Portrait
Anissa Boubegtiten, barista au top
Après avoir bourlingué aux quatre coins du monde, Anissa Boubegtiten a choisi de se poser à Chartres (Eure-et-Loir), pour ouvrir Stellata, un coffee shop où l'on peut déguster les meilleurs des cafés.
Après avoir bourlingué aux quatre coins du monde, Anissa Boubegtiten a choisi de se poser à Chartres (Eure-et-Loir), pour ouvrir Stellata, un coffee shop où l'on peut déguster les meilleurs des cafés.
C'est un petit espace aux murs mauves situé au coin de la rue du Soleil-d'Or et de la rue Saint-Martin à Chartres (Eure-et-Loir), qu'Anissa Boubegtiten a choisi d'investir pour y installer son coffee shop, Stellata. Il a ouvert au début de l'été.
Du HCR aux grands crus
Après une décade comme fonctionnaire au sein du Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), marquée notamment par des missions qui la mèneront de l'Algérie au Burundi en passant par la Syrie, le Maroc, la Tunisie, la Libye ou l'Ukraine, Anissa Boubegtiten décide de changer de vie en 2022 : « Le métier était passionnant, j'ai piloté des équipes internationales dans des contextes très différents et avec beaucoup de challenges. Mais je ne me voyais pas faire ça toute ma vie, j'ai eu envie de ralentir, de retrouver une vie plus normale ».
Au Danemark, à Copenhague plus précisément où elle a vécu un temps, elle découvre les coffee shops et apprécie le concept. L'idée du café est venue naturellement. Il évoque en elle l'odeur de celui que faisait sa mère chaque matin et les rituels familiaux autour. Alors elle se forme, apprend la caféologie, travaille dans des coffee shops parisiens ou pour un torréfacteur. « J'ai découvert un monde que je ne connaissais pas, ça m'a intéressée et j'ai eu envie de créer mon propre lieu ».
« Je voulais m'installer en région parisienne mais c'est saturé aujourd'hui. Alors, pourquoi pas dans une ville moyenne, avec un centre-ville, des touristes, et Chartres revenait souvent… Avec mon compagnon, nous trouvions les petites ruelles charmantes et nous nous sommes projetés sur ce local très petit. Je me voyais bien là-dedans ».
Et elle a une idée : « Démocratiser l'accès à un bon café. Je veux que les gens repartent après avoir découvert quelque chose qu'ils n'avaient jamais goûté ». La barista fait effectivement des cafés incroyables. D'abord elle utilise des grains dont elle connaît l'origine, le producteur, la date de torréfaction. Après, c'est tout un art qu'elle met en œuvre, des gestes et une précision d'horlogère.
Chaque jour, Stellata propose deux types de café : « Un qui peut plaire à tous et un plus original. Mais je propose aussi des cappuccinos, du thé, du chocolat, du matcha… Il y a aussi des croissants le matin ou de petites pâtisseries ». Les clients peuvent aussi lire des livres sur le café ou acheter les grains d'un excellent torréfacteur.
Inscrit dans le paysage
Après quelques semaines d'ouverture, Anissa Boubegtiten est contente : « Le lancement s'est bien passé. Stellata est vite entré dans le paysage de la rue, j'ai déjà des habitués, pas mal de touristes aussi, c'est très positif. C'est un projet à taille humaine » et qui lui ressemble.