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Interview
Frédéric Cadoux : « Bien implanter ses semis de céréales d'automne  »

Les semis de céréales d'automne débutent dans le département. Frédéric Cadoux, conseiller grandes cultures à la chambre d'Agriculture de Loir-et-Cher, nous donne ses conseils pour bien implanter ses semis.

Frédéric Cadoux est conseiller grandes cultures à la chambre d'Agriculture de Loir-et-Cher.
Frédéric Cadoux est conseiller grandes cultures à la chambre d'Agriculture de Loir-et-Cher.
© L.G. - Horizons

Horizons : Quels éléments sont à prendre en compte pour choisir la date de ses semis de céréales d'automne ?

Frédéric Cadoux : Généralement, les semis d'automne, pour les céréales, se font d’octobre à mi-novembre. Selon les espèces, il y a des dates optimales. Par exemple l'orge doit être implantée avant le 20 octobre pour éviter des pertes importantes de rendements. Il faut aussi tenir compte de la précocité à montaison des variétés. Les variétés alternatives ne doivent pas, par exemple, être implantées trop tôt, sinon elles risquent de souffrir du gel. Nous préconisons aussi parfois de décaler les dates de semis. En effet, plus on sème de bonne heure plus on est dans une période où les insectes volent et s’installent. On a aussi plus de levées d’adventices. Parfois, décaler les semis de huit ou dix jours permet de réduire de presque deux tiers les infestations d’adventices.

Les agriculteurs doivent aussi s’organiser en fonction de leur surface, du matériel disponible et de leur type de sol. Dès que l’on a des parcelles très humides, semer plus tôt peut se justifier. À l’inverse avec des sols sains, on peut se permettre de décaler le semis.

Quelles sont les particularités à prendre en compte pour cette saison 2021 ?

Cette année, nous avons des sols assez tassés, ce qui peut nécessiter un travail du sol plus profond pour aérer les parcelles. En raison des conditions humides et tardives de la moisson, il y a pu avoir des problèmes de pré-germination sur pied notamment en orge et blé dur. Les dernières pluies ont également fait lever pas mal d'adventices et il va falloir être très vigilant à l'égard des limaces.

Quelles préconisations apporteriez-vous dans la gestion du désherbage et la lutte contre les insectes ?

Tout d'abord, des leviers existent pour limiter le développement des insectes et des adventices. Comme je le disais, le choix de la date des semis joue un rôle non négligeable. Il faut également veiller à la rotation de ses cultures et au travail de ses sols. Il est par exemple possible de faire de faux-semis pour limiter le développement des adventices. Néanmoins, en conventionnel, il faudra toujours avoir recours à du chimique.

Pour le désherbage, les premiers traitements sont à faire quasiment aussitôt après le semis, puis au moment de la pré-levée, et quand la plante atteint le stade une feuille. Pour les insectes, il faut agir à partir de la levée pour la cicadelle, car les dégâts se font dès que la céréale pointe. Concernant les pucerons, c’est leur durée de présence sur la plante qui fait les dégâts, donc il faut intervenir au stade deux ou trois feuilles.

Conseillez-vous aux agriculteurs de faire des mélanges variétaux ? Quels sont les intérêts ?

Oui tout à fait. Nous encourageons les agriculteurs à en faire, notamment en blé tendre, mais on peut aussi le faire en blé dur, en pois, en orge… L’intérêt n’est pas de faire plus, mais de lisser les risques climatiques et pédoclimatiques. Le fait de faire des mélanges variétaux permet d'avoir moins d’écarts de rendement. En jouant sur des associations de variétés complémentaires, on limite également les risques de maladies. Les variétés résistantes font écran et protègent les plus sensibles. Même chose sur la verse. On réduit ainsi un peu l’utilisation des produits phytosanitaires. D’un point de vue organisation et pénibilité du travail, les mélanges variétaux sont aussi intéressants, car les agriculteurs ne gèrent plus plusieurs lots de semences, mais un seul.

Comment faire un mélange variétal efficace ?

Idéalement, c’est bien d’avoir entre trois et cinq variétés différentes. Il faut adapter le mélange en fonction de ses objectifs. Le principal, c’est d’avoir des variétés complémentaires. On dit que pour faire un bon mélange, il faut que sur chaque critère que l’on se fixe (maladie, verse, qualité) il y ait entre deux tiers et trois quarts des variétés qui n’aient pas les défauts à éviter.

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