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Coopérative
AgroPithiviers 2023-2024 : un contexte toujours difficile

AgroPithiviers a tenu son assemblée générale le 6 décembre à Dadonville (Loiret). L’occasion de faire le point sur l’exercice 2023-2024, marqué par les aléas climatiques et la hausse des charges.

Vendredi 6 décembre, à Dadonville. Le président et le directeur d'AgroPithiviers ont dressé le bilan du dernier exercice de la coopérative.
Vendredi 6 décembre, à Dadonville. Le président et le directeur d'AgroPithiviers ont dressé le bilan du dernier exercice de la coopérative.
© A.B. - Horizons

Vendredi 6 décembre, la ­coopérative AgroPithiviers a tenu son assemblée générale, à Dadonville (Loiret). Un bilan marqué par un contexte économique et climatique particulièrement difficile, qui a eu un impact direct sur la collecte des céréales, les rendements agricoles, ainsi que sur l’organisation logistique de la coopérative.

Baisse de la collecte et des rendements

Benjamin Top, directeur général de la ­coopérative, a d'abord présenté le bilan de l'exercice 2023-2024, clôturé au 30 juin dernier. Entre hausse du coût de l’énergie et adversité du climat, alternant entre sécheresse prolongée et restrictions d'irrigation, la collecte de céréales a chuté à 165 000 tonnes, contre 172 000 tonnes lors de l'exercice précédent, malgré des conditions climatiques similaires. Les rendements des orges de printemps et du blé tendre ont été particulièrement pénalisés. « C’est donc la troisième année consécutive que le potentiel de production de la zone est fortement impacté, déplore Benjamin Top. Beaucoup d’agriculteurs n’ont pas pris le risque d’irriguer, en particulier les orges de printemps. Ce que l’on constate durablement sur notre secteur, c’est que le dérèglement climatique est une réalité ».

Entre 2016 et aujourd'hui, AgroPithivers a constaté un écart de 10 % du potentiel de rendement. Pour s'adapter, la coopérative a élargi son éventail de cultures, passant de 8 à 17 espèces collectées au cours des huit dernières années. Malgré ces difficultés, la coopérative a réussi à maintenir une marge commerciale supérieure à la moyenne historique et un résultat d’exploitation en légère hausse. Le résultat d'exercice consolidé a atteint près de 500 000 euros.

Une récolte 2024 catastrophique à prévoir

Les prévisions pour la récolte 2024 sont particulièrement inquiétantes, avec une baisse d'activité de plus de 20 %. « Nous serons inférieurs à 2020 », a d'ores et déjà annoncé le directeur. La ­coopérative s’attend à un exercice très difficile et a élaboré un budget prévisionnel très négatif. « Notre objectif est de tendre vers un résultat nul pour l'exercice en cours », a-t-il précisé.

Fermeture de la ligne ferroviaire

La fermeture définitive de la ligne ferroviaire reliant Les Aubrais à Pithiviers a contraint la coopérative à passer à un transport 100 % camion. Ce changement structurel a des répercussions importantes sur les coûts et l’organisation à long terme. Il devient nécessaire, à terme, de repenser l'ensemble des outils de stockage et de la chaîne logistique pour s’adapter à cette nouvelle gestion entièrement basée sur le transport routier.

Une année politique mouvementée

Benoit Ferrière, président du conseil d'administration de la coopérative, a clôturé cette matinée en abordant les nombreux enjeux politiques qui ont marqué l’année 2024, notamment les manifestations des agriculteurs qui ont permis de sensibiliser l’opinion publique et les médias aux problématiques du secteur. Il a rappelé les difficultés liées à la guerre en Ukraine et l'impact potentiel de l’intégration de ce pays dans l’Union européenne sur les productions agricoles française, soulignant les distorsions de concurrence existant au sein de l’UE. Benoit Ferrière a également exprimé sa vigilance face aux nouvelles études HMUC (Hydrologie, milieux, usages et climat) et a insisté sur la nécessité de prévoir des réserves d’eau pour l’irrigation dans certaines régions.

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