Lait
Andros Foodservice invite la presse au Gaec du Bois Spert
Andros Foodservice a convié la presse vendredi 16 octobre au Gaec du Bois Spert, pour lui faire découvrir sa filière éthique d'approvisionnement en lait.
Andros Foodservice a convié la presse vendredi 16 octobre au Gaec du Bois Spert, pour lui faire découvrir sa filière éthique d'approvisionnement en lait.
Le Gaec du Bois Spert à Boissy-lès-Perche, dans lequel Anthony Chapon (lire encadré ci-dessous, NDLR) et son père Philippe sont associés, sert de cadre vendredi 16 octobre, à une visite organisée par Andros Foodservice afin de présenter à la presse sa filière d'approvisionnement en lait labellisé Agri-éthique.
220 millions de litres
Le responsable marketing d'Andros Foodservice, Marco Mandrillo, explique : « nous avons un partenariat avec 300 producteurs de lait, situés dans le nord et l'ouest de la France plus une vingtaine en Eure-et-Loir. Ce sont eux qui alimentent nos usines pour un total de 220 millions de litres. Nous signons avec eux un contrat de cinq ans renouvelable avec un volume assuré et un prix qui se situe dans le top cinq de ce qui est proposé dans l'Hexagone ».
Ces éleveurs sont réunis au sein de l'Association des producteurs de lait acteur d'avenir (APL2A). Son président, Jérôme Chapon, détaille : « Cette association a été créée en avril. Elle existait avant sous une autre forme, l'Association des producteurs de lait pour le bien collectif (APLBC) qui rassemblait aussi les producteurs livrant à la Laiterie de Saint-Denis-de-l'Hôtel (LSDH). La séparation permet de distinguer les producteurs des deux marques. La spécificité de l'APL2A c'est que les producteurs savent ce que leur lait va devenir. C'est quelque chose que l'on ne connaissait pas avant et ça change tout fondamentalement, apprécie-t-il. Nous nous sentons reconnus par l'industriel et par le client final qui sait que le producteur est bien rémunéré ».
Pour Marco Mandrillo : « Les producteurs ne subissent plus les soubresauts du marché international. Cette stabilité leur permet de sécuriser les investissements. Et avec cette crise des vocations que l'on vit, cela peut donner envie aux jeunes de s'engager et à ceux qui le sont déjà, de continuer. Nous sommes capables de projeter un prix à six mois et une fourchette sur un an. Ce rapport dans la durée permet de co-construire ce que l'on veut faire avec les produits laitiers. Nous nous donnons de la visibilité réciproque. C'est différent de ce qui se fait ailleurs ».
Ce qui est nouveau aussi, et ce sur quoi Andros Foodservice voulait mettre l'accent, c'est que cette filière est labellisée Agri-éthique. « Nous changeons le modèle. Nous cochons toutes les cases de l'agriculture équitable, relève le responsable d'Andros Foodservice. Agri-éthique vérifie que les pratiques sont cohérentes avec une agriculture durable chez l'exploitant et à l'usine. C'est ce qui nous permet d'apposer le logo sur nos produits. Ils entrent ainsi dans le cadre de la loi Égalim et répondent à la demande de 50 % de produits sous label pour la restauration collective. C'est gagnant-gagnant ».
Vers le futur
Cette nouvelle démarche engagée par Andros Foodservice se veut avant tout transparente : « Nous sommes fiers de travailler comme ça et de le montrer, conclut Marco Mandrillo. Cela nous permet de nous projeter dans le futur ».
« On aime ce que l'on fait »
La visite organisée par Andros Foodservices au Gaec du Bois Spert à Boissy-lès-Perche, permet à Anthony Chapon, installé en octobre 2023, de détailler les tenants et aboutissants de l'exploitation.
Andros : une opportunité
« Nous faisons le constat qu'il y a de moins en moins de fermes dans le secteur, la dynamique d'élevage n'est plus là… Livrer à Andros a été une opportunité car nous sommes loin des laiteries. J'ai écouté leurs arguments, nous avons été reçus à l'usine par Jérôme Chapon, le président de l'OP, et les équipes. Tout nous a été présenté en détail. Nous avons été surpris, on ne s'attendait pas à ça. De fait, nous avons une vraie reconnaissance, nous ne sommes plus un numéro dans une liste. Nous avons la sécurité, un prix et pas de contraintes supplémentaires. Du coup, j'ai rejoint l'APL2A en janvier. Nous sommes autour de la table et nous parlons d'autre chose que du prix, on parle de tout le reste ».
Une année compliquée
L'exploitation en polyculture élevage repose sur 240 hectares, dont 35 dans l'Orne qui assurent les stocks fourragers. Elle produit classiquement du blé, de l'orge et du colza, mais aussi du lin fibre, du ray-grass et du maïs. Toute la nourriture du troupeau est produite sur la ferme : « Mais cette année a été compliquée, relève Anthony Chapon. En maïs grain, je n'ai fait que 2,2 tonnes au lieu de 16… Nous avons été obligés d'aller nous fournir auprès d'autres producteurs, souvent des céréaliers qui livraient des méthaniseurs. Au total, nous évaluons le surcoût de l'année à 70 000 euros ».
1,5 million de litres
Le cheptel compte 330 têtes dont 125 mères prim'holstein. La production de référence est d'1,5 million de litres de lait. L'élevage est très robotisé avec deux robots pour la traite et un pour l'alimentation du troupeau. « Les animaux sont en bâtiment toute l'année ce qui nous permet d'assurer leur confort et l'alimentation. Les robots nous permettent de faire tout le travail à deux. Le temps d'astreinte à la traite a diminué, c'est environ 45 minutes par jour. En hiver, on commence à 8 h 30… Nous ne subissons plus les astreintes. Avant tout ça, je ne me voyais pas être agriculteur… mais là, avec ce confort, j'ai pu répondre à l'appel de la terre. On aime ce que l'on fait ».
Le Gaec embauche également deux apprentis : « ce sont eux qui nous ont sollicités, ce sont des jeunes motivés. J'ai un goût pour la pédagogie, l'objectif n'est pas de leur donner les bases du métier mais de parfaire leurs connaissances, les pousser. Les innovations de la ferme sont intéressantes pour eux. Et puis, j'ai l'assurance de leur rémunération vu que nous sommes payés tous les mois. Depuis que nous sommes chez Andros, nous investissons plus dans l'humain… »