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Élevage
Alexis et Thibault Dupont, jeunes éleveurs pointus et passionnés

À Couëtron-au-Perche, les frères Alexis et Thibault Dupont ont repris en avril 2019 une exploitation avec un atelier bovin lait et un atelier bovin allaitant. Fils d'agricultrice, ils se sont néanmoins installés hors cadre familial. Visite.

Alexis et Thibault Dupont sont deux frères, gérants de l'EARL des Proustières située à Couëtron-au-Perche. Formés tous les deux à la Maison familiale et rurale de Beaumont-les-Autels (Eure-et-Loir), ils sont éleveurs de vaches laitières et allaitantes. Installés depuis avril 2019, fils d'éleveuse, ils ont repris une exploitation hors cadre familial. « Nous ne pouvions pas nous installer sur l'exploitation de notre mère. Jean-Noël et Brigitte Boulay souhaitaient céder à des jeunes éleveurs. Nous les remercions pour leur démarche et nous avoir cédé un bon outil », souligne Alexis Dupont. En avril 2019, ils reprennent la ferme et y ajoutent les terres qu'exploitait leur mère à Chapelle-Royale (Eure-et-Loir). Ainsi, ils mettent en valeur une surface de 113 hectares au total avec des bovins laitiers (race prim'holstein) et allaitants (race blonde d'Aquitaine). « Nous avons repris les meilleures laitières ­holsteins du troupeau de notre mère, qui avait déjà fait un travail sur la génétique. Nous avons aussi repris les vingt-deux vaches laitières de l'exploitation à Couëtron et les quarante blondes d'Aquitaine » (tous animaux confondus).

Une lignée de laitières à concours

Aujourd'hui, ils disposent de 56 vaches laitières et travaillent avec assiduité la génétique de leur troupeau. À tel point qu'Okali, une de leurs vaches âgée de 3 ans, a été sélectionnée parmi les 115 élues pour le Concours général agricole au Salon de l'agriculture à Paris cette année. Concurrente sérieuse, à cause de dartres*, elle n'aura pas été de la fête. Habitués des comices, Ferme Expo Tours, Space et concours nationaux qu'ils faisaient avec leur mère, les deux frères disposent d'une lignée de vaches à concours. Ainsi, la fille d'Okali, Roxy (Genie Matt x Fitz Toc) a été désignée réserve championne des génisses à Ferme Expo Tours en 2021. « Nous choisissons les taureaux améliorateurs et nous vérifions le taux de consanguinité, qui doit être inférieur à 7 % », expliquent les éleveurs. Les vaches laitières à meilleure lignée sont inséminées pour garder les femelles. Les autres vaches sont croisées avec des taureaux blanc-bleu ou limousins. « Cela permet de vendre les veaux plus chers », pointent-ils.

Du côté des réformes, elles se font en fonction de la santé des vaches. Si leur santé est bonne, elles restent à l'élevage. C'est Alexis Dupont qui insémine lui-même.

Les deux frères vont garder leur cheptel de ce volume, en adéquation avec la capacité d'accueil de leurs bâtiments.

Des blondes d'Aquitaine en vente directe

Le cheptel de blondes ­d'Aquitaine dispose d'un bon niveau de génétique. Les frères vendent en direct la viande en caissettes de différents poids. « Nous faisons une vache et un veau sous la mère tous les deux-trois mois. Nous travaillons avec TVR, qui vient chercher la vache et ramène les colis sous vide. Nous avons une caisse frigo chez nous mais pas de laboratoire », poursuivent-ils. La vente directe n'est pas leur unique débouché, ils vendent une partie des vaches au Leclerc de Vendôme et les vieilles vaches partent pour le groupe Socopa. Les veaux mâles quant à eux sont vendus broutards à 7-8 mois.

Les éleveurs ont des vêlages toute l'année. Ils essaient de trouver le bon équilibre entre ration et production. Rigoureux et travailleurs, ils restent optimistes malgré une conjoncture difficile sur le prix de l'aliment qui augmente « et le prix du lait qui ne suffit pas à couvrir les hausses ».

Les projets ne manquent pas pour les jeunes éleveurs : « D'ici trois-quatre ans, nous avons l'idée de faire un grand bâtiment qui permettrait de loger tout le monde ». Et sans doute quelques comices et concours…


*Mycose cutanée due à un champignon.

L'exploitation en résumé

Les associés représentent 2 UTH, et un apprenti de Nermont vient leur prêter main-forte. Ils disposent de deux sites : un à Couëtron-au-Perche et un à Chapelle-Royale (Eure-et-Loir). Leur assolement est réparti sur 113 hectares de terres très hétérogènes : 46 hectares de prairies, 9 hectares d'orge, 7 hectares de luzerne, 30 hectares de maïs ensilage non irrigué, 21 hectares de blé. Le blé est vendu, le reste des cultures compose la ration des vaches. Ils sont propriétaires des bâtiments et louent les terres. Les bâtiments datent des années 1990 mais sont fonctionnels. La salle de traite, doublée lors de leur installation, fait 1x12. Les vaches sont nourries au distributeur automatique de concentrés quatre fois par jour. Elles produisent en moyenne 9 500 litres de lait chacune (TB 41, TP 32). Le lait est collecté par Lactalis.
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