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Aymeric de Rougé, comte et paysan

Avec la détermination qui l’anime, il aurait sans doute eu fière allure sur un destrier. Mais de nos jours, les jeunes châtelains ont d’autres préoccupations que les tournois...

« Un château, c’est comme un enfant qui serait toujours malade, parfois ce n’est rien, parfois plus grave, mais vous l’avez toujours en tête. »
« Un château, c’est comme un enfant qui serait toujours malade, parfois ce n’est rien, parfois plus grave, mais vous l’avez toujours en tête. »

Ainsi, en héritant il y a quelques années d’une partie quasiment en ruine du domaine de Baronville à Béville-le-Comte (Eure-et-Loir), le comte Aymeric de Rougé a décidé d’investir — beaucoup — et de faire revivre son carrousel édifié en 1882 par son trisaïeul le marquis du Pomereu d’Aligre pour en faire une ferme modèle. Une tradition dans laquelle il souhaite s’inscrire à son tour.

Après des études qui le mènent à devenir consultant à l’international pour des entreprises — « Je suis comme un accélérateur de projets, mon rôle est de trouver les bons interlocuteurs pour mes clients qui souhaitent se développer en Europe » —, le jeune homme entreprend de se former à l’agriculture et s’engage dans le cursus du BP REA au lycée chartrain de La Saussaye : « Je me suis éclaté », confesse-t-il : « C’est une super formation, les profs sont top, on voit les nouvelles techniques, j’ai appris la soudure... »

Aujourd’hui, Aymeric de Rougé considère le domaine de Baronville comme un tout, bien ancré dans le passé et résolument tourné vers l’avenir : « Mais un château, c’est comme un enfant qui serait toujours malade, parfois ce n’est rien, parfois plus grave, mais vous l’avez toujours en tête. Et aujourd’hui, quand on a un château, soit on développe, soit on meurt. » Alors il développe.

Pour lui, ce patrimoine historique, c’est notre pétrole : « C’est ce que l’on nous envie », pointe-t-il. Et pour la première fois, le carrousel de Baronville va accueillir dans ses murs, le 27 juin, un spectacle, en l’occurrence une pièce de théâtre jouée par le Café)s’théâtre d’Auneau, « À fond la caisse », au profit de l’Association des parents d’élèves de l’école Saint-Joseph de la ville.

« C’est une opération qui renforce le lien local et qui bénéficie à de bonnes œuvres. Cela fait partie de notre rôle, je pense. Nous avons la chance d’avoir un lieu, il faut l’ouvrir. Nous ne pourrions pas le faire toutes les semaines, mais de temps en temps et si c’est pour une noble cause... »

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