferme, un atelier de poules pondeuses, une huilerie : voici les premiers projets mis en route par les enfants de Sophie Desforges à la Ferme de la Grange rouge à Milly-la-Forêt (Essonne). Reportage.

À l'origine, aucun des cinq enfants de Sophie Desforges ne souhaitait reprendre la ferme. « Ils ont changé d'avis : c'était une heureuse surprise », témoigne cette dernière, quatrième génération sur l'exploitation de Milly-la-Forêt (Essonne), la Ferme de la Grange rouge. C'est ainsi que le 13 novembre dernier, une boutique de vente directe sous pavillon Bienvenue à la ferme a été ouverte. L'atelier poules pondeuses était quant à lui opérationnel depuis plusieurs semaines. L'huile de colza avait été pressée depuis quelques jours.

« Cette inauguration est l'aboutissement de trois ans de gestation pour nos différents projets », explique Camille Forestier-Desforges, la belle-fille de Sophie Desforges. Celle-ci a commencé sa vie professionnelle loin des champs : architecte d'intérieur à Paris, elle travaillait dans «  l'ultra-luxe », chez Cartier. Son mari, Quentin, le fils de Sophie Desforges, est quant à lui ingénieur en automatisme. Il partage encore aujourd'hui son temps entre l'exploitation et l'entreprise qui l'emploie. Apolline, la sœur de Quentin, était mandataire judiciaire. 

Mais il faut croire que l'appel de la ferme était plus fort que tout. En 2021, les trois jeunes posent les premières balises pour monter leurs projets. Camille Forestier-Desforges se forme à la vente et travaille un an et demi dans un magasin bio. Quentin et Apolline Desforges passent un diplôme agricole. En parallèle, les travaux sont lancés pour transformer les bâtiments. Les futurs exploitants en font une bonne partie eux-mêmes, y consacrant leurs soirées et leurs week-ends. La boutique prendra place dans une ancienne grange où subsistaient encore des colliers de chevaux et tout un bric-à-brac entassé depuis plusieurs générations. La jeune architecte en conçoit l'agencement et fabrique les meubles et jusqu'aux logos des étiquettes des produits vendus. Les futurs repreneurs  investissent dans un poulailler mobile, pour simplifier le plus possible la gestion de l'alimentation et de l'énergie. L'huilerie et le centre de conditionnement des œufs sont installés dans des bâtiments à proximité.

Mettre en valeur les producteurs

Les premières relations avec des producteurs locaux sont nouées. Aujourd'hui, leurs portraits en grand format décorent la boutique. « Cela nous fait plaisir de parler d'eux, de leurs produits, de communiquer sur leur travail », souligne Camille Forestier-Desforges.

Pour la partie juridique et administrative, les trois jeunes sont accompagnés par la chambre d'Agriculture de région Île-de-France et le réseau Bienvenue à la ferme, une aide précieuse à tous les niveaux : du choix du statut à celui du logiciel de caisse. Des aides à l'installation sont procurées par la Région.

Dès l'ouverture, le succès est au rendez-vous, avec environ 200 clients par semaine. Alix-Anne, la petite sœur de Quentin et Apolline, s'occupe de gérer la communication sur les réseaux sociaux. Les clients apprécient le circuit ultra-court : s'il manque des œufs en magasin, il suffit de traverser la cour pour se réapprovisionner au centre de conditionnement.

De nouveaux projets dans les cartons

Camille, Quentin et Apolline Desforges ne comptent pas s'arrêter en si bon chemin. À côté de la boutique, une cuisine a été créée et est déjà équipée, prête pour un futur espace restauration, une manière d'utiliser les légumes non vendus et les œufs en surplus. L'accueil touristique, qui avait été mis en pause, devrait être relancé. « À terme, nous souhaiterions mettre en place des événements l'été : guinguettes, marchés éphémères, ateliers de dégustation », explique Camille Forestier-Desforges.

Au début de l'année, Quentin devrait reprendre complètement la partie grandes cultures. Sophie Desforges et son mari devraient pouvoir s'arrêter et souffler. Enfin, on verra. Sophie Desforges reste très impliquée, notamment dans la partie PPAM (Plantes à parfum, aromatiques et médicinales). « On risque de la voir encore à 5 heures du matin en train de désherber le champ de monarde », soupire en souriant sa belle-fille. 

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