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Horticulture
À Auvers-sur-Oise, une page se tourne pour le couple Coudène

Installés à Auvers-sur-Oise (Val-d'Oise), Isabelle et Francis Coudène cessent leur activité d'horticulteurs. Les serres sont en cours de démontage.

La production a cessé en juin dernier, les dernières ventes ont eu lieu à l'automne et l'heure est désormais au démontage des serres. Quarante ans après leur installation, Isabelle et Francis Coudène cessent leur activité.

Le couple d'horticulteurs a choisi de prendre sa retraite. Une décision mûrement réfléchie depuis 2019, qu'ils mettent aujourd'hui à exécution.

« C'est la fin d'une exploitation transmise depuis trois générations, explique Francis Coudène. Mon grand-père avait acheté l'exploitation — qui était à l'époque une pépinière arboricole — pour y faire de la production horticole et fournir ma grand-mère qui était fleuriste. Mes parents leur ont succédé et au milieu des années 50, ils avaient pu acquérir les terres. Avec Isabelle, nous nous sommes installés en 1980 ».

L'exploitation du couple tourne bien et, rapidement, ils modernisent les serres existantes et en construisent de nouvelles sur les 10 000 m2 que compte le site d'Auvers-sur-Oise.

Dans la foulée, en 1987, Francis Coudène se lance également dans le marché de gros avec la création de Paris Nord plantes.

Coudène
Les serres sont en cours de démontage. L'exploitation n'est pas reprise.

Plus tard, le couple s'est engagé dans le club Dephy et comptait parmi les exploitations ayant introduit le plus d'auxiliaires de culture dans ses serres.

« Ce n'est pas un métier facile, reprend Francis Coudène et nous avons aussi connu des coups durs, des aléas climatiques, le changement de TVA en 1991 qui a complexifié la commercialisation… ou encore l'arrivée des 35 heures en 2000 qui a bouleversé les salariés. On a donné. Alors cette retraite, on en avait envie tous les deux pour pouvoir profiter un peu et voyager dès que ce sera possible ».

À l'annonce de leur retraite, les trois enfants du couple, déjà engagés dans leurs carrières professionnelles respectives, n'ont pas souhaité reprendre l'exploitation et « de toute façon, ce n'était pas reprenable », balaie Francis Coudène.

« On est en plein centre-ville d'Auvers-sur-Oise, entourés de maisons et d'une voie ferroviaire. Comment voulez-vous vous développer ? Pour pérenniser l'entreprise, il aurait fallu s'agrandir et ce n'était pas possible ».

Les serres sont donc en cours de démontage. Francis Coudène a offert la possibilité aux horticulteurs et maraîchers franciliens et des régions voisines de venir récupérer ce qui les intéresse.

Coudène
La production a cessé en juin et la commercialisation à l'automne.

« C'est gratuit mais ils viennent démonter eux-mêmes », sourit l'horticulteur. Un horticulteur francilien et un maraîcher de l'Oise se sont déjà manifestés.

Demain, à la place de cette exploitation horticole, sortiront de terre des logements. Francis Coudène est en discussion avec la mairie pour envisager une opération immobilière.

Si Francis Coudène a décidé de stopper son activité, il n'est pas prêt à délaisser le monde horticole. Le producteur compte donner de son temps pour les structures professionnelles.

Ainsi, l'horticulteur conserve la présidence de l'Union horticole francilienne, la vice-présidence du Cercle des horticulteurs d'Île-de-France et est devenu en mars 2020 le président de l'Unité territoriale Astredhor Seine-Manche.

« Je crois beaucoup à l'opportunité de créer une filière complète Végétal local, du ramasseur de graines jusqu'au consommateur final. Des réunions ont lieu depuis plusieurs mois sur le sujet et je vais m'y consacrer, assure Francis Coudène. J'espère que cela pourra aboutir à des installations. Il y a des terres impropres à la production qui pourraient accueillir de l'horticulture, comme la plaine de Pierrelaye par exemple ».

L'horticulteur désormais retraité compte également s'investir dans la réorganisation de l'institut Astredhor, qui doit passer de sept unités territoriales à un institut national.

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