Achat, location ou mutualisation ?
Faut-il acheter, louer ou mutualiser son télescopique ? Stéphane Gourdain, animateur de marché agricole et commercial, fait le point sur la question.
Faut-il acheter, louer ou mutualiser son télescopique ? Stéphane Gourdain, animateur de marché agricole et commercial, fait le point sur la question.
Dans un contexte agricole marqué par la hausse des prix des équipements et les incertitudes économiques, les agriculteurs doivent repenser leurs investissements. Achat, location ou mutualisation, à chacun sa solution.
L’achat : autonomie et maîtrise du matériel
Pour de nombreux exploitants, acheter son matériel reste la solution privilégiée. Le principal avantage est simple : « L’agriculteur devient propriétaire de son équipement et peut l’utiliser librement toute l’année, sans contrainte de disponibilité au quotidien », explique Stéphane Gourdain, animateur de marché agricole et commercial chez LM - La Manutention, distributeur et loueur pour les marques Manitou et Toyota. « Par ailleurs, il maîtrise ses coûts d’emprunt et également la revente de son matériel ».
Le financement est lui aussi plus facilement maîtrisable. Les agriculteurs peuvent passer soit par un crédit constructeur, soit par leur banque. Dans les deux cas, les taux d’emprunt sont connus dès le départ, ce qui sécurise davantage l’investissement selon le type d’exploitation et le nombre d’heures réalisées par la machine.
Le spécialiste note cependant quelques limites à l’achat. « Les coûts de maintenance sont à la charge de l’agriculteur s’il n’a pas pris d’extension de garantie constructeur ». Autre inconvénient, l’investissement apparaît au bilan en endettement, ce qui peut limiter la capacité d’achat d’autres matériels, ce qui n’est pas le cas avec la location. Le principal reste le risque lié à la valeur de revente du matériel. Selon le marché et l’état de la machine, l’agriculteur ne sait jamais précisément combien il récupérera lors de la revente. Toutefois, à la lumière des données sur les cinq dernières années, il est à noter que la courbe des prix de vente (et donc de reprise) des matériels d’occasion a suivi celle du matériel neuf. Ainsi, le coût horaire d’utilisation des chargeurs télescopiques a très peu varié.
La location : longue ou courte durée
Les concessions, comme La Manutention, peuvent en général proposer deux types de location : celle longue durée (LLD) et celle courte durée (LCD). Toutes deux assurent des coûts fixes et sans surprise. C’est le concessionnaire qui prend en charge l’achat du matériel, le coût de l’emprunt et la maintenance du matériel. « Pour l’agriculteur, les loyers sont fixes, mensuels ou annuels. Le concessionnaire reprend le matériel à la fin de la période pour le relouer ou signe un nouveau contrat avec son client ».
Les agriculteurs qui choisissent la longue durée sont ceux, en général, qui ont des gros investissements engagés comme l’achat de terres, de bâtiments… Cela leur permet de conserver de la capacité d’investissement et de lisser leurs remboursements. C'est ensuite, souvent, qu'ils achètent un télescopique ou un chariot élévateur. « Ce sont souvent des entreprises qui louent en LLD », selon Stéphane Gourdain. Le contrat est défini au départ avec un nombre d’heures et le coût de location est calculé en fonction. Les heures supplémentaires seront facturées.
Concernant la location courte durée, il s’agit d’une solution de location temporaire, idéale pour faire face à des besoins ponctuels (hausse d'activité, chantiers, urgences). Elle convient bien pour louer des chariots élévateurs, une nacelle, ou tout autres matériels de manutention sur une courte durée, y compris les télescopiques. « La LCD assure une flexibilité maximale, sans engagement à long terme. La principale limite de la location reste toutefois son coût global, généralement un peu supérieur à celui d’un achat classique », note le spécialiste.
La mutualisation : plutôt dans les Cuma
L’achat de matériel de manutention en mutualisation est souvent lié aux Cuma. Les frais sont ainsi répartis entre les adhérents leur offrant moins de dépenses. Certains agriculteurs qui se sont lancés dans la méthanisation par exemple, ont investi à plusieurs dans un télescopique qui reste sur site.
En Cuma, l’inconvénient réside dans la disponibilité du matériel à un instant précis. Cependant, selon Stéphane Gourdain, grâce aux outils de télémétrie, les utilisateurs peuvent localiser le matériel à distance, suivre les heures d’utilisation par utilisateur ou planifier les entretiens directement depuis un smartphone.
Des matériels gardés plus longtemps ?
Alors, achat, location ou vente ? Avec la crise agricole actuelle, certains agriculteurs réduisent leurs investissements, en télescopiques inclus, surtout si le matériel est utilisé moins de 800 heures par an. Toutefois, selon Stéphane Gourdain, le prix des matériels de manutention a augmenté moins vite que celui des moissonneuses-batteuses, tracteurs, ou encore pulvés. Les gros utilisateurs de manutention, comme les éleveurs, privilégient l’achat de télescopiques et un renouvellement rapide de leurs machines. D’autres se tournent plus vers la location ou reportent leurs achats.
Dans les régions céréalières, les investissements dans le neuf semblent toutefois ralentir. Les exploitants prolongent davantage la durée de vie de leurs machines. « Actuellement, le marché des véhicules neufs est un peu moins dynamique, la qualité de service de notre SAV permet de répondre aux attentes des clients souhaitant prolonger la vie de leur machine. Durant les grosses périodes de travaux, certains agriculteurs préfèrent louer deux ou trois semaines une machine performante en relais de la leur. En période plus difficile, les gens se recentrent sur des marques et des concessions à valeur sûre », conclut Stéphane Gourdain.
Cet article fait partie du dossier Manutention : télescos, quads, SSV...