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Technologie
Analyser les parcelles depuis les airs grâce au drone

Les drones peuvent être utilisés en viticulture afin de vérifier l'état sanitaire des ceps. Avec cet outil, le viticulteur gagne en efficacité et en rapidité. La chambre d'Agriculture s'est d'ailleurs dotée d'un tel engin.

François Vaullerin a lancé le programme de survol du drone. Il va prendre de nombreuses photos au fil des rangs de vigne.
François Vaullerin a lancé le programme de survol du drone. Il va prendre de nombreuses photos au fil des rangs de vigne.
© M.-H.D.

Il n'y a pas que les insectes qui volent au-dessus des rangs de vigne. Désormais, une drôle de bestiole à quatre pattes sillonne également les parcelles depuis les airs, en émettant un petit ronron métallique. Le drone est, en effet, de plus en plus utilisé pour surveiller la vigne ou estimer sa valeur financière. La chambre d'Agriculture a d'ailleurs sensibilisé les acteurs du monde viticole à ce nouvel outil, vendredi 23 juillet, lors du colloque régional Œnologie et viticulture, qui s'est déroulé à Oisly.

François Vaullerin, responsable commercial de l'entreprise Chouette sur le secteur Loire, a fourni de nombreuses explications au public de professionnels quant à l'intérêt d'une telle machine. « Nous avons mis au point une intelligence artificielle qui, associée à un drone, permet de détecter des maladies et des pieds improductifs grâce au traitement d'images. Dans certains territoires, comme le Loir-et-Cher, des zones délimitées ont été instaurées afin de lutter contre la flavescence dorée. La prospection est donc obligatoire. Le drone est un moyen plus systématique que l'œil humain, il se déplace et observe tous les rangs. À pied, c'est beaucoup plus long et, quand on a 40 hectares, on ne couvre pas toute la surface », assure l'expert.

Une base de 6 millions d'images

Il est vrai que la machine ne chôme pas. Tout au long de son parcours — dans le sens des rangs s'ils ne dépassent pas les 2 mètres, en perpendiculaire dans le cas contraire —, elle prend des photos haute définition et son système d'intelligence artificielle les compare avec sa base, composée de 6 millions d'images. « On appelle ça du phénotypage à haut débit. Tout a été classifié, le système peut indiquer qu'il y a tel symptômes du mildiou, d'esca ou d'autres maladie comme la flavescence dorée ». Il ne faut toutefois pas s'en tenir uniquement à l'analyse du drone, avertit François Vaullerin : « Il dégrossit et guide les gens, qui vérifieront ensuite à pied. C'est un gain de temps », notamment pour les fédérations qui n'ont pas de personnel suffisant.

Établir une cartographie

Cette analyse peut ensuite être corrélée à d'autres, comme l'étude du terrain, pour disposer d'un modèle agronomique. Dans ce cas par exemple, le comptage des grains sera associé à l'analyse du drone. De même, si le viticulteur souhaite limiter ses intrants phytosanitaires, il pourra mieux observer leurs effets sur la terre des parcelles, obtenir une information sur la densité de l'herbe ou les carences des vignes. Grâce à toutes ces données, il peut établir une cartographie et l'intégrer à son tracteur, notamment pour la pulvérisation des traitements.

Dans les parcelles d'Oisly, les vignerons présents lors de la démonstration ne semblaient pas être rebutés par cette nouvelle technologie. « Oui, pourquoi pas, pour l'appellation nous devons veiller à ne pas dépasser un certain nombre de pieds morts dans la vigne, cela peut nous servir », commente l'un d'entre eux. Quant à la bonne entente avec les voisins lors d'un survol : « C'est comme pendant les périodes de moisson, on passe un coup de fil pour prévenir, c'est une question de bon sens ».

Un certain coût

La société Chouette, basée à Paris, propose deux formules. Si le viticulteur veut acheter lui-même un drone, il devra dépenser de 1 500 à 2 000 euros. Il a le choix entre une prestation à un seul paramètre au prix de 25 euros l'hectare, ou comprenant tous les paramètres avec un tarif de 50 euros l'hectare. Des abonnements illimités existent également. La seconde formule s'avère plus confortable mais aussi plus onéreuse. Un télépilote se rend sur le site pour effectuer les vols du drone. La prestation coûte de 200 à 300 euros, à laquelle il faut ajouter le tarif des paramètres choisis calculé à l'hectare. Attention, le viticulteur qui souhaite télépiloter lui-même doit faire immatriculer son drone sur Internet et demander une autorisation de survol auprès de la préfecture pour les zones résidentielles.

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