Après un été sous haute tension, la FNSEA demande « l’impulsion » pour éviter le décrochage
La FNSEA a tenu sa traditionnelle conférence de rentrée mercredi 2 septembre, à Paris.
La FNSEA a tenu sa traditionnelle conférence de rentrée mercredi 2 septembre, à Paris.
Le plan d’aide aux agriculteurs devait être présenté ce jeudi 3 septembre. Il faudra finalement patienter encore quelques jours. Un délai que la FNSEA peut entendre, à condition qu’il ne s’installe pas dans la durée. Car, après un été marqué par les sécheresses et canicules, l’urgence est désormais dans les exploitations.
« Nous sommes dans l’urgence, le pas de temps est très court, a martelé Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, lors de la conférence de presse de rentrée du syndicat. Tous les territoires et toutes les productions ont été touchés. La sinistralité de l’été est estimée à plusieurs milliards d’euros ».
Pour la FNSEA, il faut désormais éviter le « sur-accident ». Avec des trésoreries insuffisantes, certains exploitants s’interrogent sur la prochaine campagne, voire sur la poursuite de leur activité. « Certains réfléchissent à ne pas emblaver cette année ou à réduire drastiquement leur cheptel », alerte Arnaud Rousseau. « On ne doit pas en arriver là. »
Le syndicat demande donc à l’État une réaction massive et immédiate. Parmi les mesures réclamées : la création d’un fonds d’allègement des charges à la main des préfets, la prolongation des mesures sur le GNR et les engrais jusqu’au 31 décembre, la suspension de la TFNB, la prise en charge des cotisations sociales, ainsi que le versement le plus rapide possible des aides PAC et des indemnités d’assurance.
La FNSEA appelle aussi les partenaires agricoles (banques, assurances…) ainsi que l’administration à être facilitants dans ce contexte inédit. Elle attend également un « sursaut » des consommateurs pour soutenir la production française et contribuer à maintenir les débouchés des agriculteurs. Elle réclame enfin la publication rapide des décrets de la loi d’urgence agricole, indispensables pour permettre aux agriculteurs de prendre leurs décisions.
« Quelle impulsion demain ? » interroge Arnaud Rousseau. Pour le président de la FNSEA, il ne s’agit plus seulement de compenser une mauvaise récolte, mais de permettre aux agriculteurs de continuer à produire. « Le diagnostic vital de l’agriculture est engagé. » Et le temps presse : « Il faut des décisions, maintenant ».