Irrigation/syndicalisme
Arrêtés sécheresse et retour de la pluie
Les premiers arrêtés sécheresse ont été pris fin avril pour le Cosson, le Ru du Pont, le Chevron, le Milleron et la Trézée. Si la pluie est enfin de retour, l’engagement de la FNSEA 45, lui, reste intact.
Les premiers arrêtés sécheresse ont été pris fin avril pour le Cosson, le Ru du Pont, le Chevron, le Milleron et la Trézée. Si la pluie est enfin de retour, l’engagement de la FNSEA 45, lui, reste intact.
Enfin, la pluie est de retour. Le dérèglement climatique est bien présent et le début de l’année 2026 en est un bon exemple : un mois de février très pluvieux, puis plus rien jusqu’au début du mois de mai. Tout le monde en est conscient, des responsables politiques aux citoyens. Pendant que de nombreux foyers s’équipent de réserves d’eau, parfois subventionnées par les communes, les agriculteurs peinent encore à construire leurs propres réserves. Ce n’est pas une question de volonté, mais bien le résultat d’une forte pression administrative. Les promesses de simplification sont régulièrement annoncées, mais elles peinent encore à se concrétiser sur le terrain. Pourtant, l’irrigation est indispensable à l’agriculture, même si elle représente également un coût important.
Les OAD, une solution pour mieux gérer l’irrigation
Depuis plusieurs années, les élus de la FNSEA 45 participent activement aux réunions concernant l’accès à l’eau. La dernière manifestation devant l’Agence de l’eau en est une illustration. L’eau est vitale pour les agriculteurs du Loiret et les efforts engagés commencent à porter leurs fruits. Ainsi, plusieurs dérogations sont désormais possibles afin d’alléger les restrictions d’arrosage. La première consiste à s’équiper d’Outils d’aide à la décision (OAD). Ces dispositifs permettent d’obtenir une dérogation individuelle sur les prélèvements en eau de surface ou souterraine. La demande peut être réalisée auprès de l’administration ou via une procédure simplifiée. Le dossier est rapide et facile à compléter. Cette dérogation s’applique à l’ensemble de l’exploitation, même si toutes les parcelles ne sont pas concernées par l’OAD. Elle est valable durant toute la période d’étiage, hors situation de crise. En contrepartie, un bilan doit être transmis à la chambre d’Agriculture. Cette avancée est le fruit des négociations menées par la FNSEA 45.
Une adaptation pour les cultures hors-sol et le maraîchage
Le Loiret compte de nombreuses entreprises spécialisées en pépinière, horticulture et maraîchage. Pour ces exploitations, une seule journée sans arrosage peut compromettre toute une production. En agriculture biologique comme en agriculture conventionnelle, le maraîchage dépend étroitement d’un accès continu à l’eau. Une deuxième dérogation a donc été mise en place pour les cultures maraîchères cultivées en godets ou repiquées, les productions horticoles, ainsi que les cultures hors-sol ou sous abri. Elle permet d’adapter les périodes d’interruption de l’irrigation en choisissant des plages horaires différentes de celles prévues par l’arrêté de base. Depuis l’été 2025, il n’est plus nécessaire d’effectuer une demande préalable. Un calendrier doit simplement être défini par l’exploitant agricole et tenu à la disposition de l’administration en cas de contrôle. Une simplification supplémentaire pour les agriculteurs loirétains.
Pas d’agriculture sans eau
L’eau est un enjeu majeur pour les territoires loirétains. Elle constitue un pilier essentiel de la souveraineté alimentaire. Depuis longtemps, la FNSEA appelle à la mise en place d’une véritable politique de l’eau à long terme, intégrant la création de réserves, la réutilisation des eaux usées traitées, la recharge des nappes phréatiques, ainsi qu’une répartition équitable des ressources. Actuellement, les députés débattent de la loi d’urgence, dont une partie concerne l’accès à l’eau. Il ne faut pas oublier que l’eau utilisée en agriculture permet avant tout de produire la nourriture des Français.
Après deux mois marqués par des conditions météorologiques sèches, la préfecture du Loiret a annoncé, dans un communiqué du 30 avril, la mise en place de mesures de restriction des usages de l’eau. Certaines ressources, notamment les plus réactives, accusent déjà une baisse de leurs niveaux. Plusieurs bassins du département sont concernés. Six zones sont placées en vigilance, appelant à une gestion plus économe de la ressource. D’autres secteurs présentent une situation plus dégradée, avec des zones en alerte renforcée et deux bassins déjà classés en situation de crise. Pour les agriculteurs, ces niveaux se traduisent par des restrictions sur l’irrigation. Selon les secteurs, il peut s’agir de limitations horaires, de réductions de volumes prélevables ou d’interdictions temporaires. Dans les zones les plus touchées, l’irrigation peut être suspendue plusieurs jours par semaine. La préfecture appelle dès à présent à une gestion « parcimonieuse » de la ressource. L’évolution de la situation dépendra des conditions météorologiques dans les prochaines semaines, avec un risque de durcissement des mesures en cas de poursuite du temps sec.